Les Chalets du Mont d’Arblois – Un été savoyard et indien à Megève

À Megève, les derniers jours d’été et l’automne ont le bon goût de ralentir le temps. Quand la station se déleste de l’agitation du coeur du village et que les journées conservent encore un peu de lumière, Les Chalets du Mont d’Arbois offrent un refuge tout trouvé pour prolonger l’été indien dans une version plus feutrée, entre grand air, feu de cheminée et parenthèse de bien-être.

Par Jean-Christophe FLORENTIN

L’adresse, perchée à dix minutes du cœur du village, domine les alpages dans une tranquillité presque domestique. Plus qu’un hôtel cinq étoiles, elle cultive l’esprit d’une demeure de famille, avec ce luxe discret fait de bois anciens, de tissus épais, d’objets chinés et d’œuvres accumulées au fil des générations. On vient ici autant pour dormir que pour habiter les lieux, s’y attarder et laisser le rythme redescendre.

Cette sensation tient aussi à l’histoire. C’est sur le plateau du Mont d’Arbois que Noémie de Rothschild imagine, dès les années 1920, un « Saint-Moritz à la française ». Avec l’architecte Henri-Jacques Le Même, elle invente une nouvelle manière de vivre la montagne : plus lumineuse, plus confortable, plus ouverte sur le paysage. Le chalet Noémie, édifié en 1926, reste l’un des témoins les plus précieux de cette vision, avec ses vieux bois, sa pierre brute, ses textiles de laine et ses pièces enveloppantes. Alice joue une partition plus bohème et contemporaine, tandis qu’Eve, devenu le cœur de la maison, conserve l’élégance classique d’un chalet chargé de souvenirs. Dans les années 1960, il héberge notamment une partie des invités de la fameuse « Fête des 100 heures » donnée par Edmond de Rothschild, où se croisent Gunther Sachs, Romy Schneider ou encore le couple Jean d’Ormesson.

Le cocooning prend ici une dimension très concrète. Au bar, pensé comme un salon privé, tapis, canapés moelleux, tables basses et feu qui crépite composent un décor où l’on pourrait volontiers oublier l’heure. Le spa de 1 000 m² prolonge cette impression de retrait du monde : lumière naturelle, piscine intérieure ouverte sur les montagnes, sauna et soins inspirés par les plantes alpines de Susanne Kaufmann. L’approche se veut holistique et sans démonstration technologique excessive, privilégiant le geste, la botanique, la récupération musculaire, l’hydratation et la remise à zéro du corps.

À table, le même fil conducteur se poursuit. Le chef Marc-Henri Mazure signe au restaurant Héritage une cuisine de montagne lisible et réconfortante, nourrie de produits locaux et de clins d’œil à la maison Rothschild. Le bar, plus informel, invite à prolonger l’après-midi autour d’une soupe à l’oignon au beaufort, d’une pâtisserie ou d’un verre de vin alpin.

Entre une balade dans Megève sur les traces d’Henri-Jacques Le Même, quelques heures au spa et un long dîner sans programme pour le lendemain, Les Chalets du Mont d’Arbois offrent finalement ce que l’automne promet de mieux : le plaisir de ralentir dans un lieu où l’histoire n’est pas figée au mur, mais se vit encore, au chaud, face aux sommets.

Chalets du Mont d’Arbois À partir de 528€ la nuit en chambre double en demi-pension pour 2 personnes.
447 Chemin de la Rocaille – 74 120 Megève – Tél : 04 50 21 25 03

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