Ils ont eu le plein emploi, la libération sexuelle et l’immobilier à prix dérisoire. Aujourd’hui, les baby-boomers s’apprêtent à passer la main. Mais pour nous, la génération d’après, ce « grand transfert » ressemble plus à un saut en parachute sans certitude que la voile s’ouvre. Analyse d’un choc thermique financier.
La « génération Tanguy » prend sa revanche
Pendant des années, on nous a vus comme ceux qui galéraient à quitter le nid. Le choc aujourd’hui ? C’est que la fortune de nos parents est devenue notre seule véritable stratégie de retraite. En France, le patrimoine est de plus en plus « vieux ». On n’hérite plus à 30 ans pour lancer sa boîte, mais à 60 ans pour payer les travaux de la toiture. C’est le choc du timing. On reçoit les clés du royaume quand on a déjà un peu trop d’arthrose pour en profiter pleinement.
Le fisc, ce troisième héritier dont on ne parle pas
C’est là que le réveil pique. Vous pensiez hériter de la villa au Cap Ferret ? Préparez-vous à revendre la moitié du terrain juste pour payer les droits de succession. Les boomers ont vu leurs biens prendre +400 % en trente ans, mais les barèmes de l’État, eux, ne nous font pas de cadeaux. Le choc est liquide : on se retrouve « riche » sur le papier, mais avec un compte en banque dans le rouge pour éponger la facture de Bercy.
Le vide-grenier de l’âme
Au-delà du pognon, il y a le choc des murs. Les boomers étaient des accumulateurs. Ils ont rempli des maisons de 200 m² de meubles en merisier, d’encyclopedies en 24 volumes et de services à vaisselle pour 12 personnes. Pour l’homme moderne qui vit dans un loft épuré ou un appart’ urbain, hériter, c’est aussi gérer l’encombrement. C’est ce moment de solitude extrême où vous devez décider si vous gardez le buffet de la grand-tante ou si vous devenez officiellement le roi du Bon Coin.
La stratégie du « Vivre Vite »
Face à ce choc, une nouvelle tendance émerge chez les héritiers les plus malins : la donation déguisée en bons moments. Plutôt que d’attendre le passage devant le notaire, l’idée est de convaincre les parents de dilapider leur héritage… avec nous. Voyages, bonnes tables, belles montres. Après tout, si l’héritage est un choc, autant qu’il soit électrique et qu’on le consomme tant que tout le monde est encore là pour trinquer.


