Il existe des restaurants végétariens où l’on mange sans viande. Et puis il y a Tekés, où l’on oublie tout simplement qu’elle existe. Une prouesse suffisamment rare pour mériter le détour.
S’il ne fallait conseiller qu’un seul restaurant végétarien à Paris, ce serait sans hésiter Tekés. Mieux encore : c’est probablement l’une des rares adresses capables de faire oublier à n’importe quel carnivore que la viande manque à l’appel. « Tekés », en hébreu, signifie « cérémonie ». Difficile de trouver un nom plus approprié. Ici, le repas devient un véritable rituel, une célébration de la cuisine israélienne, de ses traditions, de ses épices et de son sens du partage.
Par Charlotte Florentin

L‘Israël en majesté !
À première vue, l’idée peut prêter à sourire. Puis arrivent les premières assiettes. Chez Tekés, le légume ne joue plus les seconds rôles : il devient la vedette. Sous l’impulsion du chef israélien Assaf Granit, déjà à l’origine des remarquables Shabour et Balagan, cette adresse du Sentier célèbre avant tout la cuisine israélienne, ses traditions, son goût du partage et ses cuissons ancestrales. Ici, Tel Aviv s’invite à Paris dans ce qu’elle a de plus généreux, de plus vibrant et de plus gourmand. On ne vient pas manger « sans viande ». On vient découvrir une cuisine capable de faire oublier qu’elle n’en contient pas.

Chez Tekés, chaque assiette rend hommage aux traditions culinaires israéliennes. Le feu, les braises, le charbon et les longues cuissons donnent naissance à une cuisine profondément enracinée dans l’histoire, mais revisitée avec une modernité réjouissante.

Le chou-fleur rôti au feu de bois côtoie des aubergines fumées habillées de tahini et d’amba. Les betteraves, confites en croûte de sel, arrivent entières à table avant d’être généreusement découpées sous les yeux des convives, tandis que les haricots verts croustillants au sumac démontrent qu’un simple légume peut procurer autant d’émotions qu’une belle pièce de viande. Les épices levantines, les herbes fraîches et les sauces viennent sublimer chaque bouchée sans jamais masquer le goût du produit.
Une cuisine israélienne solaire, généreuse et profondément humaine, pensée avant tout pour être partagée.
Jusqu’à la dernière miette…
Petit conseil : ne commettez pas la même erreur que nous.
À peine installés arrivent les pains maison. D’un côté, le Kubaneh, une brioche yéménite incroyablement moelleuse, servie chaude avec un beurre de sauge et différentes sauces. De l’autre, le Laffa, ce grand pain traditionnel du Moyen-Orient, cuit puis déchiré à la main avant d’être plongé dans le tahini, le labneh ou les autres préparations de la maison.
Une tuerie. Le genre de pain dont on se promet de ne prendre qu’un morceau… avant de réaliser, quelques minutes plus tard, qu’on s’est presque coupé l’appétit tant il est impossible de s’arrêter. Moelleux, parfumés, encore fumants, ils méritent, à eux seuls, le déplacement.

Le végétal comme vous ne l’avez jamais goûté
L’une des grandes forces de Tekés réside dans sa capacité à surprendre.
Le célèbre « foie de volaille végétarien », préparé devant les convives à partir de champignons, de dattes, de pignons de pin et d’un œuf mollet, est tout simplement bluffant. Les cuissons au feu de bois, les légumes braisés, les préparations fumées et les associations d’épices s’enchaînent dans une explosion de saveurs où l’on oublie totalement l’absence de viande. Mieux encore : elle ne manque absolument pas.

Arrive enfin le moment des desserts. Et là encore, difficile de résister.
Mention spéciale à la Benimousse, une mousse au chocolat relevée d’un filet d’huile d’olive, probablement l’une des meilleures dégustées ces dernières années. D’une légèreté déconcertante, intensément chocolatée et subtilement fruitée grâce à l’huile d’olive, elle trouve un équilibre parfait entre puissance et finesse. Le genre de dessert que l’on termine en se demandant comment il est encore possible d’avoir faim… avant d’être tenté d’en recommander une deuxième.
Les autres douceurs valent tout autant le détour. Le Malabi, grand classique de la pâtisserie israélienne, séduit par sa texture délicatement fondante et sa fraîcheur. Et le Sutlac, ce riz au lait emblématique du Moyen-Orient, réconforte par son incroyable onctuosité.

Ambiance Tel-Aviv une fois la nuit tombée !
Le repas suit le même tempo que la musique.
Au début, Tekés se montre presque sage. Puis les lumières se tamisent, le volume monte progressivement, les cocktails circulent, les conversations s’animent et le restaurant prend des allures de fête israélienne. Une ambiance chaleureuse, décomplexée et résolument branchée où l’on trinque, où les assiettes circulent naturellement d’un convive à l’autre et où l’on prolonge volontiers la soirée autour d’un verre d’arak ou d’un cocktail maison.
Le décor, brut et chaleureux, mêle pierre, bois, cuisine ouverte et grandes tablées conviviales. Une atmosphère qui rappelle les restaurants les plus vivants de Tel-Aviv.

Le végétarien version plaisir
Ce qui fait surtout le charme de Tekés, c’est qu’il ne cherche jamais à convaincre. Aucun discours militant. Aucune démonstration. Seulement une cuisine israélienne spectaculaire, profondément généreuse, où le végétal devient un terrain de jeu infini.

Tekés
4 Rue Saint-Sauveur, Paris 2e
07 81 42 54 74
Cuisine israélienne végétarienne
Déjeuner ; ouvert du lundi au samedi
Dîner : ouvert tous les jours
Formule Brunch disponible le dimanche midi
Réservation : conseillée
Instagram : @tekes_paris


