Camille Combal s’essaye à France Inter 

Camille Combal a pris ses quartiers d’été sur France Inter, où il anime chaque samedi midi Les affaires reprennent, une heure de jeu et de quiz qui tente de faire cohabiter l’esprit potache de TF1 avec le vernis plus sage de la radio publique. Le résultat n’est pas désagréable, mais il reste sage, presque trop : l’animateur apporte son énergie, ses tics de langage et son sens du tempo, sans parvenir à transformer l’essai en véritable secousse radiophonique.

Camille Combal sur France Inter : un jeu radio sans grande révolution

Le principe tient en une formule simple, presque rassurante : un conseil municipal fictif, quelques humoristes autour de la table, et des questions inspirées d’anecdotes insolites glanées dans l’actualité de l’année écoulée. On y parle, par exemple, de candidats ayant triché au championnat du monde de ricochet, ce qui dit assez bien le ton général : léger, absurde, un peu curieux, mais jamais assez fou pour casser la mécanique. Autour de Camille Combal, Rémy Guilloton assure l’animation complice, épaulé par deux invités qui viennent jouer les conseillers du jour. Le casting veut faire penser à une réunion publique où personne n’aurait vraiment lu le dossier, ce qui pourrait être délicieux ; mais à l’écran mental qu’on se fait de l’émission, cela reste surtout une bonne idée en blouse blanche, parfaitement rangée.

Le problème, ce n’est pas l’absence de bonne volonté, ni même celle du rythme. Camille Combal sait tenir un plateau, lancer une vanne, relancer un silence, et faire croire qu’une séquence respire alors qu’elle a été soigneusement repassée. Le souci, c’est que Les affaires reprennent ressemble parfois à une version polie de ce qu’on connaît déjà, une sorte de “grosses têtes citoyennes” qui ne décollent jamais vraiment de leur concept. Même quand l’énergie d’Adrien Ménielle ou de Rosa Bursztein tente de mettre un peu de nerf dans la machine, le dispositif garde quelque chose de décoratif, comme un buffet d’été où les mets sont jolis mais tièdes.

France Inter cherche le ton juste avec Camille Combal

France Inter semble tester ici une équation délicate : conserver son identité sonore tout en accueillant un animateur venu d’un univers plus frontal, plus populaire, plus télévisuel aussi. Camille Combal, transfuge de NRJ et visage familier de TF1 avec Mask Singer, apporte évidemment une autre couleur, mais pas encore le petit grain de folie qui ferait basculer l’émission du côté des rendez-vous qu’on attend vraiment. On sourit parfois, on suit sans effort, mais on ne se surprend pas à éteindre la lumière pour mieux écouter. La radio, après tout, adore les mirages ; encore faut-il qu’ils aient du relief.

Il y a bien quelques pointes qui réveillent l’ensemble, comme lorsque l’animateur glisse à l’adresse des équipes de France Inter que « Jean-Pascal de la Star Ac, c’est un peu le Ben Mazué de l’époque ». Le trait est assez malin pour faire sourire, assez absurde pour rappeler que Combal sait où il met les pieds, ou du moins feint de le savoir avec élégance. Mais cette saillie, aussi bienvenue soit-elle, ne suffit pas à donner une colonne vertébrale à un programme qui reste en apnée entre deux intentions : divertir sans froisser, dynamiter sans salir, faire rire sans déborder.

Au fond, Camille Combal s’essaye à France Inter comme on essaie un costume un peu trop bien coupé : ça tombe bien, ça se regarde avec sympathie, mais on sent que quelque chose manque encore pour que l’ensemble ait de la chair. L’émission n’est pas ratée ; elle est simplement plus sage qu’elle ne voudrait le laisser croire. Et c’est peut-être là son principal défaut, dans un été où l’on aurait volontiers accepté un peu plus de désordre, un peu plus de panache, un peu plus de vrai risque radiophonique.

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