Philippe Shangti, photographe et plasticien connu pour ses femmes-poupées et ses slogans sur les corps, a présenté au Grand Rex The Future 2320, film qu’il décrit comme le premier long-métrage entièrement réalisé avec l’IA. Le créateur de L’Opéra Saint-Tropez parle à LUI de fête, de démesure, d’Eva Longoria et de la peur d’être remplacé par une machine.
L’essentiel
- Philippe Shangti, artiste photographe français, a créé L’Opéra Saint-Tropez, lieu de dîner-spectacle devenu une institution de la Riviera.
- Son film The Future 2320, présenté en avant-première au Grand Rex à Paris, est présenté comme le premier long-métrage au monde réalisé intégralement avec l’intelligence artificielle.
- Il dit avoir conçu ce film en quatre mois, en hommage à son père décédé ; Gérard Lanvin assistait à l’avant-première.
Il y a des artistes qui décorent le monde et ceux qui préfèrent le secouer et l’obliger à se regarder dans le miroir. Philippe Shangti appartient clairement à la deuxième catégorie. Photographe, plasticien, metteur en scène de l’excès, provocateur glamour et créateur d’images immédiatement reconnaissables, il a construit un univers où le luxe flirte avec la satire, où la beauté sert de cheval de Troie à la dénonciation, et où la fête tropézienne devient un laboratoire sociologique. On connaît ses femmes-poupées, ses slogans écrits sur les corps, ses couleurs qui claquent. On connaît aussi L’Opéra Saint-Tropez, ce temple du dîner-spectacle et de la démesure chic, imaginé comme une extension vivante de son univers.
Mais depuis quelque temps, il a décidé de déplacer le terrain de jeu vers les délices de l’IA. Pas comme une coquetterie technologique, mais comme matière première. Un démon, dit-il, qu’il a préféré affronter plutôt que fuir.
Son dernier projet, présenté comme le premier long-métrage au monde réalisé intégralement avec l’IA, l’a conduit jusqu’au Grand Rex. Il y a convoqué le futur, la 3D, les voitures volantes, les dinosaures hybrides, la mort de son père. Et une forme d’espoir presque mystique : le paradis, c’est le futur.
Dans cet entretien, il est question d’art, bien sûr, mais aussi de fête, d’IA, de peur d’être remplacé par une machine, de crises d’angoisse, de Stallone, Eva Longoria, et de cette conviction un peu folle : l’IA ne signe pas forcément la disparition de l’humain. Elle peut aussi, si l’on sait s’en servir, l’obliger à devenir meilleur.
Parcours, souvenirs de LUI et univers Shangti
Reconceptualisons brièvement ton parcours ?…
Je suis un artiste photographe pluridisciplinaire, connu à l’international. Aujourd’hui, je suis aussi réalisateur puisque je viens de réaliser un film présenté comme le premier long-métrage au monde entièrement conçu avec l’intelligence artificielle.
Qu’est-ce que t’inspire le magazine LUI ?
J’ai le souvenir de très belles images qui attisaient ma curiosité. J’ai toujours aimé ce côté à la fois osé mais aussi culturel. LUI, pour moi, c’est un magazine qui a su assumer une forme de provocation, mais avec une élégance. Il y a quelque chose de libre, de raffiné, de glamour.
Comment devient-on un artiste mondialement connu ?
Il est impossible de prévoir qu’on va devenir artiste. J’ai commencé très jeune avec la photographie, mais je me suis réellement découvert artiste à Saint-Tropez. J’avais envie de dénoncer ce que j’appelle le déni de la vie, les fléaux de la société, tout ce que les gens préfèrent cacher sous le tapis. Mes premières œuvres ont été exposées dans une galerie à Saint-Tropez il y a plus d’une quinzaine d’années. La galerie n’existe même plus aujourd’hui, mais elle exposait des noms importants de l’art contemporain. Et très vite, il s’est passé quelque chose d’assez fou : certaines œuvres se vendaient avant même que je les réalise. Des collectionneurs ont commencé à s’intéresser à mon travail, puis des revendeurs d’art. Là, j’ai compris qu’il fallait que je m’applique sérieusement. Je me suis interdit d’arrêter. L’art naît souvent d’un déclic, d’un événement, d’une nécessité intérieure. Ensuite, c’est la société qui décide si oui ou non elle te reconnaît comme artiste. Pour exister vraiment sur le marché de l’art, il faut du temps, une décennie minimum. La validation vient du public, des collectionneurs, du temps.
Es-tu fier de toi ?
Je ne suis jamais totalement satisfait. Quand j’étais gamin, pendant que les autres jouaient au foot, je pouvais rester dans un coin, entre deux arbres, à observer les fourmis pendant des heures. Et comprendre ce qui se passait dans ce micro-monde. Je me posais déjà mille questions existentielles. Le temps a passé, mais les questions sont toujours là. Elles ont simplement pris une autre dimension. Je m’inspire de tout ce qui m’entoure, de ce que je ressens, de la vie réelle.
Tes œuvres sont immédiatement reconnaissables : couleurs saturées, provocation, glamour, second degré… Avec tes mots, comment définirais-tu ton univers ?
L’univers Shangti est délirant, mais structuré. Un titre que j’affectionne particulièrement : “le messager atypique des temps modernes”. J’ose aller sur des terrains sur lesquels beaucoup ont peur d’aller. Dernier exemple en date : mon film réalisé avec l’IA.
Ton art mélange souvent luxe, fête, sensualité et excès. Cherches-tu plutôt à dénoncer cette société ou bien à la célébrer ?
C’est un mélange des deux. Il y a d’abord une célébration de la gloire de la vie. Quand on se retrouve dans ce monde-là, quand on dîne à L’Opéra, quand on a les moyens d’acheter l’une de mes œuvres, c’est qu’on a réussi quelque chose ou qu’on a eu de la chance. C’est un monde très luxueux, dans lequel il n’y a plus de limites. Mais je dénonce aussi ce même monde. Parce que ce monde, qui devrait être merveilleux une fois qu’on l’a atteint, peut devenir terrible. Quand les gens peuvent tout avoir, que veulent-ils vraiment ? Qu’est-ce qui les anime encore ? Parfois, ils font n’importe quoi pour trouver de la distraction, pour ressentir quelque chose. On l’a vu dans certaines affaires récentes…
Eva Longoria, Tony Parker et la cote d’un artiste
Tu as photographié, mis en scène et croisé énormément de célébrités au fil des années. Quelle rencontre t’a le plus marqué humainement ?
Ma première rencontre marquante a été avec Eva Longoria et Tony Parker. Ils ont acheté l’une de mes premières œuvres, et cela m’a donné beaucoup de confiance. C’était un tableau rose, avec des enseignes de Saint-Tropez et un visage de modèle, les cheveux en pétard, comme si elle avait fait la fête dans tous ces lieux. Aux dernières nouvelles, Eva Longoria se réveille encore avec cette œuvre au-dessus de son lit tous les matins. Elle avait été vendue en 2007 à un prix dix fois inférieur à sa valeur actuelle. Ils ont fait la plus belle affaire de leur vie ! Une autre rencontre très marquante, c’est Sylvester Stallone, à L’Opéra Saint-Tropez. J’étais en train de dîner, et il m’a demandé à l’accueil : “J’aimerais voir Philippe Shangti.” Il m’a expliqué qu’il voyait mes tableaux près de chez lui, dans une galerie à Beverly Hills. Qu’il était sensible à mes messages, comme Fuck who doesn’t like this place (traduisez : “Qu’ils aillent se faire foutre, ceux qui n’aiment pas cet endroit”) ou Enjoy your fucking dinner (traduisez : “Profitez de votre putain de dîner”). Il m’a dit que cela lui faisait plaisir de me saluer. C’était touchant. Il a pris le temps de me proposer de m’asseoir avec lui, de faire la causette, d’échanger nos contacts. J’ai aussi eu la chance de travailler avec David Guetta, et beaucoup d’autres personnalités influentes.
Ton œuvre vendue le plus cher ?
Il y a deux ans, j’étais le photographe français vivant le plus coté dans le monde. Aujourd’hui, je suis toujours premier à ma connaissance. L’une de mes œuvres, achetée 30 000 euros par des collectionneurs, a été revendue dix fois sa valeur, soit 300 000 euros, lors d’une vente aux enchères à Monaco. Mais le marché, je m’en fiche, puisqu’il est totalement incontrôlable. Tu peux être extrêmement talentueux et pourtant être tout en bas du marché.

L’Opéra Saint-Tropez, institution de la démesure
Tu es le créateur de L’Opéra Saint-Tropez, devenu au fil des années une véritable institution, un lieu hybride, à la croisée de la gastronomie, de la fête, du spectacle vivant et de la performance artistique…
Je me suis dit : Saint-Tropez n’a pas d’opéra. Alors créons un opéra adapté à Saint-Tropez, à son côté festif, emblématique, iconique, destiné à un gotha international qui fait le tour du monde, connaît les plus grands shows, les plus grands restaurants, les plus grandes fêtes. Il faut être à la hauteur. L’idée était donc de créer un concept hybride, qui mélange plusieurs dimensions : l’exposition de mes œuvres, des spectacles vivants inspirés de ces mêmes œuvres, une vraie restauration, la fête, le tout dans un lieu situé comme un joyau sur le port de Saint-Tropez. Un opéra futuriste.
Ta plus belle soirée à L’Opéra ? Celle dont tu gardes le souvenir le plus ému ?
Il y en a eu beaucoup. Mais la soirée des dix ans a marqué les esprits. Il y avait Akon. J’ai réalisé un shooting en live sur scène, juste avant sa prestation. J’ai partagé avec le public nos settings, nos réglages, nos manières de travailler. Tout ce qu’un photographe cache habituellement.
Tu fais souvent ce genre de live ?
J’accepte le maximum de demandes, parce que je trouve ça génial. Surtout maintenant que je travaille de manière hybride, avec la photographie et l’IA. C’est aussi un moyen de prouver, et de fermer le clapet à tous ceux qui pensent que je ne suis pas talentueux. Ils se rendent compte que ma photo est réelle, qu’elle n’est pas truquée, que le travail existe vraiment.
Et ta soirée la plus folle à L’Opéra ?
L’opening, la toute première ouverture, et les closings de saison. Les closings, c’est toujours particulier. Il y a une forme de décadence, de folie, d’exagération de tous les sens. Tout est en effervescence, parce que les gens se lâchent avant la fermeture de plusieurs mois. Je pense avoir réactivé quelque chose qui existait dans les années un peu folles d’avant, et qui s’était refroidi sur la Côte d’Azur. Beaucoup de restaurants, aujourd’hui, ressemblent un peu à L’Opéra. Au début, cela peut faire peur, mais en réalité, ils n’ont pas nos idées. L’Opéra évolue tous les ans, chaque saison propose une expérience différente. C’est ça, le concept de L’Opéra. Aujourd’hui, nous avons aussi la chance d’avoir Éric Fréchon, un grand chef étoilé, comme chef opérateur principal de L’Opéra.
Dans le film, les méchants sont de faux revendeurs d’art qui essayent de voler tes œuvres.
Exactement. Et ces méchants existent vraiment dans la vraie vie. Tout ce que vous voyez dans le film, je l’ai vécu, même si le film relève de la science-fiction et sort des codes classiques du cinéma.
L’IA, The Future 2320 et l’avant-première au Grand Rex
Il n’y a pas que ton film qui a été réalisé avec l’IA. Toutes tes œuvres exposées à L’Opéra Saint-Tropez sont désormais réalisées ainsi.
Quand j’ai dénoncé le fléau de la cocaïne, je n’avais jamais touché à cette drogue, et je n’y toucherai jamais. Mais avec l’IA, c’est différent. Ce n’est pas un sujet dangereux pour la santé, ce n’est pas un fléau au sens classique. C’est plutôt un déni collectif. J’ai commencé à utiliser l’IA en cachette, parce que c’était tabou. Et je me suis rendu compte que beaucoup d’artistes, de photographes, de cinéastes faisaient pareil, tout en niant l’utiliser. Même à Hollywood. Aujourd’hui, il y a de l’IA partout. On dit : “Attention, le démon arrive”, mais en même temps, tout le monde s’en sert. À quoi joue-t-on ? Pour mon film, j’ai généré plus de 140 000 images, environ 45 000 prompts. C’est du délire. J’ai exploré toutes les limites de l’IA, jusqu’à la 3D, jusqu’à lui faire générer de la 3D. On est sur quelque chose qui n’avait jamais été fait auparavant. Absolument tout a été fait en IA. Beaucoup de gens critiquent l’IA alors qu’ils ont seulement envoyé trois prompts à ChatGPT. Les IA ne sont pas là pour enlever l’humanité mais peuvent au contraire la rendre meilleure; nous donner plus de temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée.
La semaine dernière, ton film a été présenté en avant-première au Grand Rex, comme le tout premier long-métrage réalisé intégralement avec l’intelligence artificielle. Comment t’est venue cette idée complètement folle ?
Au départ, c’est arrivé par accident. Pour promouvoir ma nouvelle collection de photos en IA, j’ai décidé de faire un teaser en IA, simplement pour m’aventurer dans la vidéo. Puis mon père est décédé. Et j’ai voulu lui rendre hommage, le faire revivre dans ce teaser. Quand j’ai montré le teaser à ma mère, j’ai vu l’émotion que cela créait. Je me suis alors engagé à ce qu’elle puisse voir papa au cinéma, sur grand écran, dans une vraie salle. Je me suis mis une pression énorme, enfermé pendant quatre mois pour transformer ce teaser en film. J’y ai ajouté une narration, des faits réels, l’hommage à mon père, et une immersion complète dans mon univers.
Penses-tu que l’IA pourra un jour nous rendre immortels ?
L’IA permettra de comprendre les processus de l’immortalité. Aujourd’hui, les ordinateurs freinent encore le progrès. Mais avec l’arrivée des ordinateurs quantiques l’IA amènera l’humanité à son sommet. Il y a six ans, je n’aurais jamais imaginé qu’une machine serait capable de faire presque tout à ma place. Et pourtant, c’est arrivé. L’évolution est exponentielle. Donc on ne peut même pas imaginer ce dont l’IA sera capable dans six ans. J’ai le sentiment d’être face au plus grand tournant civilisationnel de l’Histoire de l’humanité. Et ça, la plupart des gens ne le comprennent pas encore. On parle déjà de robots domestiques que l’on pourra louer, entraîner, utiliser. Et quand l’IA sera vraiment associée à des serveurs quantiques, on entrera dans quelque chose qui n’a plus les mêmes limites. L’humain ne veut pas encore activer pleinement ce sujet, parce qu’il serait incapable de le maîtriser. Pour l’instant, c’est peut-être mieux ainsi. (rires)

Pour revenir à ton film : il se déroule en l’an 2320. Comment imagines-tu cette époque ?
Je l’imagine positivement par rapport aux nouvelles technologies. Mais je l’imagine aussi plus inquiétante par rapport à l’évolution de l’humain. J’imagine des voitures volantes et le retour des dinosaures. Aujourd’hui, l’idée de leur redonner vie revient sérieusement sur la table. C’est une obsession qui traverse l’imaginaire collectif depuis longtemps, mais qui pourrait prendre une forme plus concrète. On ne parle pas forcément de ressusciter des dinosaures tels qu’ils ont existé, mais plutôt de créer des formes hybrides.
Quelles ont été les réactions du public après l’avant-première ?
Les réactions ont été très positives, et cela m’a agréablement surpris. J’avais peur d’être pris dans une polémique, que cela flingue ma carrière. Certains auraient pu penser que j’étais un imposteur. Certaines personnes influentes du cinéma se sont excusées de ne pas être présentes à l’avant-première, sans trop donner de détails. Je pense qu’elles m’apprécient, mais qu’elles ne savaient pas comment se lier publiquement à un événement autour de l’IA tout en continuant à travailler sur des tournages traditionnels.
Étaient tout de même présentes des figures emblématiques du cinéma français, notamment Gérard Lanvin.
Oui. Il a trouvé le film extraordinaire, impressionnant. Il a été touché par l’hommage à mon père, et il m’a encouragé à continuer. Cela m’a beaucoup touché.
Concrètement, comment réalise-t-on un film 100 % IA aujourd’hui ? À quoi ressemble le processus créatif, à part s’enfermer pendant quatre mois et générer des milliers de prompts ?
Il faut d’abord avoir des idées claires et être extrêmement concentré. Il faut une sacrée hygiène de vie. Si tu n’as pas les idées, les IA ne feront rien. C’est toi la locomotive. Je n’avais pas tout préparé à l’avance. Chaque matin, je faisais mes petits storyboards, mes petits dialogues “aujourd’hui, je travaille sur telle scène.” J’avançais au jour le jour. J’aurais pu être enfermé en prison, cela aurait presque été la même chose. J’étais chez moi, dans un certain confort, mais je me suis créé un inconfort total à cause de l’intensité du travail. Parler à une machine avec des codes, pendant des journées entières, c’est difficile. Faire des petits épisodes en IA, c’est une chose. Faire un film entier, c’en est une autre. Le coût total est resté juste en dessous de 100 000 euros.
Ce qui reste une somme, mais qui paraît dérisoire comparé à un film traditionnel avec effets spéciaux, explosions, 3D…
Bien sûr, cela reste de l’argent. Mais pour réaliser un film comparable en traditionnel, il aurait effectivement fallu investir plusieurs millions d’euros.
Hormis cette première mondiale que tu revendiques avec ton film, quel est le plus grand fantasme artistique que tu rêves encore d’accomplir ?
J’aimerais faire un shooting dans les airs, à la Shangti. Être suspendu. Un shooting aérien, ça pourrait être un beau délire.
Le secret d’une photo réussie selon Philippe Shangti
Quel est le secret d’une photo réussie à coup sûr ?
Le secret, c’est de connaître sa priorité avant de prendre l’appareil photo. Il faut comprendre les inconvénients et les points forts de l’environnement. Si tu es en sous-sol, sans lumière, comment fais-tu ? Quels réglages acceptes-tu de sacrifier ? Sur un appareil photo, il y a ce réglage triangulaire : ouverture, vitesse, ISO. Chaque choix implique un sacrifice. Si tu augmentes les ISO pour gagner de la lumière, tu perds en qualité. Si tu veux du flou, tu ne règles pas comme si tu voulais que tout soit net. Il faut savoir ce que tu veux obtenir avant de déclencher. Une fois que ta priorité est définie, tu règles ton appareil en fonction Le reste devient secondaire, ou en tout cas moins impactant. Et c’est valable aussi avec l’IA. Avant de toucher le clavier, il faut savoir ce que l’on veut. Sinon, on peut faire des choses jolies par expérimentation, mais cela ne deviendra jamais une identité. Mon identité artistique vient de cette mise en priorité récurrente. Je sais ce que je cherche. C’est pour cela que l’on reconnaît mon univers.
Propos recueillis par Charlotte Florentin. Œuvres © Philippe Shangti.


