L’or est-il encore une valeur refuge en 2026 ? Lingots, ETF, fiscalité et risques

3 min de lecture

Le cours de l’or a atteint 4 171 dollars l’once le 19 octobre 2026 selon Le Revenu, avant de reculer fin octobre. Valeur refuge éternelle ou actif nerveux qui chute avec les Bourses ? Voici comment on détient de l’or, ce que prévoit la fiscalité française de l’or physique, et ce que disent les haussiers comme les sceptiques. Information générale, sans conseil.

L’essentiel

  • Le 19 octobre 2026, Le Revenu relevait un cours de l’or de 4 171 dollars l’once, alors que la Fed était attendue.
  • Le 31 octobre 2026, CryptoTicker donnait le contrat à terme à 3 884,90 dollars, soit environ 27 % sous le record du 29 janvier 2026.
  • En France, la vente d’or physique supporte par défaut une taxe forfaitaire de 11 % du prix de cession, sauf option pour le régime des plus-values.

Une scène de krach, et un lingot sous le matelas

Dans les récits de crise, il y a toujours quelqu’un qui rêve d’un lingot sous le matelas. En mai 2026, au moment du blocus du détroit d’Ormuz, LUI rappelait déjà ce réflexe : quand les missiles volent, l’or redevient la monnaie qui ne dépend d’aucune signature d’État.

Quelques mois plus tard, la réalité se montre moins romanesque. Le 19 octobre 2026, Le Revenu titrait sur un cours de 4 171 dollars l’once, la Réserve fédérale américaine étant attendue au tournant. Douze jours plus tard, CryptoTicker annonçait un contrat à terme à 3 884,90 dollars, en repli de 3,6 % sur la séance et d’environ 27 % depuis le record du 29 janvier 2026.

Ces cours bougent chaque jour : lisez-les comme des photographies datées, pas comme une valeur actuelle.

Dix ans de hausse, puis un décrochage

Sur longue période, le métal jaune a changé d’échelle. Selon L’Essentiel de l’Éco, l’once valait environ 1 270 dollars en octobre 2016 et environ 4 165 dollars à la mi-octobre 2026, soit plus de trois fois plus. Le même article cite parmi les moteurs les achats massifs des banques centrales, les tensions géopolitiques et la baisse des taux.

La route n’a rien eu d’une ligne droite. Après le sommet de janvier, l’once est repassée brièvement sous les 4 000 dollars fin juin, d’après L’Essentiel de l’Éco. Un actif refuge qui perd un quart de sa valeur en cinq mois ne ressemble pas à un coffre-fort : il ressemble à un marché.

Gros plan sur un lingot d'or de 400 onces troy, soit 12,4 kg, posé sur un écrin de velours bleu
Un lingot d’or de 400 onces troy (12,441 kg), format réservé aux échanges entre banques, photographié en 2009 (photo d’illustration). © Szaaman, domaine public, Wikimedia Commons

Deux lectures de la valeur refuge : haussiers contre sceptiques

La thèse haussière a ses défenseurs. Le 16 octobre 2026, Les Échos titraient que l’or « pourrait battre de nouveaux records dans les prochains mois ». Ce titre exprime un scénario, pas une certitude : personne ne sait où sera le cours demain.

Les sceptiques répondent par l’historique. CryptoTicker a comparé six crises depuis 2007 et conclut que « l’or perd moins, mais il perd souvent » : durant la phase aiguë d’un krach, il baisse généralement avec les actions, et son rôle protecteur n’apparaît qu’ensuite, quand les taux baissent. Le média impute le recul de fin octobre à trois facteurs : des hausses de taux attendues de la Fed, nourries par le pétrole, les tensions autour d’Ormuz, et des ventes d’actifs pour réunir des liquidités pendant le krach boursier.

Autrement dit, l’or est un refuge dans la durée plus qu’un parachute à l’instant T. Et il ne verse ni intérêt ni dividende : son seul gain possible est la revente à un prix plus élevé que l’achat.

Lingots, pièces, ETF ou mines : quatre façons d’en détenir

Le lingot et la pièce constituent l’or physique : on le possède, on le stocke, on l’assure, et on paie un écart entre prix d’achat et prix de revente. Les pièces se prêtent aux petites sommes, les lingots aux montants plus élevés.

Un ETF (fonds indiciels coté) sur l’or permet de suivre le cours sans manipuler de métal, depuis un compte-titres. Les actions de sociétés minières offrent une exposition indirecte, mais ajoutent les risques propres à chaque entreprise : coûts d’extraction, gestion, pays d’exploitation. Une mine d’or n’est pas de l’or.

Chaque véhicule a ses frais, sa fiscalité et son niveau de risque : comparez-les avant tout achat, comme vous le feriez pour la pierre, autre refuge dont la réputation s’est écornée.

Fiscalité de l’or physique en France

Pour les lingots et les pièces, la cession est soumise de plein droit à la taxe forfaitaire sur les métaux précieux. D’après la documentation de l’administration fiscale (BOFiP), son taux est de 11 % depuis le 1er janvier 2018, auquel s’ajoute la CRDS de 0,5 % selon impots.gouv.fr. Elle se calcule sur le prix de vente, sans déduction, et le seuil de 5 000 euros ne s’applique pas aux métaux précieux (il vise les bijoux et objets d’art).

Une alternative existe pour les particuliers domiciliés en France : opter pour le régime des plus-values sur biens meubles. L’option exige de justifier la date et le prix d’acquisition, ou une détention de plus de 12 ans. Elle est irrévocable ; un abattement de 10 % par année au-delà de la deuxième conduit à l’exonération après 12 ans de détention, selon le BOFiP.

Ces règles sont susceptibles d’évoluer et dépendent de chaque situation : vérifiez-les sur impots.gouv.fr ou auprès d’un professionnel.

Grosse pépite d'or brut d'Australie aux reliefs irréguliers, d'environ 1,8 kg, présentée au Field Museum de Chicago
Une pépite d’or australienne de près de deux kilos, exposée au Field Museum de Chicago : l’or avant le lingot (photo d’illustration). © James St. John, CC BY 2.0, Wikimedia Commons

Ceci n’est pas un conseil en investissement. Les cours cités sont datés et fluctuent chaque jour ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

FAQ

L’or a-t-il atteint 4 171 dollars l’once en octobre 2026 ?

Le Revenu a titré le 19 octobre 2026 sur un cours de 4 171 dollars l’once. L’Essentiel de l’Éco évoquait, à la mi-octobre, environ 4 165 dollars. Ces niveaux sont datés : le 31 octobre 2026, CryptoTicker donnait le contrat à terme à 3 884,90 dollars.

L’or est-il une valeur refuge infaillible ?

Non. D’après CryptoTicker, qui a étudié six crises depuis 2007, l’or « perd moins, mais il perd souvent ». Il baisse généralement avec les actions pendant la phase aiguë d’un krach. Son rôle protecteur apparaît plutôt dans la durée, lorsque les taux baissent. Il ne rapporte par ailleurs ni intérêt ni dividende.

Quelle est la taxe sur la vente d’or physique en France ?

La taxe forfaitaire sur les métaux précieux est de 11 % du prix de cession depuis le 1er janvier 2018, plus 0,5 % de CRDS selon impots.gouv.fr. Les particuliers domiciliés en France qui justifient la date et le prix d’achat, ou une détention de plus de 12 ans, peuvent opter pour le régime des plus-values.

Comment investir dans l’or sans acheter de lingots ?

On peut utiliser un ETF sur l’or, qui suit le cours depuis un compte-titres, ou acheter des actions de sociétés minières. Ces dernières ajoutent les risques propres à chaque entreprise. Les frais, la fiscalité et le risque varient selon le véhicule : renseignez-vous avant toute décision.

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