Centenaire de la naissance de Marilyn : un court-métrage de 17 minutes lui rendra hommage au festival de Venise 

Il y a des anniversaires qui ne se contentent pas de marquer le temps, mais qui réveillent les mythes, et c’est exactement ce que prépare la Mostra de Venise en septembre prochain : un court-métrage de 17 minutes, intense, sensuel et légèrement provocateur, intitulé Flesh Impact, réalisé par Maggie Gyllenhaal et dédié à Marilyn Monroe à l’occasion du centenaire de sa naissance. On savait déjà que Maggie Gyllenhaal, grande sœur de Jake et présidente du jury de cette édition 2026, serait la vedette de la Mostra ; on ignorait en revanche qu’elle y présenterait sa nouvelle réalisation, une lettre d’amour cinématographique à l’icône la plus fragmentée, la plus admirée, la plus mal comprise de l’histoire du cinéma, une femme qui a su transformer son corps en empire, son image en légende, sa vulnérabilité en puissance.

Flesh Impact : quand Maggie Gyllenhaal réinvente Marilyn Monroe

Le titre Flesh Impact s’inspire d’une expression autrefois utilisée pour décrire l’aura de Marilyn Monroe : « elle paraissait si réelle et si lumineuse que les spectateurs avaient l’impression de pouvoir la toucher à travers l’écran ». Maggie Gyllenhaal s’est emparée de cette idée pour écrire un film qui explore les différents chemins que la vie de Marilyn aurait pu emprunter si elle n’avait pas trouvé la mort si tôt, à 36 ans, laissant derrière elle un mythe en suspens, une étoile filante dont la trajectoire a été brisée net. Dakota Johnson incarne ici Marilyn au sommet de sa gloire, tandis qu’Ellen Burstyn, aujourd’hui âgée de 93 ans, interprète une Marilyn plus âgée, une facette de l’icône que le monde n’a jamais eu l’occasion de découvrir, comme si le cinéma s’offrait enfin le luxe de prolonger une existence que la réalité a trop tôt interrompue.

« Ce film parle de Marilyn, mais aussi des actrices en général et de ce que cela représente d’exercer ce métier étrange, à la fois très vulnérable et très puissant », confie Maggie Gyllenhaal à Vanity Fair, dont l’édition américaine vient de partager en exclusivité les premières images de Flesh Impact. Et c’est bien là toute la force de ce court-métrage : ne pas se contenter de célébrer une icône, mais interroger la condition des femmes dans le cinéma, ces corps exposés, ces regards pesés, ces carrières suspendues entre désir et pouvoir, entre fascination et exploitation. Maggie Gyllenhaal, qui a déjà fait ses preuves avec The Lost Daughter, adaptation du roman d’Elena Ferrante, et qui prépare une relecture du mythe de Frankenstein avec The Bride !, signe ici une œuvre qui ne se contente pas de rendre hommage, mais qui questionne, qui trouble, qui déplace les lignes.

Ellen Burstyn, Lion d’or et Marilyn éternelle

La projection de Flesh Impact sera également l’occasion de décerner un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à Ellen Burstyn, celle qui a marqué le cinéma de son talent pendant plus de cinquante ans, passant du mannequinat aux planches de Broadway, des séries télévisées des années 1960 et 1970 aux plus grands rôles d’Hollywood, Oscar en 1974 pour Alice n’est plus ici de Martin Scorsese, star mondiale du cultissime L’Exorciste de William Friedkin, collaboratrice de Paul Schrader, Darren Aronofsky, Christopher Nolan. En acceptant la distinction, Ellen Burstyn s’est exclamée : « Waouh ! Non seulement je vais pouvoir me rendre dans l’une de mes villes préférées au monde, mais en plus je vais rentrer chez moi avec un Lion d’or dans les bras ! […] Je me sens tellement honorée, tellement heureuse, tellement reconnaissante ! Waouh, vraiment ! »

Et c’est peut-être là tout le sel de cette édition 2026 de la Mostra : ce mélange de prestige et d’audace, cette capacité à célébrer les légendes tout en les réinventant, à rendre hommage aux icônes tout en les questionnant, à projeter des images qui ne se contentent pas de flatter la mémoire, mais qui la bousculent, la réveillent, la réinterrogent. Car Marilyn n’a jamais été une femme de compromis, mais une femme de contradictions, une femme qui a su être à la fois fragile et forte, naïve et rusée, victime et bourreau, ange et démon. Et si Flesh Impact ne prétend pas tout dire, tout montrer, tout expliquer, il se contente d’effleurer, de suggérer, de laisser des blancs, des silences, des espaces où chacun peut projeter ses propres fantasmes, ses propres souvenirs, ses propres rêves. Un hommage imparfait, incomplet, inabouti, mais c’est bien là toute sa beauté : ne pas figer Marilyn, mais la laisser vivante, mouvante, insaisissable, comme elle l’a toujours été, comme elle le sera toujours.

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