À neuf mois de la présidentielle de 2027, François Hollande ne joue plus vraiment la carte de l’ancien président discret qui se contente de commenter l’actualité depuis les coulisses. Ce mercredi 15 juillet, lors d’une réunion organisée au Sénat avec ses soutiens, l’ancien chef de l’État a multiplié les signaux en direction de l’Élysée, esquissant une stratégie patiente mais de plus en plus transparente, alors que les enquêtes d’opinion lui sont de nouveau favorables.
Une réunion au Sénat pour préparer un retour en 2027
Dans les jardins de la questure du Sénat, plus de 150 soutiens étaient conviés à un cocktail à la fois convivial et résolument politique. Anciens collaborateurs, élus socialistes, hauts fonctionnaires, mais aussi personnalités du monde de la culture et du sport : le casting de cette rencontre soigneusement préparée montre que François Hollande entend bien peser sur la prochaine élection, même s’il n’a pas encore officialisé sa candidature, contrairement à Édouard Philippe, Marine Tondelier, Gabriel Attal ou Marine Le Pen.
Face à ses fidèles, celui qui a quitté l’Élysée il y a neuf ans a insisté sur la nécessité de bâtir une “nouvelle gauche”, estimant que le contexte n’avait plus rien de commun avec celui de sa campagne victorieuse de 2012. Il a rappelé qu’il “connaissait la fonction” présidentielle pour l’avoir déjà exercée pendant cinq ans, et prévenu qu’il n’avait aucune intention de se lancer dans une candidature purement symbolique : “Je peux être utile mais je ne peux pas être un candidat de témoignage”, a-t-il déclaré, soulignant que les Français choisiront avant tout celui ou celle qui leur paraîtra capable de présider le pays, de défendre la souveraineté européenne et de répondre aux défis démocratiques actuels.
Sondages favorables, mais un chemin encore incertain
Cette prudence affichée s’appuie sur une dynamique encourageante dans les sondages. Selon le dernier baromètre Ifop-Fiducial réalisé pour Paris Match et Sud Radio, François Hollande est redevenu la personnalité politique préférée des Français, avec 49% d’opinions favorables, retrouvant ainsi une image plus positive après avoir quitté l’Élysée dans un contexte particulièrement difficile. Pour Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l’Ifop, cette stratégie, attendre pour se déclarer officiellement candidat, permet de laisser les autres prétendants s’exposer tout en préservant son capital de sympathie. Une approche également confortée par une récente enquête Elabe, qui le place parmi les figures les plus appréciées à gauche, devant plusieurs de ses concurrents, dont Raphaël Glucksmann.
Pourtant, son chemin vers une véritable candidature reste semé d’embûches. Si sa popularité progresse, François Hollande ne transforme pas encore cet engouement en intentions de vote suffisamment élevées : les dernières enquêtes le créditent d’environ 8 à 9% des suffrages, dans un paysage politique profondément remodelé où la gauche apparaît plus divisée que jamais, deux ans après la création du Nouveau Front Populaire. L’ancien président miserait d’ailleurs sur un enlisement des rapports de force au sein de son camp pour apparaître comme une solution de rassemblement.
Dès la rentrée, le politique de bientôt 72 ans compte reprendre la parole avec la publication d’un livre exposant sa vision pour la France, une manière de continuer à occuper le terrain des idées tout en laissant planer, encore quelques semaines, le suspense autour de sa décision finale.


