Art Basel Paris 2026, acte V : le Grand Palais change de patron

Cinquième acte, premier millésime sous la houlette de Karim Crippa, record de stands partagés entre galeries : Art Basel Paris investit le Grand Palais du 23 au 25 octobre 2026 avec deux cent onze exposants venus de quarante et un pays. Paris continue sa mue en capitale de l’art contemporain mondial, sans plus s’excuser de l’assumer.

L’essentiel

  • Art Basel Paris 2026 se tient au Grand Palais du 23 au 25 octobre 2026 avec 211 exposants venus de 41 pays.
  • Karim Crippa prend la direction de la foire pour sa cinquième édition, succédant à Clément Delépine parti fin 2025.
  • Douze stands partagés entre deux galeries, record absolu dans l’histoire d’Art Basel Paris.

Un Zurichois sous la verrière

Succéder à Clément Delépine demandait un certain aplomb. L’homme avait dirigé Art Basel Paris depuis sa création en 2022 (quand MCH Group avait ravi à la FIAC la concession du Grand Palais) et piloté les quatre premières éditions avec une énergie de bâtisseur. À l’automne 2025, Delépine quitte le navire pour prendre la tête de Lafayette Anticipations. Le groupe suisse n’est pas allé chercher loin.

Karim Crippa, trentenaire zurichois élevé à Lausanne, occupait depuis trois ans le poste de directeur de la communication de la foire parisienne. Son CV ressemble à un Grand Tour des institutions européennes : la Thyssen-Bornemisza Art Contemporary de Vienne, le Haus der Kunst de Munich, la galerie Duve à Berlin. Vincenzo de Bellis, directeur artistique du groupe Art Basel, le décrit comme un profil qui « combine l’œil d’un curateur, la précision d’un communicant et une compréhension profonde de ce qui fait de Paris une ville si vitale pour l’art contemporain ». Promotion interne plutôt que star importée : la foire joue la continuité à un moment où le marché mondial de l’art, après deux années de contraction, renoue timidement avec la croissance : 59,6 milliards de dollars en 2025, en hausse de 4 %, selon le rapport Art Basel & UBS publié en mars dernier.

Karim Crippa, directeur d'Art Basel Paris 2026, assis au bord d'une fontaine parisienne, portrait officiel pour Art Basel
Karim Crippa, directeur d’Art Basel Paris pour sa cinquième édition, septembre 2026. © Marion Berrin / Art Basel.

Deux cent onze galeries, douze alliances et quelques chaises vides

La liste des exposants, dévoilée en septembre, aligne 211 noms répartis en trois secteurs : Galeries (181, contre 177 l’an dernier), Émergence (16 présentations solo) et Premise (12 propositions curatoriales autour d’œuvres historiques). Mastodontes attendus : Gagosian, Hauser & Wirth, David Zwirner, White Cube, Pace, et tissu français dense : Mennour, Perrotin, Chantal Crousel, Galerie Lelong, Almine Rech, et la discrète Jousse Entreprise, qui présentera cette année Jennifer Caubet, Tim Eitel, Seulgi Lee et Jean-Luc Vilmouth. Près de trente galeries participent pour la première fois : Luxembourg + Co., Sikkema Malloy Jenkins, Pace Di Donna Schrader Galleries, entre autres.

Mais le chiffre le plus parlant n’est pas celui des entrants. C’est celui des duos. Douze stands partagés, record absolu dans l’histoire de la foire. Jeffrey Deitch s’associe à Michael Rosenfeld Gallery ; Tina Kim Gallery, promue cette année du secteur Premise vers Galeries, partage un booth avec Take Ninagawa de Tokyo ; Nicoletti fait tandem avec Seventeen. Ces alliances transatlantiques et transpacifiques permettent à des galeries de taille moyenne de tenir le Grand Palais sans en supporter seules le loyer, tout en offrant aux collectionneurs des dialogues entre programmes qu’une enseigne isolée n’aurait pas osé monter.

Quelques chaises restent vides. Andrew Edlin, dépendance, Lia Rumma, Jan Mot : absents du casting 2026. Air de Paris a été placée en liquidation judiciaire. La galerie Blum a cessé ses activités. Le marché français affiche pourtant une santé retrouvée : 4,5 milliards de dollars de ventes en 2025, quatrième rang mondial, en progression de 9 %, mais cette embellie ne vaccine pas les structures les plus fragiles contre la disparition.

Les seize paris d’Émergence et le miroir de Premise

Émergence aligne seize présentations solo portées par des galeries jeunes. Douze proviennent de primo-exposants. Drake Carr, Asma Belhamar, Anna Clegg, Thảo Nguyên Phan : des noms que l’on retrouvera peut-être dans dix ans aux cimaises du secteur Galeries, ou que l’on aura oubliés. Le pari est assumé. C’est ici que la foire remplit sa fonction la plus vive : non pas enregistrer des cotes établies, mais risquer un regard sur ce qui pourrait compter demain.

Visiteurs devant une installation textile colorée sur le balcon du Grand Palais lors d'Art Basel Paris 2025
Un stand sur le balcon du Grand Palais lors d’Art Basel Paris 2025. (Image de l’édition 2025 : Art Basel Paris 2026 n’a pas encore eu lieu.) © Art Basel GmbH.

À l’autre bout du spectre temporel, Premise invite à regarder en arrière. Douze propositions curatoriales mettent en lumière des œuvres de Vera Molnár (pionnière de l’art algorithmique, disparue en décembre 2023 à 99 ans), de Derek Jarman, de Tarsila do Amaral, de Farid Belkahia. La modernité, parfois, garde un demi-siècle d’avance sur l’avant-garde autoproclamée.

Quand la foire déborde du Grand Palais

Le programme public, soutenu par Miu Miu en tant que partenaire officiel, investira neuf lieux hors les murs, de la Cité de l’architecture et du patrimoine au Petit Palais. Le cycle « Conversations », dans l’auditorium du Grand Palais, réunira artistes et penseurs venus du monde entier. Et le dispositif « Oh La La! », ce rehang espiègle où des exposants réaccrochent leurs cimaises selon un thème imposé, sera orchestré les 23 et 24 octobre par Philippine Leroy-Beaulieu (oui, Sylvie Grateau d’Emily in Paris) autour du sujet « Myths and Legends ». Des galeristes chevronnés devront se plier au regard d’une actrice habituée aux plateaux de tournage plutôt qu’aux accrochages muséaux. On mesurera le choc des cultures.

Quatre ans après avoir succédé à la FIAC (un remplacement qui avait déclenché quelques crises de nerfs dans le milieu parisien), Art Basel Paris tient ses propres rituels : Avant-Première du 20 octobre, previews des 21 et 22, puis ouverture au public le 23. Plus de soixante galeries opérant dans l’Hexagone, une programmation qui irrigue la ville bien au-delà de la nef. Les billets, de 30 euros en tarif réduit à 130 euros pour le pass week-end, se vendent exclusivement en ligne. Sous la verrière, entre un Richter et un verre de champagne tiède, Paris fera ce qu’elle fait le mieux : regarder le monde la regarder.

FAQ

Quand a lieu Art Basel Paris 2026 ?

Art Basel Paris 2026 se tient au Grand Palais du 23 au 25 octobre 2026. Des previews professionnelles sont prévues les 21 et 22 octobre, avec une Avant-Première dès le 20 octobre. L’ouverture au grand public est fixée au 23 octobre.

Où se déroule Art Basel Paris 2026 ?

Art Basel Paris 2026 se tient au Grand Palais, à Paris. Le programme public s’étend également à neuf lieux hors les murs, dont la Cité de l’architecture et du patrimoine et le Petit Palais. La foire occupe le Grand Palais depuis sa première édition en 2022.

Combien coûtent les billets pour Art Basel Paris 2026 ?

Les billets vont de 30 euros en tarif réduit à 130 euros pour le pass week-end. Ils se vendent exclusivement en ligne. Aucune vente sur place n’est prévue.

Combien de galeries participent à Art Basel Paris 2026 ?

211 galeries de 41 pays sont présentes, réparties en trois secteurs : Galeries (181), Émergence (16 présentations solo) et Premise (12 propositions curatoriales). Douze stands sont partagés entre deux galeries, un record absolu dans l’histoire de la foire parisienne.

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