Il y a des décisions qui changent le cours d’une industrie, et puis il y a celles qui transforment une ville en capitale incontestée d’un univers tout entier : l’organisation Miss Univers, après des années de navigation entre les continents, les propriétaires et les polémiques, vient d’annoncer qu’elle délocaliserait ses bureaux à Paris dans les prochains mois, faisant de la capitale française le nouveau centre de commandement mondial du concours de beauté le plus regardé de la planète. La nouvelle, dévoilée mi-août 2026, intervient alors que le comité Miss France a officiellement annoncé son retrait du concours international, créant une situation inédite où la France, traditionnellement absente des instances dirigeantes de Miss Univers, se retrouve propulsée au cœur du dispositif, avec un comité Miss Univers France indépendant, concurrent de la société historique Miss France, et une promesse qui a de quoi faire rêver les amateurs de paillettes : faire de Paris la capitale mondiale de la beauté, après en avoir fait, depuis plus d’un siècle, la capitale mondiale de la mode.
Le projet, porté par l’homme d’affaires mexicain Raúl Rocha Cantú, coprésident de l’organisation Miss Univers, et confié à Inès Ligron, ancienne présidente du comité Miss Univers Japan pendant quinze ans, vise à installer les bureaux de Miss Univers dans un « bel immeuble spacieux, idéalement bien situé dans Paris », avec une équipe prête d’ici la fin de l’année 2026. « Le propriétaire a décidé que la base de Miss Univers, le centre du monde en quelque sorte, allait être Paris », a déclaré Inès Ligron à Paris Match, ajoutant que Raúl Rocha Cantú, bien que mexicain, « n’a pas envie que ce soit au Mexique, il veut que Miss Univers soit basé en Europe, dans la capitale de la mode ». Une formulation qui en dit long sur la manière dont Paris est perçu, non seulement comme une ville de luxe et de glamour, mais comme un symbole, une marque, une idée qui dépasse les frontières et les nationalités.
Miss Univers Paris 2026 : Inès Ligron et le nouveau comité Miss Univers France
Inès Ligron n’est pas un choix anodin. Pendant quinze ans, elle a dirigé le comité Miss Univers Japan, menant le pays jusqu’à la victoire de Riyo Mori, sacrée Miss Univers 2007, et elle arrive à Paris avec une expérience, un réseau et cette capacité à transformer un concours de beauté en une plateforme de visibilité internationale. Sa mission : lancer les bureaux parisiens de Miss Univers, créer un comité Miss Univers France indépendant, et organiser l’élection d’une candidate française qui représentera le pays lors de la prochaine édition du concours, prévue le 24 novembre 2026 à Porto Rico, au José Miguel Agrelot Coliseum de San Juan.
Le comité Miss Univers France, distinct de la société Miss France, a déjà lancé un appel à candidatures, avec plus de 1.000 femmes inscrites en quelques jours, preuve que le projet, malgré les polémiques récentes entourant l’organisation internationale, continue de susciter l’intérêt. La gagnante de Miss Univers France recevra une dotation « à la hauteur du titre », de 50.000 euros, un an de règne rémunéré, une résidence à Paris, une voiture (une Mercedes-Benz Classe C), une garde-robe « digne d’une reine », ainsi qu’un voyage pour deux pour Porto Rico et la prochaine élection de Miss Univers. Un package qui, s’il ne suffit pas à éclipser les millions de dollars générés par le concours à l’échelle mondiale, témoigne de l’ambition du nouveau comité : faire de Miss Univers France un titre prestigieux, rémunérateur, avec tous les attributs du pouvoir et du glamour qui accompagnent traditionnellement les couronnes de beauté.
La situation est d’autant plus complexe que le comité Miss France, dirigé par Sylvie Tellier, a officiellement annoncé son retrait du concours Miss Univers 2026, suite aux polémiques ayant entouré l’édition 2025, notamment des questions sur la transparence du processus de sélection et la gestion des candidates. « La France a répondu à l’appel. Plus de 1.000 femmes se sont officiellement inscrites pour tenter de représenter la France à Miss Universe », a annoncé l’organisation internationale sur Instagram, précisant que, avec ou sans l’aide du comité Miss France, il y aurait bien une candidate française en lice lors de la prochaine édition. Une manière de dire que Miss Univers n’a pas besoin de Miss France pour exister, et que la France, même sans son comité historique, restera présente sur le podium international.
Paris capitale mondiale de la beauté : après la mode, le glamour
Le choix de Paris comme nouvelle base de Miss Univers n’a rien d’anodin. La ville, déjà reconnue comme la capitale mondiale de la mode, avec ses Fashion Weeks, ses maisons de couture, ses sièges sociaux de LVMH et Kering, et cette concentration unique de luxe et de savoir-faire, devient ainsi le centre de commandement d’un autre univers du glamour : celui des concours de beauté, des paillettes, des couronnes et de cette idée que la beauté, comme la mode, peut être une industrie, un spectacle, un récit.
Paris, après avoir accueilli le plus grand temple de K-Beauty d’Europe sur les Champs-Élysées en juillet 2026, avec l’ouverture du concept store MOIDA sur 466 m², confirme ainsi sa position de capitale mondiale de la beauté, avec une concentration unique de marques, de boutiques, de showrooms et d’événements qui transforment la ville en une vitrine permanente du glamour international. La K-Beauty, la mode, le luxe, les concours de beauté : tous ces univers, traditionnellement séparés, convergent désormais vers Paris, faisant de la ville un carrefour unique où se croisent les tendances, les marques, les influenceurs et cette idée que la beauté, comme la mode, est un langage universel.
Le projet Miss Univers à Paris s’inscrit également dans une tendance plus large, qui voit les organisations internationales de beauté chercher à se réinventer, à se professionnaliser, à se transformer en plateformes de visibilité et d’influence, plutôt qu’en simples concours de charme. Inès Ligron, avec son expérience au Japon, sait que Miss Univers peut être plus qu’une couronne : c’est une opportunité de carrière, une plateforme de visibilité, un tremplin vers d’autres univers, de la télévision à la mode, en passant par les réseaux sociaux et les partenariats commerciaux.
Reste la question de la légitimité du nouveau comité Miss Univers France, face à la société historique Miss France, qui organise le concours depuis des décennies et qui a bâti une marque, un réseau, une reconnaissance qui ne se construisent pas en quelques mois. Le comité Miss France, en se retirant de Miss Univers 2026, a clairement indiqué qu’il souhaitait observer les évolutions du concours international avant de décider d’un éventuel retour en 2027, mais la création d’un comité concurrent, avec le soutien direct de l’organisation internationale, change la donne : il y aura bien une Miss Univers France en 2026, même si elle n’est pas issue du comité historique.
Et si l’on cherche une morale à cette histoire, on ne la trouvera pas dans les détails des dotations, ni dans les noms des candidates, ni dans les dates des élections, mais dans cette idée que Paris, après avoir conquis la mode, le luxe et la K-Beauty, s’apprête à devenir la capitale mondiale de la beauté, avec Miss Univers comme nouveau fleuron de cette couronne déjà bien garnie. Le projet, porté par Inès Ligron et Raúl Rocha Cantú, vise à faire de Paris le centre du monde de la beauté, avec des bureaux, un comité, une candidate et cette ambition presque démesurée de transformer une ville en une marque, en une idée, en un symbole. Miss Univers délocalisé à Paris ? Après la mode, Paris pourrait bien devenir la capitale mondiale de la beauté, avec tout ce que cela implique de paillettes, de glamour, de polémiques et de cette sensation que, parfois, les villes les plus établies sont aussi celles qui ont le plus à gagner en se réinventant.


