C’était écrit dans les étoiles, murmuré dans les couloirs du 87, boulevard de Grenelle, et désormais gravé dans le marbre de l’histoire : Zinedine Zidane est le nouveau sélectionneur de l’équipe de France. À 11 heures précises, ce mardi, sous les flashs d’une conférence de presse aussi exceptionnelle qu’attendue, Philippe Diallo, patron de la Fédération française de football, a officiellement investi « Zizou » d’une mission que l’ancien numéro 10 caressait depuis des années : conduire les Bleus vers de nouveaux sommets, en succédant à Didier Deschamps, dont le mandat s’est achevé au terme de la Coupe du monde. Un passage de témoin qui ne ressemble pas à une rupture, mais plutôt à une continuité assumée, presque dynastique, où le fantôme de 1998 flotte encore dans l’air climatisé de la FFF.
Du numéro 10 au sélectionneur : la légitimité d’un mythe vivant
Zinedine Zidane n’a pas besoin de faire ses preuves. Il les a déjà toutes données, avec une élégance qui frise l’indécence : champion du monde en 1998, champion d’Europe en 2000, triple vainqueur de la Ligue des champions en tant qu’entraîneur du Real Madrid (2016, 2017, 2018). Il est de ces hommes qui ont traversé le football comme des comètes, laissant derrière eux une traînée de paillettes et de trophées. « Je me sens légitime en équipe de France, où j’ai joué et passé pratiquement douze, treize ou quatorze ans comme joueur. Bien sûr, c’est un rêve, j’ai hâte », avait-il confié dès mai 2025, avec cette pudeur qui le caractérise, comme s’il s’excusait presque de réaliser ce que tant d’autres n’ont même pas osé imaginer.
Philippe Diallo, lui, n’a pas mâché ses mots : « Zinédine Zidane est une légende du football français. Il a l’aura, la compétence, le cœur des fans et des Français. » Un mandat de quatre ans débutera le 1er août, avec un staff technique qui sera dévoilé début septembre, en vue du premier rassemblement des Bleus le 20 septembre, pour la Ligue des nations. Zidane, qui a refusé toutes les propositions de clubs pour ne se consacrer qu’à cette mission, l’a dit avec une émotion palpable : « C’est une continuité, quelque part un rêve. L’équipe de France, c’est la seule chose que je voulais faire. Je l’ai connue gamin, j’ai commencé minimes, jusqu’aux A, qui est le summum. » Et quand il évoque ses « copains » de 1998 et Aimé Jacquet, sa voix tremble, comme si le poids de l’histoire venait soudain se poser sur ses épaules, non pas pour l’écraser, mais pour le porter.
Costumes Nike, chaussures libres et premiers défis : la méthode Zidane
Dans cette passation de pouvoir, il y a aussi ce détail qui en dit long sur l’homme et sur l’époque : « Le costume ce sera Nike », a précisé Philippe Diallo, rappelant que l’équipementier des Bleus habillera le sélectionneur, tout en laissant à Zidane la liberté de choisir ses chaussures. Une métaphore presque trop parfaite pour être anodine : le cadre est imposé, mais la liberté de mouvement reste entière. Et c’est bien là tout l’enjeu pour Zidane : naviguer entre les exigences d’une institution et sa propre vision du jeu, celle qui l’a toujours animé, celle qui fait qu’il se décrit comme « animé par le jeu, par marquer des buts ».
Car si l’homme a les larmes aux yeux en rendant hommage à Didier Deschamps, « DD, bravo pour tout ce que tu as fait », il n’en a pas moins déjà coché les quatre premières dates de son calendrier : la Turquie en Turquie, la Belgique à deux reprises, et l’Italie au Stade de France. « L’Italie, c’est particulier pour moi », confie-t-il, avant d’ajouter, avec un réalisme qui sent bon la compétition : « L’Espagne est une équipe coriace, mais ma priorité c’est la Turquie, mon premier match et mon premier objectif. » Et si Kylian Mbappé, capitaine et buteur des Bleus, n’a pas encore échangé avec son nouveau sélectionneur, Zidane assure : « Je vais essayer de continuer à faire gagner cette équipe. » Une promesse, un programme, et peut-être déjà une feuille de route pour les quatre ans qui viennent.


