Assurance-vie et fonds en euros en 2026 : pourquoi les rendements remontent et comment ils fonctionnent

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Fin octobre, votre conseiller bancaire vous glisse que « les taux remontent », avec le sourire d’un homme qui vend des parapluies sous une giboulée. L’assurance-vie et ses fonds en euros, longtemps jugés tièdes, retrouvent pourtant des couleurs en 2026. Voici pourquoi, comment ce support fonctionne et ce que dit l’administration de sa fiscalité.

L’essentiel

  • Selon France Assureurs, le rendement moyen des fonds en euros est resté à 2,6 % en 2025, pour la troisième année consécutive.
  • Le baromètre Good Value for Money, publié en septembre 2026, anticipe environ 2,90 % brut en moyenne pour 2026, soit une projection et non une promesse.
  • Après 8 ans, les gains d’un contrat bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple), selon service-public.gouv.fr.

Ceci n’est pas un conseil en investissement : cet article livre une information générale et ne tient compte d’aucune situation personnelle.

Un fonds en euros, concrètement : l’assureur garde la main sur le capital

Un fonds en euros est le compartiment « prudent » d’un contrat d’assurance-vie. L’assureur y place votre argent, pour l’essentiel en obligations, et s’engage sur le capital investi. Chaque année, il annonce un taux de revalorisation, qui s’ajoute définitivement aux sommes déjà acquises : c’est ce qu’on appelle l’effet cliquet.

Cette sécurité a une contrepartie : un rendement modeste, rarement spectaculaire. Sur treize ans, les fonds en euros ont rapporté en moyenne 2,1 % par an, contre 1,3 % pour le Livret A et le LDDS, d’après Meilleurtaux Placement, qui reprend le bilan de France Assureurs publié en mars 2026. LUI avait déjà moqué cette passion du tiède, et le reproche n’est pas tout à fait périmé.

Cartouche en bois doré sculpté figurant Neptune, globe et canon, détail de la Galerie Dorée de la Banque de France
Illustration : détail sculpté de la Galerie Dorée, Hôtel de Toulouse, à Paris, où siège la Banque de France, sans lien avec un contrat d’assurance-vie. © Guilhem Vellut, CC BY 2.0

Pourquoi les rendements remontent en 2026

La mécanique est comptable avant d’être poétique. Les assureurs détiennent de vieilles obligations achetées quand les taux étaient bas. À mesure qu’elles arrivent à échéance, elles sont remplacées par des titres qui rapportent davantage. Ce phénomène, appelé effet relutif, expliquerait environ 0,25 à 0,30 point de hausse, selon l’analyse relayée par BforBank.

La concurrence joue aussi. Meilleurtaux Placement rapporte que la collecte reste dynamique : 18,8 milliards d’euros de cotisations en juillet 2026, d’après France Assureurs. Quand l’argent afflue, les assureurs doivent rester compétitifs pour le retenir.

Reste à rappeler une évidence que les titres de presse oublient : 2,90 % est une estimation du baromètre Good Value for Money (17e édition), soit environ 2,40 % après prélèvements sociaux. Les taux réellement servis seront annoncés par chaque assureur début 2027, contrat par contrat.

Le rendement 2025 publié par France Assureurs

Pour 2025, le rendement moyen des fonds en euros s’établit à 2,6 % selon France Assureurs, un chiffre identique à 2023 et 2024. MoneyVox précise que l’ACPR, le superviseur, chiffre de son côté ce taux à 2,63 %, moyenne qui inclut les bonus : un contrat sans bonification rapporte donc moins.

Pour tenir ce cap, les assureurs ont puisé dans leurs réserves. La provision pour participation aux bénéfices représentait 3,7 % des encours fin 2025, contre 4 % en 2024, selon Meilleurtaux Placement. La collecte nette a atteint 50,6 milliards d’euros, dont 8,1 milliards sur les fonds en euros, redevenus positifs après cinq ans.

Unités de compte : le revers du décor

À côté du fonds en euros, un contrat propose des unités de compte, adossées à des actions, des obligations ou de l’immobilier. Leur performance moyenne a été de 4,7 % en 2025 selon les mêmes sources, avec une collecte record de 42,5 milliards d’euros. Mais ces supports ne bénéficient d’aucune garantie du capital : leur valeur fluctue et vous pouvez perdre une partie de la somme investie. Un bon millésime n’annonce pas le suivant.

L’immobilier a connu son lot de désillusions, comme le rappelle notre papier sur la pierre, pire des placements ?. Aucun support n’est une machine à certitudes.

Gros plan sur des pièces de monnaie euro de différentes valeurs, empilées sur un fond bleu étoilé
Illustration : pièces d’euro en gros plan, sans lien avec un produit ou un contrat d’épargne. © Lukasz Kobus / Commission européenne, CC BY 4.0

Fiscalité : ce que précisent les sites officiels

Tant que vous ne retirez rien, les gains ne sont pas imposés à l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux sont, eux, déduits chaque année sur les fonds en euros, mais dus seulement au rachat pour les unités de compte, indique service-public.gouv.fr.

Lors d’un rachat, la fiscalité dépend de l’âge du contrat. Pour un contrat de plus de 8 ans, la page d’information du même site mentionne un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple, sur la part de gains concernée. Les gains au-delà sont taxés à 7,5 % ou 12,8 % selon le montant total des primes versées (seuil de 150 000 €), et soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux. La hausse de CSG sur certains revenus du capital en 2026 (de 9,2 à 10,6 %) n’a pas touché l’assurance-vie, précise Selectra. Les règles évoluent : vérifiez les montants en vigueur sur service-public.gouv.fr ou impots.gouv.fr avant toute décision.

FAQ

Quel est le rendement des fonds en euros en 2025 ?

Selon France Assureurs, le rendement moyen des fonds en euros a été de 2,6 % en 2025, comme en 2023 et 2024. L’ACPR avance 2,63 %, bonus inclus. Ces moyennes masquent de fortes différences entre contrats et ne présagent pas des résultats futurs.

Le capital est-il garanti sur une assurance-vie ?

Sur un fonds en euros, l’assureur s’engage sur le capital investi. Sur les unités de compte, il n’y a aucune garantie : la valeur peut baisser et vous pouvez perdre une partie de la somme versée. Les conditions précises figurent dans les documents de chaque contrat.

Quel abattement fiscal après 8 ans d’assurance-vie ?

Pour un contrat de plus de 8 ans, service-public.gouv.fr mentionne un abattement annuel de 4 600 € sur les gains pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple. Au-delà, les gains sont taxés à 7,5 % ou 12,8 % selon le montant des primes, hors prélèvements sociaux.

Les fonds en euros vont-ils rapporter 2,9 % en 2026 ?

Ce n’est pas acquis. Le baromètre Good Value for Money anticipe environ 2,90 % brut en moyenne pour 2026, soit une estimation. Chaque assureur annoncera son taux réel début 2027, et rien ne garantit qu’un contrat donné atteindra ce niveau.

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