Melanie Chisholm n’a pas grandi en rêvant de sa robe de mariée, et avouons-le, ça tombe plutôt bien : on l’imaginait plus en train de faire des high kicks en survêt’ que de fantasmer sur des traînes en dentelle, et c’est tant mieux si le destin a mis un peu plus de temps à la rattraper, parce que ça lui permet aujourd’hui de se marier à 52 ans, en pleine possession de ses moyens, de son style et de son statut de Sporty Spice éternelle, avec une robe signée par celle qui, dans le groupe, avait déjà compris avant tout le monde que la mode serait son deuxième royaume : Victoria Beckham.
De Sporty Spice à mariée minimaliste : la robe Victoria Beckham de Mel C
Mel C ne s’est jamais takée dans le “grand jour” comme d’autres se sont prises dans les filets des princesses Disney : “Absolument pas”, lâche-t-elle, cheveux châtains légèrement sunkissés oscillant au rythme de sa tête qui dit non, comme pour souligner que son enfance, elle l’a passée à penser carrière, scène, albums, et à laisser les relations sentimentales en option, parce que son vrai fiancé, c’était le micro. Et puis, à 49 ans, elle rencontre Chris Dingwall, modèle et producteur australien croisé sur Raya, “L’étincelle a été immédiate”, et depuis, difficile de les séparer, comme si le destin avait décidé qu’elle méritait enfin ce chapitre-là, en bonus, après les Spice Girls, les albums solo, les tournées, et Scarlet, sa fille de 17 ans, avec qui elle forme un duo résilient, une équipe soudée, pas vraiment prête à laisser n’importe qui entrer dans leur monde, sauf lui, “il a parfaitement sa place”.
La demande en mariage arrive en juillet dernier, à Mallorca, après un menu dégustation qui n’en finit pas, un peu de vin, un retour à la suite “un peu émêchés et les estomac remplis » et là, surprise : la chambre plongée dans les bougies, Chris qui demande, Mel C qui tombe des nues, “il ne croyait pas que j’étais surprise mais j’étais choquée ». Pas de grand mariage traditionnel, plutôt une célébration détendue, estivale, dans une propriété d’amis au bord d’un lac en Cumbrie, avec un préalable administratif en Australie, et c’est là que la fashion story prend tout son sel : pour la cérémonie légale à Sydney, Mel C avait commandé une robe Victoria Beckham, mais pas le temps de la faire retoucher avant le départ, sauf que Victoria, apprenant la nouvelle pendant un dîner, lui propose illico la sienne, “J’avais exactement la même robe dans mon dressing et j’ai proposé de la lui prêter ». La Lace Cami Dress, une slip dress en satin ivoire, minimaliste, féminin, “Elles ont une authentique simplicité. Elles sont très féminines mais dans un sens confortable, et très moi » : Mel C embarque donc dans sa valise une robe qui devient son “quelque chose d’emprunté, avec en plus, la présence symbolique de Victoria, “C’était très spécial de l’avoir avec nous”.
Une robe de mariée Victoria Beckham “sur mesure” pour le mariage en Angleterre
L’histoire ne s’arrête pas là, parce que quand Victoria apprend qu’une deuxième célébration est prévue au Royaume-Uni, elle ne se contente pas de prêter : elle veut créer, “J’ai évidemment proposé de lui créer sa robe de rêve ». Elle prend comme point de départ la Lace Cami de Sydney, “parce que je l’aimais tellement », ajoute de la dentelle vintage, fait teinter délicatement le tout dans la nuance parfaite, dessine un dos ouvert, flatteur, ajoute une petite traîne pour le drama, “ma fille était au premier essayage et elle voulait un peu plus de longueur. Scarlett a été très claire sur le fait que c’était son mariage aussi ! » rigole Mel C. Le motif de dentelle est conçu à partir de deux motifs de dentelle florale de Lyon, fournis par le dentellier premium Jean Bracq, soigneusement découpés et placés à la main sur la robe, puis cousus sur le slip en satin, un processus quasi artisanal, presque couture, pour une amie de toujours, une Spice Girl qui passe de “Sporty” à “Bride” sans jamais renier son minimalisme.
Les essayages chez Victoria Beckham à Londres sont “évidemment très émotionnels”, Victoria excitée de pouvoir faire ça pour elle, Mel C touchée d’avoir Victoria et Scarlet à chaque étape, “toutes les étapes ont été très spéciales », et, avouons-le, ravie de porter une robe qui la représente, sans chichis, sans sophistication outrancière, mais avec cette élégance tranquille qui fait que, même en robe de mariée, on reconnaît Mel C. Elle voulait un mariage “low-key, relaxed, romantic, and chic”, et la robe suit le mouvement : pas de princesse, pas de cathédrale, juste une femme de 52 ans, confortable dans sa peau, qui a compris, tard mais sûrement, que oui, “c’est une partie de mon histoire”, et qu’à cet âge-là, on peut encore s’offrir tous les “premières fois” qu’on veut, surtout quand elles sont signées par une ancienne colocataire de tournée qui a, entre-temps, transformé son nom en griffe.
Au final, Mel C se marie dans une robe Victoria Beckham, mais ce n’est pas qu’une anecdote people : c’est une petite fable sur la maturité, l’amitié, et cette idée qu’on peut avoir été Sporty Spice, avoir couru partout, avoir mis l’amour en standby, et finir par accepter, tranquillement, que le “grand jour”, ce n’est pas une case à cocher, mais un chapitre qu’on s’autorise, quand on veut, comme on veut, avec qui on veut, et, accessoirement, avec la robe qu’on veut.


