Il faut croire que le public français ne se lasse pas des apocalypses sonores, des guitares en surrégime et des envolées de fausset cosmique : les trois concerts annoncés, Paris le 27 novembre 2026 à la Plénitude Arena, puis Montpellier les 3 et 4 décembre, affichent complet, et voilà que Muse remet une couche en annonçant quatre dates supplémentaires dans l’Hexagone, dans le cadre de son The Wow! Signal Europa Tour. Le trio britannique, qui n’a décidément pas l’intention de laisser le pays se reposer, passera par l’Arkéa Arena de Bordeaux les 12 et 13 janvier 2027, puis par la LDLC Arena de Lyon-Décines les 16 et 17 janvier, soit sept concerts français au total sur cette tournée, ce qui commence à ressembler à une petite résidence déguisée. La mise en vente générale est fixée au jeudi 8 octobre 2026 à 9 heures, précédée d’une prévente Mastercard le mardi 6 et d’une prévente Live Nation le mercredi 7 ; autrement dit, il faudra être rapide, ou riche, ou les deux.
Muse en concert à Bordeaux et Lyon en janvier 2027
L’album qui justifie tout ce remue-ménage s’appelle The Wow! Signal, dixième opus studio du groupe, dont cinq extraits circulent déjà, Unravelling dès juin 2025, puis Be With You, Cryogen, Hexagons et Nightshift Superstar. Le titre du disque, en soi, vaut son pesant de fascination : le « signal Wow! » est le nom donné à cette émission radio détectée en 1977 par un radiotélescope américain, jamais expliquée, jamais reproduite, et volontiers associée par les imaginaires les plus débridés à une possible origine extraterrestre. L’occasion était trop belle pour un groupe dont la discographie n’a jamais caché son goût pour les dystopies, les conspirations et les fins du monde annoncées à coups de synthétiseurs. On appréciera la cohérence : Muse, trente ans de carrière et toujours à cheval sur la prophétie cosmique et le refrain fédérateur, poursuit son exploration du vertige avec une constance qui force le respect.
The Wow! Signal Europa Tour : sept dates françaises au total
Le volet européen débutera le 12 novembre 2026 à Manchester, puis traversera Londres, Berlin, Milan, Düsseldorf, Amsterdam et Zurich, avant de rejoindre la France pour sa longue séquence parisienne, montpelliéraine, bordelaise et lyonnaise. En première partie de toutes ces dates : Dead Poet Society, un groupe à la réputation scénique solide, dont l’énergie abrasive s’accorde assez bien avec l’intensité du trio. RTL2 accompagne l’événement, et le fan-club officiel français, lui, n’a pas caché son enthousiasme, ce qui est la moindre des choses pour un public qui se voit gratifié de trois soirées supplémentaires en janvier. On notera l’ironie du calendrier : le groupe ajoute des concerts en France avant même d’y avoir joué les premiers, comme si la demande avait devancé l’offre à un point qu’aucun pronostic n’aurait osé prévoir. C’est le propre des groupes qui durent — ils vendent non pas une nouveauté, mais une fidélité, et le public achète d’abord une garantie : celle de passer deux heures à hurler debout avec des inconnus, ce qui, dans une époque de divertissements domestiques et de contacts désincarnés, constitue un grand luxe.
Il faudrait être un peu aigri pour bouder son plaisir devant une nouvelle de ce genre. Muse n’est pas le groupe qui prend le plus de risques artistiques de sa génération, et il y a longtemps que ses albums ont cessé d’être des événements conceptuels pour devenir des machines à remplir les stades ; mais sa scène, elle, reste une expérience qui ne se remplace pas, avec ses murs de son, ses lasers, ses morceaux qui finissent en chorale collective, et cette capacité intacte à transformer une salle de vingt mille places en camp de vacances pour quadragénaires nostalgiques et étudiants en quête de catharsis. Que les billets partent en quelques heures, que le groupe doive ajouter des dates dans des villes de province où l’on n’attend plus forcément grand monde, c’est un signal, au sens propre, qui mérite d’être relevé : la musique live en France dispose encore d’un appétit considérable, pourvu qu’on lui serve des têtes d’affiche qui ont l’habitude de tenir leurs promesses, contrairement à tant d’artistes dont le concert se réduit à une playlist et un playback. Muse en trois nationales et quatre nouvelles dates : la leçon, au fond, est simple. Le public ne veut pas du nouveau, il veut du fiable, et il est prêt à payer pour ça. Ce n’est pas une défaite de la culture ; c’est le signe qu’une fidélité se cultive, et que la scène reste, pour beaucoup, le dernier endroit où l’on partage quelque chose pour de vrai.

