Rabat – La capitale où le luxe prend de la hauteur

Ce vendredi 9 octobre, M6 consacre un documentaire inédit à la capitale marocaine, sacrée destination de l’année. Pour la première fois, le Waldorf Astoria, installé dans les hauteurs de la tour Mohammed VI, y ouvre ses coulisses, avant une soirée au Théâtre royal de Zaha Hadid et la rencontre de celles qui font vivre le nouveau Rabat.

Par Ulysse Flowen

Il y a longtemps eu, dans la hiérarchie des villes marocaines, une place à part pour Rabat. Capitale du royaume depuis 1912, siège du palais, des ministères et des ambassades, elle était la ville où l’on travaillait, quand Marrakech était celle où l’on rêvait et Casablanca celle où l’on faisait des affaires. On y passait une journée, rarement davantage, le temps d’une promenade dans la kasbah des Oudayas et d’une halte au pied de la tour Hassan.

Cette discrétion a vécu. En janvier, Time Out plaçait Rabat au deuxième rang mondial de ses destinations pour 2026, l’UNESCO l’a désignée Capitale mondiale du livre pour l’année, et sa ligne d’horizon s’est redessinée en quelques mois. C’est cette métamorphose que filme Rabah Aït-Hamadouche, ancien grand reporter des journaux télévisés de TF1, dans Rabat, le nouveau visage de la capitale marocaine, diffusé dans Un jour, un doc sur M6 ce vendredi 9 octobre à 13h40.

Tour Mohammed VI, un palace entre ciel et Bouregreg

On la voit de partout, et jusque dans son portefeuille : la tour Mohammed VI figure sur le billet de 200 dirhams. Haute de 250 mètres, dessinée par Rafael de La-Hoz et Hakim Benjelloun, elle domine la vallée du Bouregreg du haut de ses 55 étages, et c’est le plus haut gratte-ciel du pays. Le Waldorf Astoria y a ouvert le 22 janvier 2026 et en occupe dix-huit niveaux, du 29e au 46e étage, pour 55 clés seulement, dont 44 suites, chacune avec son concierge attitré.

Le documentaire en franchit pour la première fois les portes de service. On y suit Guy Bertaud, directeur passé par les plus grands palaces parisiens et tombé amoureux de Rabat, dans l’inspection des suites, la préparation d’une réception internationale et l’effervescence des cuisines. Pour Mehdi, jeune pâtissier, l’événement tient du baptême du feu : ici, tout se joue dans le détail.

La maison a apporté avec elle un peu de sa légende new-yorkaise. Au 30e étage, Peacock Alley reprend le nom de la galerie où, à la fin du XIXe siècle, la bonne société venait parader entre les deux hôtels qui allaient former le Waldorf-Astoria. On y prend le thé de l’après-midi sous une horloge inspirée des planétariums, qui suit la course du système solaire en même temps que l’heure de Rabat. Plus de 7 000 œuvres d’art habillent chambres et salons, l’une des plus vastes collections privées d’Afrique du Nord, et aux 31e et 32e étages le spa aligne hammam, sauna et salle de glace face à l’océan.

Trois étages plus haut que le thé, Alain Ducasse signe sa première table au Maroc. Aldabaran porte le nom d’une des étoiles les plus brillantes du ciel, que les astronomes arabes appelaient al-dabarān, « le suiveur », parce qu’elle semble suivre les Pléiades dans leur course. Cuisine de la Riviera, produits marocains, et derrière les baies vitrées, Rabat, Salé et l’Atlantique.

Le Théâtre royal, les courbes du fleuve

Il faut redescendre sur les rives du Bouregreg pour mesurer l’autre ambition de la capitale. Le Théâtre royal y déroule ses volumes blancs, inspirés des méandres du fleuve, sur quelque 27 000 mètres carrés. Zaha Hadid en avait dessiné les lignes ; disparue en 2016, l’architecte ne l’aura pas vu achevé. Lancé par le roi en octobre 2014, le chantier s’est conclu le 22 avril 2026 par une inauguration en présence des princesses et de Brigitte Macron.

Une grande salle de 1 800 places, un amphithéâtre à ciel ouvert pour 7 000 spectateurs, un espace dédié à la création expérimentale : la capitale s’est offert une scène à la mesure de ses rêves. La caméra y entre aux côtés de Nathalie Marmey, un soir où la chanteuse de jazz Dee Dee Bridgewater tient l’affiche. Pour cette Rbatie qui a vu sa ville changer, la découverte de la salle a valeur de révélation, et l’émotion dit mieux qu’un discours le chemin parcouru.

Le Rabat de celles qui le font vivre

Nathalie Marmey est de ces personnages qui suffisent à justifier un voyage. Française née à Rabat, où sa famille vit depuis cinq générations, elle parle arabe et reçoit les voyageurs à Dar Shâan, sa maison d’hôtes de onze chambres, avec piscine sur le toit et hammam, à deux pas de la médina. Entre les ruelles, les artisans et les antiquaires, elle partage sa ville avec une gouaille et une énergie communicatives, et caresse un nouveau projet : transformer une bâtisse abandonnée du quartier de l’Océan pour agrandir son concept store.

Zineb Ghazali, elle, a choisi le retour. Après dix ans en France et une carrière d’auditrice financière, elle crée aujourd’hui des caftans de luxe avec les artisans de Témara, au sud de la capitale. Le film la suit entre une commande urgente qui met l’atelier sous tension et une séance de surf avec une amie dans les vagues de l’Atlantique. Des broderies à la planche, son parcours donne un visage à toute une génération revenue entreprendre au Maroc.

Une capitale qui a pris la lumière

L’hôtellerie de prestige n’a pas attendu le Waldorf pour parier sur Rabat. Le 1er octobre 2024, Four Seasons ouvrait sa troisième adresse marocaine dans le Kasr Al Bahr, palais d’été du sultan Moulay Slimane au XVIIIe siècle, longtemps reconverti en hôpital militaire : deux cents chambres tournées vers l’océan, et une suite, le Riad du Sultan, aménagée dans la résidence historique de 1792. Quelques mois plus tôt, le Ritz-Carlton faisait ses débuts au Maroc à Dar Es Salam, au milieu de 440 hectares de forêt et de jardins voisins du Royal Golf.

À ces adresses s’ajoutent les atouts de toujours : une ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, de la kasbah des Oudayas à la médina, l’Atlantique pour horizon, et des distances qui se parcourent encore à pied.

Du luxe des étages à l’intimité des ateliers, le film saisit une capitale au moment précis où elle découvre son propre pouvoir d’attraction. Rabat n’est plus une ville où l’on passe : c’est désormais une ville où l’on reste.

Carnet pratique

À regarder. Rabat, le nouveau visage de la capitale marocaine, documentaire inédit de Rabah Aït-Hamadouche (47 min), produit par Yannis Chebbi et Michael Kazan, Electron Libre Productions / Mediawan. Vendredi 9 octobre 2026 à 13 h 40 sur M6, dans Un jour, un doc. Rediffusions à venir.

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