La voiture de collection comme placement : la Porsche 911 S de Steve McQueen, cas d’école

3 min de lecture

Une voiture de collection peut-elle servir de placement ? La Porsche 911 S de Steve McQueen, vue dans Le Mans (1971) et adjugée 1 375 000 dollars en 2011 par RM Sotheby’s, fait rêver. Mais derrière ce prix d’exception, les indices Hagerty et Knight Frank de 2026, les frais de garde et la fiscalité française racontent une histoire beaucoup plus nuancée.

L’essentiel

  • La Porsche 911 S de 1970 de Steve McQueen, voiture du film Le Mans, a été adjugée 1 375 000 dollars à la vente RM de Monterey (août 2011), contre environ 8 339 dollars neuve.
  • Le Hagerty Market Rating est tombé à 58,28 en janvier 2026, son plus bas niveau depuis près de quinze ans, alors que le haut du marché reste actif.
  • En France, une voiture de collection vendue plus de 5 000 € relève en principe de la taxe forfaitaire de 6,5 % ou, sur option, du régime des plus-values, avec exonération après vingt-deux ans.

Un prix de 1 375 000 dollars en 2011 : ce que la vente de la 911 S prouve, et ne prouve pas

Les faits sont établis. Selon la fiche de vente de RM Sotheby’s, la 1970 Porsche 911 S de Steve McQueen a été vendue 1 375 000 dollars à Monterey en 2011. La maison s’appelait alors RM Auctions, et la vente était présentée comme son deux centième lot à plus d’un million de dollars. La voiture, livrée neuve à l’acteur sur le plateau, affichait moins de 12 400 miles et un dossier de provenance complet, que nous racontons dans notre article sur Steve McQueen et sa Porsche 911 S dans Le Mans.

Le même document donne un prix neuf d’environ 8 339 dollars. Le rapport est de 165 pour 1, soit environ 13 % par an en valeur nominale sur quarante et un ans (calcul LUI), avant inflation, frais de conservation et impôts. C’est un cas unique : une voiture de star, d’origine, presque sans kilométrage. Les milliers de 911 S ordinaires n’ont pas suivi cette courbe.

Portrait en noir et blanc de Steve McQueen en costume trois pièces, adossé à un bureau, dans L'Affaire Thomas Crown en 1968
Steve McQueen dans L’Affaire Thomas Crown (1968). Photographie retouchée (contraste, vignettage). Crédit : photo de presse de 1968, domaine public, auteur inconnu, via Wikimedia Commons.

Les indices 2026 : un marché à deux vitesses

D’après Motorious, qui relaie les chiffres de Hagerty, le Hagerty Market Rating, qui mesure la chaleur du marché sur 100, est tombé à 58,28 en janvier 2026, au plus bas depuis près de quinze ans, après un pic à l’été 2022. Selon la même source, seules 35,2 % des voitures vendues entre particuliers l’étaient au-dessus de leur valeur assurée, un plus bas en quatre ans. Hagerty décrit en 2026 un marché solide au sommet et plus fragile en dessous.

Le Knight Frank Luxury Investment Index, publié en avril 2026, évoque une année 2025 morose pour les voitures de collection, malgré Monterey, où une Ferrari F50 de 1995 a atteint 9,2 millions de dollars. Les records ne font pas le marché : ils sont ceux de voitures rarissimes, pas de la 911 de série que la plupart des amateurs peuvent viser.

Garde, assurance, entretien : les coûts qui s’accumulent

Un placement en voiture se paie chaque année. Il faut un garage sec et sûr, un contrat d’assurance à valeur agréée adapté aux collections, une expertise régulière pour justifier la valeur déclarée, et un entretien confié à des spécialistes de la marque. Les devis varient trop pour qu’un chiffre unique ait du sens : demandez-les avant d’acheter.

Une voiture immobilisée se dégrade, mais une voiture trop utilisée perd de sa valeur d’origine. Le propriétaire arbitre en permanence entre plaisir et conservation, et ce n’est pas un détail comptable. Pour mesurer ce que vaut un moteur qui tourne, lisez notre sélection de cabriolets de luxe 2026, où le plaisir de conduire n’est pas un actif.

Porsche 911 de 1970 en mouvement sur route lors du Saxony Classic Rallye 2010, de la même génération que la 911 S de McQueen
Une Porsche 911 de 1970 au Saxony Classic Rallye 2010 (ce n’est pas la voiture de Steve McQueen). Photographie retouchée (contraste, vignettage). Crédit : André Karwath aka Aka, CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons.

Fiscalité française d’une voiture de collection : taxe forfaitaire ou plus-values

Selon le BOFiP, les automobiles ordinaires sont exclues de l’imposition des plus-values mobilières, mais pas les véhicules de collection, c’est-à-dire ceux dont le certificat d’immatriculation porte la mention « véhicule de collection » (plus de trente ans, type plus produit, état d’origine). Ils sont assimilés à des objets de collection.

Au-delà de 5 000 €, la vente supporte la taxe forfaitaire de 6,5 % du prix (6 % plus 0,5 % de CRDS), qui ne tient pas compte du gain. Le vendeur peut opter pour le régime des plus-values, avec abattement de 5 % par an après la deuxième année et exonération après vingt-deux ans de détention. Les taux évoluent avec les lois de finances et la qualification d’un véhicule précis se vérifie auprès d’un conseil fiscal.

Cote, liquidité et risque : ce qu’il faut garder en tête

Une voiture de collection se vend en semaines ou en mois, par une maison de ventes ou un marchand, avec des frais des deux côtés. La cote dépend de l’état, du kilométrage, de l’origine des pièces et de l’histoire de l’exemplaire. Une voiture ayant appartenu à une star se vend plus cher, mais l’effet est unique à chaque exemplaire. Les amateurs d’icônes lisent aussi le Jaguar Type 01, GT électrique qui tourne le dos à la E-Type : le passé fait vendre, mais il ne fait pas la valeur future.

Avertissement : cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Le marché des voitures de collection est illiquide et volatil, les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs, et un capital investi peut être perdu en tout ou partie. Aucun rendement n’est garanti. Renseignez-vous auprès d’un professionnel qualifié.

FAQ

Combien la Porsche 911 S de Steve McQueen a-t-elle été vendue ?

Elle a été adjugée 1 375 000 dollars à Monterey en août 2011, lors de la vente de RM Auctions, devenue RM Sotheby’s. La voiture, une 911 S de 1970 utilisée dans Le Mans, avait été livrée neuve à McQueen et affichait moins de 12 400 miles au compteur.

Une voiture de collection est-elle un bon placement ?

Pas de façon certaine. Hagerty relève en 2026 un marché peu actif hors des modèles les plus recherchés, et les coûts de garde, d’assurance et d’entretien réduisent le gain éventuel. Le prix peut baisser et la revente peut être longue : un capital investi peut être perdu.

Comment est imposée la vente d’une voiture de collection en France ?

Au-delà de 5 000 €, la taxe forfaitaire de 6,5 % du prix s’applique en principe pour un véhicule portant la mention « véhicule de collection ». Le vendeur peut opter pour le régime des plus-values, avec exonération après vingt-deux ans. Un conseil fiscal reste utile avant la vente.

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