Ryan Gosling intègre l’écurie Marvel et devient le Ghost Rider 

Marvel a enfin trouvé le moyen de faire entrer Ryan Gosling dans son cirque de super-héros, et comme souvent chez les studios qui aiment confondre démesure et bon goût, c’est pour lui faire enfiler le costume du Ghost Rider, ce biker satanique qui traverse l’écran comme une mauvaise idée très coûteuse. L’annonce, faite au Comic-Con de San Diego, a tout du coup de marketing qui se prend pour un événement mythologique, avec sortie prévue en 2028 et promesse d’un film solo taillé pour faire croire que l’enfer, cette fois, aura du style. Gosling, lui, n’a pas l’air de jouer un personnage : il semble plutôt signer un pacte avec la grande machine Marvel, ce qui revient parfois au même.

Ryan Gosling devient Ghost Rider chez Marvel

Le projet est confié à Shawn Levy, déjà bien installé dans la maison Marvel après Deadpool & Wolverine, et scénarisé par Jonathan Tropper, qui écrit aussi Star Wars: Starfighter, autre terrain de jeu dans lequel Gosling s’apprête à se promener avec son calme presque agaçant. Autrement dit, l’acteur collectionne les franchises comme d’autres les cartes de fidélité : Project Hail Mary ici, Star Wars là, Marvel juste à côté, et bientôt sans doute quelques galaxies en promotion. Il faut croire que le garçon a compris une chose simple : à Hollywood, mieux vaut monter dans les bons véhicules que courir après les rôles qui sentent la naphtaline.

Sur scène, Shawn Levy a joué la carte du copain émerveillé, expliquant en substance qu’en voyant Gosling parler du personnage, il avait immédiatement voulu « rider » avec lui. C’est joli, presque trop, comme une phrase écrite pour convaincre tout le monde qu’un film sur un squelette enflammé n’est pas d’abord une opération de prestige industrielle. Mais derrière les sourires et les références de Hall H, il y a surtout une évidence très Marvel : quand on veut relancer un mythe, on prend une star capable de faire croire à la fois à l’intensité, au mystère et à la carrosserie émotionnelle.

Ghost Rider, le super-héros qui sent encore le soufre

Ghost Rider n’est pas un personnage neutre, et c’est bien ce qui le rend intéressant. Avant Gosling, Nicolas Cage l’avait déjà incarné dans deux films Sony, avec le sérieux halluciné qu’on lui connaît, et Gabriel Luna avait repris une autre version du héros dans Agents of S.H.I.E.L.D.. Pourtant, le personnage n’a jamais vraiment trouvé son grand retour au cinéma, comme si Hollywood n’avait jamais su quoi faire de ce mélange de moto, de damnation et de crâne en feu. Dans les comics, Johnny Blaze vend son âme pour sauver son père, se retrouve lié au Spirit of Vengeance, et devient un vengeur infernal à la force surhumaine, armé de chaînes de feu et d’un regard capable d’infliger aux autres la douleur qu’ils ont fait subir. En résumé, un anti-héros qui ne demande pas la permission d’exister.

Ce qui change cette fois, c’est le visage derrière les flammes. Ryan Gosling apporte au projet une forme de froideur chic, de retenue magnétique, presque trop belle pour un personnage aussi crasseux en théorie. C’est précisément ce décalage qui peut faire fonctionner le film : l’idée qu’un acteur réputé pour son élégance contenue vienne habiter un rôle sale, violent et presque grotesque. Marvel adore ce genre de contraste, parce qu’il lui permet de faire passer un concept de série B pour une proposition de cinéma un peu sérieuse. Parfois, ça marche. Parfois, on sent juste l’odeur du branding brûlé.

Le timing, en tout cas, est parfait pour Gosling, qui sort d’une année chargée avec Project Hail Mary et doit encore rejoindre Star Wars en 2027. Le voilà donc installé au centre de plusieurs franchises majeures, comme s’il avait décidé de traverser la pop culture en costume impeccable et lunettes noires, pendant que le reste d’Hollywood court derrière avec des briquets. Avec Ghost Rider, Marvel récupère un héros à allumer. Reste à savoir si Gosling saura en faire autre chose qu’une belle flamme de plus dans la machine.

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