Le monde du jeu vidéo a perdu l’un de ses bâtisseurs. Claude Guillemot, cofondateur d’Ubisoft, est mort vendredi 19 juin 2026 dans un accident d’avion survenu à La Baule, en Loire-Atlantique, alors qu’il se rendait à un rassemblement aérien programmé ce week-end dans la région. Selon les premiers éléments communiqués par les secours, l’avion de tourisme s’est écrasé dans un champ et a pris feu, provoquant la mort de deux personnes. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire.
La nouvelle a suscité une vive émotion dans l’industrie vidéoludique, tant Claude Guillemot occupait une place singulière dans l’histoire d’Ubisoft. Avec ses frères Michel, Yves, Gérard et Christian, il avait fondé l’entreprise en 1986 dans le Morbihan, au moment où le secteur du jeu vidéo en était encore à ses grandes promesses plus qu’à sa domination mondiale. Depuis, Ubisoft est devenu l’un des fleurons français de la création numérique, porté par des licences qui ont marqué plusieurs générations de joueurs, de Rayman à Assassin’s Creed, en passant par Les Lapins Crétins, Prince of Persia, Far Cry ou encore Just Dance.
Une figure fondatrice d’Ubisoft
Claude Guillemot appartenait à cette génération d’entrepreneurs qui ont accompagné la montée en puissance du jeu vidéo en France avant son rayonnement international. Son rôle dans la fondation d’Ubisoft l’a placé au cœur d’un projet industriel devenu, au fil des décennies, un acteur majeur du divertissement mondial. Il siégeait encore au conseil d’administration du groupe en tant que directeur général délégué chargé des opérations, signe de son implication durable dans la vie de l’entreprise.
Ubisoft a déclaré avoir appris « avec une profonde tristesse » le décès de son cofondateur et a adressé ses pensées à sa famille et à ses proches. Son frère Yves Guillemot, actuel président de l’entreprise, poursuit l’histoire du groupe avec lequel la famille a façonné une part importante du paysage vidéoludique français et européen.
Un héritage dans le jeu vidéo français
Au-delà du drame humain, la disparition de Claude Guillemot rappelle à quel point Ubisoft a compté dans l’essor d’une industrie devenue centrale dans la culture populaire. L’entreprise a participé à faire émerger une création française capable de rivaliser à l’échelle mondiale, avec des univers reconnaissables, des personnages emblématiques et une capacité constante à renouveler ses productions.
Claude Guillemot laisse derrière lui une entreprise qu’il a contribué à bâtir avec ses frères, mais aussi une partie de l’histoire du jeu vidéo français. Son nom restera attaché à une aventure industrielle rare, née d’une initiative familiale et devenue un groupe international. Dans un secteur souvent associé à l’innovation rapide et aux bouleversements technologiques, son parcours rappelle qu’il y a aussi, derrière les grandes marques, des trajectoires fondatrices et des engagements de longue durée.


