Peut-on se permettre de partir en vacances à la rentrée ?

En 2014 dans le cadre de son guide de survie de l’homme moderne, Lui.fr et Quentin Périnel vous aidaient à nager dans les eaux troubles de la vie de bureau. Voici un dernier mot sur les vacances… Les teints sont hâlés mais les mines désabusées… Les symptômes de la rentrée sont arrivés.

Partir quand tout le monde rentre ne vous fera pas que des copains au bureau…

Elle approche, et elle est se fait d’autant plus sentir si vous avez quitté prématurément votre lieu de villégiature pour passer vos derniers jours de vacances affalé sur votre canapé. Vous regardez votre copine, elle aussi avachie en chien de fusil. Il n’y a rien de pire que ces jours en trop où l’on « attend » la rentrée, lymphatique, sans trop savoir comment s’occuper, en passant des journées qui semblent tout droit tirées du film The Big Lebowski.

Bémol : vous n’êtes ni le dude, ni chômeur. Et dans deux jours, il vous faudra remettre le costard trois pièces et prendre la foutue ligne 1 jusqu’à la Défense, ou courir comme un demeuré pour attraper votre bus (que vous auriez eu haut la main si votre concierge ne vous avait pas alpagué à la sortie de l’immeuble). Cette simple pensée vous donne envie de tout plaquer et de partir élever des chèvres dans le Cantal ou la Drôme. À moins que.

À moins que vous ne fassiez partie de cette curieuse espèce qui ne fait pas comme tout le monde, et qui préfère partir en septembre. Car non, partir en vacances en septembre n’est pas qu’un truc de vieux. C’est vrai que l’idée d’aller batailler avec tous les autres pour réussir à poser sa serviette sur la plage ou se taper les bouchons de l’A10 au retour du Cap-Ferret ne sont pas des perspectives des plus fun. Vous, vous préférez adopter une ruse finaude : d’une part vous paierez vos vacances moins chères – les offres de voyages alléchantes pour septembre ne manquent pas sur le web (près de 15 millions de réponses Google à la question « plan pas cher vacances septembre») – et en plus, vous évitez le branle-bas-de combat.

Mieux, vous êtes reçu comme un grand seigneur par les hôteliers et les commerçants locaux, qui ne pensent qu’à finir leur saison le plus tard possible… Comme le 25 septembre, date où vous avez prévu votre retour. Les avantages sont nombreux. « S’il est vraiment un mois propice aux vacances d’été, c’est septembre », peut-on lire sur l’excellent blog Mode(s) d’emploi. Partir en septembre, c’est aussi s’assurer une rentrée stressante au carré.

Pourquoi ne pas se permettre ce luxe alors ? Parce que côté Management, la pratique n’est pas vue d’un très bon œil par vos chers collègues, qui seront – très probablement – nombreux à vous maudire pendant votre absence. Car naturellement, si vous partez en septembre, c’est que vous avez travaillé en août, réputé pour être LE mois où l’on se tourne les pouces. En d’autres termes, vous préférez quitter le bateau pile au moment où l’activité reprend. Vous êtes donc un fainéant. Pis encore, vous êtes un fuyard, et cette pratique équivaut à faire un gros « fuck » à tous vos collègues qui sont rongés par la tristesse et le stress de la rentrée. C’est votre tour de vous la couler douce. Pour avoir un aperçu amusant de la guéguerre qui sévit entre les vacanciers et ceux qui sont restés au bureau,

À vous de décider si vous assumez ou non cette étiquette de glandeur que vont coller vos collègues sur votre bureau qui va rester vide pendant qu’ils crouleront sous la surcharge de travail. Mais sachez une chose : en partant en septembre, le stress de la rentrée sera encore plus intense…

Vous débarquerez, tout beau, tout bronzé, mais (surprise !) vous ne saurez absolument rien de ce qui s’est passé en votre absence (d’ailleurs, qui est ce bonhomme qui s’est installé sur le bureau à votre droite ?) À part si 1) vous avez eu la délicatesse et l’intelligence de prendre des nouvelles de votre boîte pendant vos vacances, et 2) vous vous êtes connectés deux ou trois fois sur votre boîte mail pro depuis la plage. Mais même ces petites précautions ne vous épargneront pas un retour mouvementé. D’avance, bonne rentrée !

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