Jean Gabin chez Mickey : Disney+ intègre 25 grands classiques de la Gaumont

Il fallait oser. Planquer Jean Gabin entre un Marvel et un Pixar, glisser Jeanne Moreau entre deux séries calibrées pour binge-watcher en jogging, et faire cohabiter le noir et blanc avec la 4K clinquante. Disney+ l’a fait. Et contre toute attente, ça a de la gueule.

Depuis ce début juin, la plateforme aux grandes oreilles ouvre une parenthèse inattendue dans son catalogue : 25 films issus du patrimoine Gaumont, tournés entre les années 1930 et 1960. Une époque où le cinéma français fumait des Gitanes sans filtre, parlait d’amour comme d’une maladie honteuse et filmait les visages comme des paysages. Autant dire l’exact opposé de l’algorithme.

Au programme, une galerie de monstres sacrés. Sacha Guitry, Jean Vigo, Louis Malle derrière la caméra. Gabin, évidemment, mais aussi Jeanne Moreau, Danielle Darrieux et toute une faune d’acteurs qui avaient compris une chose simple : jouer, c’est vivre un peu plus fort que les autres. Résultat, des films qui suintent encore aujourd’hui une modernité presque insolente.

On retrouve L’Atalante, poème flottant et chef-d’œuvre de Jean Vigo, Le Feu follet, chronique sèche et magnifique du désenchantement, ou encore Le Roman d’un tricheur, où Guitry s’amuse avec la morale comme un enfant avec un revolver chargé. Et puis il y a La Poison, La Vérité sur Bébé Donge, Nous sommes tous des assassins… Des titres qui claquent comme des aveux et qui rappellent que le cinéma français n’a pas toujours été poli.

Redécouvrir les classiques dans les meilleures conditions possibles

La bonne surprise, c’est que tout ça arrive en versions restaurées. Image nettoyée, contrastes retrouvés, détails ressuscités. Le passé n’a jamais été aussi net. Et c’est peut-être là que réside le vrai choc : ces films, qu’on imaginait poussiéreux, semblent souvent plus vivants que beaucoup de productions actuelles. Moins sages, surtout.

Chez Gaumont, on ne cache pas une certaine fierté. Jérôme Soulet, directeur du catalogue, parle d’“une magnifique invitation à redécouvrir toute leur singularité et leur modernité”. Traduction : ces films n’ont jamais eu besoin de nostalgie pour exister. Ils tiennent debout tout seuls, comme des types sûrs d’eux dans une pièce pleine de suiveurs.

Gaumont et Disney : un mariage heureux

Même son de cloche du côté de Disney+. Julia Tenret évoque une volonté d’élargir l’offre, de mêler patrimoine et créations contemporaines. En clair, rappeler que le cinéma ne commence pas avec les franchises et ne s’arrête pas aux effets spéciaux. Une évidence, mais qu’il est parfois utile de remettre sur la table.

Ce mouvement s’inscrit d’ailleurs dans une stratégie plus large : après avoir déjà accueilli une soixantaine de classiques hollywoodiens issus du catalogue 20th Century Fox, la plateforme semble décidée à jouer les cinémathèques numériques. Et pour une fois, l’ambition ne sonne pas creux.

Reste une question : que vont faire les abonnés de ce trésor ? Laisser Gabin prendre la poussière virtuelle pendant qu’ils enchaînent les séries ? Ou se risquer à découvrir un cinéma où les silences pèsent plus lourd que les dialogues, où les regards racontent des histoires entières, et où le noir et blanc n’a rien de rétro, mais tout du style ?

Parce qu’au fond, voir Gabin débarquer chez Mickey, ce n’est pas juste un clin d’œil. C’est un rappel. Celui que le cinéma, le vrai, ne meurt jamais. Il change juste de plateforme.

(article réalisé avec la contribution de l’IA)

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