Il y a un siècle, Hans Wilsdorf scellait la Rolex Oyster comme on calfate une coque : premier garde-temps étanche de série, elle transformait la montre-bracelet en instrument de confiance. Pour fêter ce centenaire à Watches and Wonders 2026, la marque genevoise dévoile neuf nouvelles références : un Daytona à fond saphir et une Yacht-Master II repensée, qui rappellent que la couronne sait encore surprendre quand elle le décide.
L’essentiel
- Le boîtier Rolex Oyster a été breveté par Hans Wilsdorf en 1926, puis validé le 7 octobre 1927 lors de la traversée de la Manche par la nageuse britannique Mercedes Gleitze, plus de dix heures dans une eau à quatorze degrés.
- L’Oyster Perpetual 41 « 100 years » (référence 134303), en Rolesor jaune avec calibre 3230, offre 70 heures de réserve de marche et une précision certifiée de -2/+2 secondes par jour.
- Le Cosmograph Daytona Rolesium référence 126502, premier Daytona Rolex à fond saphir, est proposé à 56 160 euros hors catalogue à Watches and Wonders 2026.
Le boîtier qui a traversé la Manche
En 1926, personne ne croyait sérieusement qu’une montre-bracelet pouvait résister à l’eau. Les messieurs portaient des montres de gousset, et les bracelets restaient des bijoux de salon, voués à la fragilité plus qu’aux éléments. Wilsdorf a vu les choses autrement. Son idée tenait en trois vis : fond, lunette et couronne de remontoir, tous vissés dans le corps central du boîtier pour former un ensemble hermétique. Le brevet déposé cette année-là ne portait pas encore le nom « Oyster », mais la promesse d’étanchéité était là, nette comme un coup de tampon sur un passeport.
La légende s’écrit l’année suivante. Le 7 octobre 1927, la nageuse britannique Mercedes Gleitze tente la traversée de la Manche avec, autour du cou, une Rolex Oyster. Plus de dix heures dans une eau à quatorze degrés. La montre fonctionne toujours. Wilsdorf, qui ne manquait ni de flair commercial ni de sens du spectacle, achète aussitôt une pleine page dans le Daily Mail pour célébrer l’exploit. La montre-bracelet venait de prouver qu’elle pouvait encaisser le réel, et Rolex tenait sa mythologie fondatrice.

L’OP 41 « 100 years » : la sobriété comme manifeste
Pour souffler ses cent bougies, Rolex n’a pas cédé à la tentation du feu d’artifice. L’Oyster Perpetual 41 centenaire, référence 134303, se présente en Rolesor jaune, cette combinaison d’Oystersteel et d’or jaune 18 carats que la marque maîtrise depuis des décennies. Cadran ardoise ponctué de touches vertes, mention « 100 years » à six heures, couronne frappée d’un « 100 » en relief. Le calibre 3230 délivre 70 heures de réserve de marche, et la certification Superlatif (désormais étendue de quatre à sept critères, incluant résistance magnétique, fiabilité et durabilité) assure une précision de -2/+2 secondes par jour.
Pas de diamants, pas de numérotation en édition limitée, pas de coffret en ébène. L’anniversaire se lit dans les détails, jamais dans la surenchère. Posture assez rolex-ienne, au fond : celle d’une maison qui considère l’ostentation comme un aveu de faiblesse.
Le reste de la famille Oyster Perpetual suit le mouvement. L’OP 36 au cadran Jubilee multicolore décline dix teintes pop formant les lettres du mot « Rolex », un clin d’œil graphique qui flirte avec le pop art sans jamais y tomber. Deux modèles en métaux précieux complètent le tableau : une OP 28 en or jaune à cadran d’héliotrope verte et une OP 34 en or Everose à cadran de dumortiérite bleue, toutes deux dotées d’une finition satinée inédite sur boîtier précieux.
Le Daytona qu’on retourne
Si l’OP 41 incarne la fidélité aux origines, le Cosmograph Daytona Rolesium ref. 126502 est la vraie secousse de cette collection 2026. Pour la première fois, Rolex décline son chronographe le plus convoité en Rolesium (Oystersteel associé au platine 950). Le cadran adopte un émail grand feu blanc, d’une blancheur laiteuse sans sous-cadrans contrastés, qui donne à la pièce une allure presque fantomatique. La lunette Cerachrom, en céramique enrichie au tungstène, affiche un gris anthracite profond avec échelle tachymétrique gravée en PVD platine.
Le geste le plus audacieux se trouve au dos. Un fond saphir, cerclé de platine, dévoile le calibre 4131 : son échappement Chronergy, son spiral Parachrom bleu, ses Côtes de Genève soigneusement striées. Rolex, qui a longtemps traité le fond transparent comme une coquetterie réservée à la concurrence, ouvre ici pour la première fois une fenêtre sur sa mécanique intime. Tarif : 56 160 euros, hors catalogue. Traduction : il faudra que votre concessionnaire vous aime beaucoup.

La Yacht-Master II largue les amarres
L’autre surprise vient de la Yacht-Master II, chronographe de régate longtemps considéré comme le mouton noir du catalogue. Les références 126680 en Oystersteel et 126688 en or jaune 18 carats abandonnent l’ancien système Ring Command (qui obligeait à manipuler la lunette pour programmer le compte à rebours) au profit d’un pilotage intégral par les poussoirs. Le nouveau calibre 4162, doté d’une roue à colonnes et d’un embrayage vertical, fait tourner les aiguilles du décompte dans le sens antihoraire et conserve le dernier réglage en mémoire mécanique.
Quarante-quatre millimètres au poignet, 100 mètres d’étanchéité, 72 heures d’autonomie. La YM II reste un instrument imposant. Mais elle gagne en ergonomie ce qu’elle abandonne en excentricité technique, et c’est peut-être la première fois que cette montre donne envie à des gens qui n’ont jamais touché un winch.
L’or Jubilee et le vert ombré
Deux dernières pièces ferment la marche avec une touche de faste mesuré. La Datejust 41 ref. 126334 s’habille d’un Rolesor gris (Oystersteel et or gris 18 carats) avec un cadran vert ombré laqué qui s’assombrit vers les bords, premier du genre depuis 2019. La Day-Date 40, elle, inaugure le « Jubilee Gold », un alliage d’or 18 carats exclusif développé en interne par Rolex, marié à un cadran en aventurine verte parsemée d’inclusions minérales naturelles, sur bracelet Président.
Neuf références, donc, qui dessinent le portrait d’une marque imperméable aux effets de mode (la métaphore était trop tentante). L’Oyster a cent ans. Elle ne fait pas plus jeune, ne cherche pas à paraître moderne. Wilsdorf, qui aimait tant les preuves par l’action, aurait probablement hoché la tête, puis acheté une pleine page de publicité.
FAQ
Quand la Rolex Oyster a-t-elle été créée ?
La Rolex Oyster a été brevetée par Hans Wilsdorf en 1926. Son étanchéité a été prouvée dès le 7 octobre 1927, lorsque la nageuse britannique Mercedes Gleitze a traversé la Manche avec la montre autour du cou. Plus de dix heures dans une eau à quatorze degrés sans dommage : Wilsdorf en a fait la une du Daily Mail dès le lendemain.
Qu’est-ce que la certification Superlatif de Rolex ?
La certification Superlatif garantit une précision de -2/+2 secondes par jour. En 2026, elle a été étendue de quatre à sept critères, couvrant désormais la résistance magnétique, la fiabilité mécanique et la durabilité du boîtier en conditions réelles. Elle s’applique à l’ensemble de la collection, dont l’Oyster Perpetual 41 référence 134303.
Quel est le prix du Daytona Rolesium ref. 126502 ?
Le Cosmograph Daytona Rolesium référence 126502 est proposé à 56 160 euros hors catalogue. Assemblé en Rolesium (Oystersteel et platine 950), il est le premier Daytona Rolex à dévoiler un fond saphir cerclé de platine, laissant apparaître le calibre 4131 et son spiral Parachrom bleu.
Qu’est-ce que le Jubilee Gold de Rolex ?
Le Jubilee Gold est un alliage d’or 18 carats exclusif, développé en interne par Rolex pour la collection 2026. Il équipe la Day-Date 40, associée à un cadran en aventurine verte parsemée d’inclusions minérales naturelles et montée sur bracelet Président. C’est un matériau propriétaire, non commercialisé par d’autres horlogers.


