On croyait avoir tout vu en matière de restaurants chinois à Paris. C’était compter sans Baobar Faubourg, nouvelle adresse de Panda Panda Group, où les petites brioches vapeur prennent des airs de stars et où le décor mérite presque autant d’applaudissements que l’assiette. Une Chine contemporaine, gourmande et franchement réjouissante.
Par Ulysse Flowen

À deux pas des Grands Boulevards, cette nouvelle adresse richement décoréedu groupe Panda Panda, déjà bien connu des amateurs de cuisine chinoise décomplexée, nous entraîne dans un univers rouge orangé, sensuel et délicieusement théâtral. On entre, on regarde autour de soi et l’on se dit que, décidément, le restaurant chinois du coin a beaucoup changé.
Il faut dire que l’architecte Régis Botta n’a pas fait les choses à moitié. Une succession d’arches monumentales, des miroirs qui jouent avec les perspectives, du laiton doré, des lumières chaudes et enveloppantes… Le résultat évoque une grotte futuriste dans laquelle un empereur chinois un peu branché aurait décidé d’ouvrir son salon privé. C’est spectaculaire sans être intimidant, sophistiqué sans tomber dans le tape-à-l’œil. Un petit exploit, à une époque où certains restaurants semblent davantage conçus pour Instagram que pour leurs clients.


Mais passons aux choses sérieuses. Car derrière ce décor très photogénique, il y a une cuisine qui ne se contente pas de faire de la figuration. Les stars de la maison, ce sont évidemment les baos, ces petits pains moelleux cuits à la vapeur, véritables coussins de gourmandise. La version à la crevette, accompagnée d’une sauce tartare aux pousses de bambou, apporte une touche d’originalité bienvenue. Les Milk Bun, plus briochés, se déclinent notamment au porc Char Siu, généreux et terriblement tentant. Voilà le genre de petites choses qu’on commande pour partager et qu’on finit par défendre jalousement.


Autre curiosité réjouissante, le Rou Jia Mo, spécialité de street food originaire du Shaanxi, sorte de sandwich chinois qui rappelle que le hamburger n’a pas le monopole du bonheur entre deux morceaux de pain. On pioche aussi dans les dim sum, les dumplings, les nouilles et les petites brochettes à partager. Une cuisine conviviale, pleine de saveurs, qui donne envie de multiplier les commandes plutôt que de s’en tenir sagement à son assiette


Côté boissons, les cocktails de la maison Cravan côtoient des créations autour des thés de Parti du Thé. Une association plutôt maligne, qui change agréablement de l’éternelle bière accompagnant les raviolis vapeur. Et pour terminer, un Sunday Ice Cream Bao joue les desserts régressifs. Après tout, pourquoi réserver les brioches au salé.

On apprécie aussi le grand comptoir en laiton derrière lequel s’affairent les cuisiniers. Le spectacle est là, vivant, à portée de regard. Les banquettes invitent à prolonger la soirée, tandis que la grande table d’hôtes rappelle que la cuisine chinoise est avant tout une affaire de partage.

Au final, Baobar Faubourg réussit son pari : proposer une cuisine chinoise moderne sans renier ses racines, dans un décor qui a de la personnalité et sans cette prétention qui gâche parfois les plus belles adresses parisiennes. On y vient par curiosité, on a toutes les raisons d’y revenir par gourmandise. Et c’est encore la meilleure des publicités.
Baobar Faubourg, 3, rue de la Grange-Batelière, 75009 Paris, 01 42 28 39 92. Ouvert tous les jours de 12 h à 14 h 30 et de 19 h à 22 h 15


