À l’image du film La Plage, porté par Leonardo DiCaprio et tourné sur une île voisine, Koh Lanta révèle un paradis préservé, où le snorkeling dans des eaux translucides, les parties de ping-pong improvisées, la nature encore brute et l’art de vivre thaïlandais cohabitent harmonieusement.
Par Ulysse Flowen

Le Pimalai Resort & Spa, membre de Small Luxury Hotels of the World (SLH), figure à la fois dans la Finest Collection, qui distingue les hôtels offrant le plus haut niveau de confort, de service et d’exclusivité, et dans la Considerate Collection, réservée aux propriétés engagées dans une hôtellerie responsable, attentive à la préservation de leur environnement et à l’impact local. Cette pépite est née d’un coup de foudre. Il y a près de trente ans, l’avocat Anurat Tiyaphorn découvre cette parcelle de jungle et en tombe immédiatement amoureux. Année après année, il étend le domaine avec une rare patience, épouse le relief, protège la forêt, jusqu’à faire émerger un refuge à part : un resort qui semble avoir grandi avec les arbres, plutôt que d’avoir été bâti à leur côté.
Arriver au Pimalai, c’est rejoindre une maison, la sienne, posée sur une colline tropicale, enveloppée de quarante hectares de végétation. L’architecture thaïe traditionnelle y déploie de grandes charpentes en bois sombre, un double toit protecteur et des terrasses ouvertes sur la jungle et la mer d’Andaman. Dès le premier soir, tout semble familier : chemins ombragés, le bruissement des feuilles, la lumière tombant sur la baie de Kantiang. Ici, on trouve ses repères en quelques heures, comme si le lieu absorbait les tensions du voyage. Et parfois, les singes les plus malins descendent des arbres, curieux et sans gêne, pour s’inviter au bord de votre piscine… ou s’intéresser de près à votre piña colada.

L’art de disparaître dans le paysage
Les 121 suites et villas du Pimalai ne relèvent pas d’une simple typologie d’hébergement : elles traduisent une véritable manière d’habiter le paysage. Chacune s’ouvre sur l’horizon, comme un prolongement naturel de la baie de Kantiang. Les suites jouent la carte d’un raffinement discret : bois sombres, tissages locaux, lits à baldaquin, vastes salles de bain ajourées, lumière filtrée par la végétation. La décoration se veut apaisée, sans ostentation, laissant la vedette au spectacle permanent de la nature : matin laiteux sur la mer d’Andaman, couchers de soleil opalescents, nuits étoilées où la jungle s’anime.
Les villas, absolument spectaculaires, reprennent les codes des grandes demeures thaïlandaises : volumes généreux, larges auvents protecteurs, terrasses où l’on prend son petit déjeuner face à la forêt. Certaines disposent d’une piscine privée à débordement semblant flotter au-dessus des arbres; d’autres intègrent une salle à manger extérieure ou un pavillon indépendant dédié aux massages privés. La villa de trois chambres, pensée pour une famille ou trois couples, s’impose comme un véritable refuge tropical. Pièces largement ouvertes, hauteurs sous plafond, terrasses panoramiques à chaque niveau : on y vit comme dans une maison de vacances d’exception, la nature pour voisine immédiate.

Le luxe à l’écoute du vivant
Le jardin du Pimalai n’est pas un décor : c’est un organisme vivant, entretenu quotidiennement mais jamais domestiqué à l’excès. Depuis plus de vingt ans, une équipe de jardiniers et de paysagistes accompagne la croissance du domaine, plante après plante, arbre après arbre, dans une logique de continuité écologique. Hibiscus rouge écarlate, frangipaniers aux fleurs lourdes et parfumées, bosquets de palmiers voyageurs, fan palms aux silhouettes graphiques… La végétation se déploie en scènes successives, tantôt luxuriantes, tantôt largement ouvertes sur la mer.
Le domaine attire une faune remarquable, que l’on observe avec respect : rapaces tournoyant dans les courants ascendants, oiseaux rares des forêts du Sud, varans se frayant un passage dans les sous-bois, singes acrobates s’aventurant parfois jusqu’au bord des piscines privées. Un écosystème complet, préservé, auquel l’hôtel s’adapte avec une humilité assumée. Niché dans une clairière, le jardin aromatique figure parmi les lieux les plus inspirants du resort. Chaque matin, les cuisiniers viennent y cueillir basilics, dont une variété surprenante au goût mentholé, galanga, coriandre, feuilles de citron kaffir, persil thaï, aloe vera et autres herbes sauvages. Ici, la cuisine commence littéralement au jardin.

Une vision écologique
« Ici, l’environnement n’a jamais été une tendance, c’est notre socle », rappelle Brice Borin, directeur général. Tri des déchets dès l’ouverture, circuits courts avec les producteurs locaux, récupération de l’eau de pluie, suppression du jetable, utilisation de produits naturels : l’établissement a développé une organisation pionnière, saluée par les autorités locales et parfaitement cohérente avec les engagements de SLH. L’approche n’est jamais moralisatrice ; elle est intuitive, cohérente, presque culturelle. Une manière de s’ancrer sur l’île en en respectant l’intégrité.
Saveurs du Sud et circuit court
La table occupe une place centrale dans l’expérience Pimalai. Les quatre restaurants se répondent sans jamais se répéter, entre cuisine thaïlandaise traditionnelle, spécialités marines du Sud, influences contemporaines et touches françaises récemment apportées par le nouveau chef pâtissier. Installé les pieds dans le sable, le Rak Talay en est l’adresse la plus emblématique. Poissons pêchés aux aurores, légumes biologiques issus des fermes voisines, herbes cueillies chaque matin dans le jardin aromatique de l’hôtel : ici, la philosophie du circuit court s’applique sans compromis. La soupe d’avocat et de mangue rivalise avec les currys du Sud, tandis que les cocktails exotiques mettent à l’honneur les fruits locaux. Quelques options occidentales (pizzas, burgers…) restent proposées, mais l’essence du lieu demeure résolument thaïlandaise. Parmi les expériences les plus authentiques, les cours de cuisine occupent une place à part : préparation de betel leaf snacks, soupes parfumées au galanga, currys rouges intensément aromatiques… Un dialogue intime entre produits locaux, gestes traditionnels et plaisir de faire soi-même.

Bien-être au cœur de la forêt
Le spa du Pimalai est une expérience à part entière, souvent cité parmi les plus remarquables de Thaïlande. On y accède par des escaliers en bois indigène qui serpentent entre étangs paisibles, passerelles de bambou et pavillons discrètement dissimulés sous les arbres. L’atmosphère enveloppe immédiatement le visiteur : parfums d’huiles infusées aux herbes, chants d’oiseaux, bruissement constant de la jungle. Les thérapeutes, formées aux techniques traditionnelles, incarnent cette douceur profondément thaïlandaise qui fait la renommée du pays. La carte de soins se révèle particulièrement riche, mêlant traditions ancestrales et approches holistiques du bien-être.
Parmi les incontournables : le Pra Kob, massage aux compresses chaudes d’herbes médicinales ; le soin Signature Pimalai, alliance subtile de massage thaï, de techniques ayurvédiques et de plantes aromatiques ; les massages aux pierres de basalte chaudes ; la réflexologie plantaire, ainsi que des soins énergétiques inspirés des anciennes pratiques du sud de la Thaïlande. Le rituel le plus abouti, Touch of Paradise, déploie un parcours de plusieurs heures pensé comme une véritable parenthèse sensorielle : bain de vapeur aux herbes, jacuzzi privé, gommage au sel marin, massage relaxant, séance de réflexologie, avant de conclure par une dégustation de boissons thermales. Un moment suspendu, hors du temps, où le corps et l’esprit retrouvent leur juste rythme.
Nager avec les tortues
Autour de Koh Lanta, la mer décline une palette de bleus presque irréels. Le Pimalai organise des sorties privées pour explorer les îles voisines : snorkeling dans des eaux translucides, rencontres silencieuses avec des tortues paisibles, des bancs de carangues à grosse tête, des coraux et anémones aux couleurs éclatantes. Les îles d’Andaman révèle un monde à part, encore préservé. Les sites, soigneusement choisis, sont souvent accessibles avant l’arrivée des bateaux à la journée. Il en résulte une impression rare : celle de plonger dans un univers vierge, vivant et intact, où chaque immersion devient un souvenir fondateur du voyage.

Following the Giants
À une quinzaine de minutes du Pimalai, niché dans la jungle dense de Koh Lanta, « Following the Giants » propose une expérience éthique d’observation des éléphants, fondée sur le respect absolu de l’animal. Ici, pas de spectacle, pas de promenade sur leur dos, pas d’interaction forcée : seulement une rencontre humble et respectueuse avec des éléphants réhabilités, désormais laissés en totale liberté dans leur environnement naturel.
L’accès se fait par un sentier ombragé, avant de pénétrer dans un vaste sanctuaire où vivent des éléphants d’Asie, guidés uniquement par leur rythme instinctif. Accompagnés d’un ranger expérimenté, les visiteurs progressent à pas lents, au même tempo que les pachydermes qui évoluent en autonomie, s’arrêtant pour se nourrir, se baigner, jouer ou disparaître dans la végétation. La sensation est rare : celle d’être accepté, l’espace d’un instant, dans leur monde, sans intrusion ni mise en scène. Une excursion singulière, en parfaite résonance avec l’esprit du Pimalai et son engagement en faveur de la conservation.
Pimalai Resort and Spa
99 Moo 5 Ba Kan Tiang Beach, Ko Lanta District, Krabi 81150, Thaïlande
+66 75 607 999
https://www.instagram.com/cotesaintjacques_/


