Jean-Paul Dubois, prix Goncourt 2019, publie « Chacun » aux Éditions de l’Olivier. Son nouveau roman suit Paul Weiss-Melville, cardiologue de 56 ans, qui attend le retour de sa femme Rose, disparue depuis deux ans. Portrait d’un écrivain qui sait faire rire au bord du gouffre, et lecture d’un livre où la mécanique soigne ce que la médecine ne guérit pas.
L’essentiel
- « Chacun », de Jean-Paul Dubois, est paru le 2 octobre 2026 aux Éditions de l’Olivier (256 pages, 21 euros).
- Le narrateur, Paul Weiss-Melville, cardiologue de 56 ans, vit dans l’attente de sa femme Rose, disparue deux ans plus tôt, dont il reçoit des lettres venues d’Asie.
- Jean-Paul Dubois a reçu le prix Goncourt en 2019 pour « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon ».
Un 1er janvier chez un cardiologue qui n’a plus personne à soigner
Le roman s’ouvre le 1er janvier 2026, jour de résolutions que Paul Weiss-Melville n’a pas prises. D’après franceinfo, il habite la maison familiale de Toulouse, peuplée des fantômes de ses parents, William et Lise, et de l’absence de Rose. Un médecin du cœur dont le propre cœur fait l’objet d’une instruction : Dubois n’a jamais détesté les ironies de situation.
Rose, elle, a disparu deux ans plus tôt. Selon Livres Hebdo, Paul reçoit ensuite des lettres signées de sa main, l’une du Japon, l’autre de Chine, qui le poussent à partir à sa recherche malgré un monde qui s’agite. On ignore, et c’est tout l’intérêt, si elles sont vraiment d’elle.
L’éditeur n’a pas lésiné sur la mise : toujours selon Livres Hebdo, le tirage initial est de 45 000 exemplaires, pour un livre de 256 pages vendu 21 euros. Une confiance de maison qui fait sourire quand on songe que le héros, lui, n’a confiance en rien.

Les moteurs, les mots et les morts : la méthode Dubois
Le titre de l’article de franceinfo résume la manière : « les fantômes, les moteurs et la beauté des mots ». Le père de Paul, William, ancien sociologue devenu mécanicien, a légué à ses enfants un atelier et un rapport à la matière. Sa fille Chloé, analyste financière, fait tourner l’affaire. Chez Dubois, on se console avec les mains autant qu’avec la tête.
Le style, lui, fait son numéro de virtuose. Le même article relève un vocabulaire qui va des « extrasystoles » aux « névroptères » et aux « pétaflops », comme si l’écrivain tenait un herbier du savoir et en collait une page à chaque chapitre. L’ironie tempère la mélancolie, jamais l’inverse, et c’est sans doute pour cela que le deuil reste lisible.
Pour le fracas du monde, le site We Culte parle d’un roman qui fait « cohabiter l’intime le plus enfoui et le fracas planétaire ». Dubois met en effet son veuf en face d’un siècle qui s’énerve, avec des frères et sœurs qui ne s’entendent plus, dont un jumeau, Lothar, que la langue appauvrie de ses certitudes désespère.
Comment Jean-Paul Dubois a écrit « Chacun » : ce que l’on sait, ce que l’on ignore
Le Monde a publié le 17 octobre 2026 un article intitulé « Comment Jean-Paul Dubois a écrit « Chacun », son nouveau roman ». Cette page, réservée à ses abonnés, n’a pas pu être consultée par notre rédaction : nous ne rapporterons donc aucune confidence de l’auteur qui n’ait été lue ailleurs.
Ce que les lectures ouvertes permettent d’affirmer tient dans le livre lui-même. Il y a un goût pour les listes savantes, un art de la formule, et une architecture de voyage : plusieurs sources évoquent une route à moto entre Toulouse et Barcelone, au moment où la guerre menace. Dubois écrit le déplacement comme d’autres écrivent la psychologie.
On retrouve aussi, en filigrane, une constante de son œuvre : la tendresse pour les gens ordinaires, ceux qui ont un métier, un atelier, un disque préféré. Lou Reed et Stevie Wonder, cités dans le résumé de l’éditeur relayé par L’Éclaireur Fnac, tiennent ici lieu de famille de substitution.
Un Goncourt qui n’a rien perdu de son ironie
L’Éclaireur Fnac rappelle que Jean-Paul Dubois a obtenu le prix Goncourt en 2019 pour « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon ». Sept ans plus tard, il revient avec un livre plus mobile et plus drôle, qui prouve qu’on peut porter une couronne sans la rendre pesante.
La rentrée littéraire a ses codes, ses listes et ses polémiques. LUI a suivi la sélection du Goncourt 2026 et salué un cru de qualité chez Jaenada. « Chacun » ne cherche pas la bagarre : il propose un veuf, des disques, des moteurs, et laisse à chacun le soin d’y reconnaître ses propres disparus.

FAQ
De quoi parle « Chacun » de Jean-Paul Dubois ?
Le roman suit Paul Weiss-Melville, cardiologue de 56 ans, dont la femme Rose a disparu deux ans plus tôt. Il vit à Toulouse avec ses souvenirs, reçoit des lettres signées de Rose venues d’Asie et se met en route pour la retrouver, entre conflits familiaux et monde en crise.
Quand paraît « Chacun » et chez quel éditeur ?
« Chacun » est paru le 2 octobre 2026 aux Éditions de l’Olivier. Selon Livres Hebdo, le livre compte 256 pages, se vend 21 euros et bénéficie d’un tirage initial de 45 000 exemplaires.
Jean-Paul Dubois a-t-il reçu le prix Goncourt ?
Oui. Jean-Paul Dubois a remporté le prix Goncourt en 2019 pour « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon », comme le rappellent L’Éclaireur Fnac et Livres Hebdo.
Que dit la presse de « Chacun » ?
Les critiques consultées sont plutôt favorables. Franceinfo salue les fantômes, les moteurs et la beauté des mots, et We Culte attribue quatre étoiles au roman. Les avis ne sont pas unanimes, certains blogs lui reprochant un manque d’invention.


