Les Cimes Bleues, la nouvelle adresse qui réinvente l’art de vivre à La Baule

Il y a des lieux qui se découvrent. D’autres qui se ressentent. Les Cimes Bleues appartiennent indéniablement à cette seconde catégorie. C’est à l’occasion de leur inauguration que j’ai découvert cette nouvelle adresse bauloise, première réalisation de La French Collection, la marque hôtelière imaginée par le Groupe Giboire. François Giboire, codirecteur général du Groupe et représentant de la quatrième génération de cette entreprise familiale. Avec Olivier Biancarelli, il a imaginé La French Collection comme une marque hôtelière célébrant un art de vivre à la française, où chaque établissement est conçu comme une destination à part entière, profondément inspirée par son territoire plutôt que par des standards internationaux.

Par Audrey Férin

La soirée d’inauguration marquait le lancement d’une vision nouvelle de l’hospitalité : celle d’un hôtel pensé comme un véritable lieu de vie, où les voyageurs croisent les habitants de La Baule autour d’un dîner, d’un cocktail ou d’un moment de détente au spa. Une maison contemporaine qui revendique son ancrage local autant que son élégance.

En quittant Paris quelques heures plus tôt, je savais que je venais découvrir un nouvel hôtel. Je ne m’attendais pas à retrouver une destination qui semble aujourd’hui écrire un nouveau chapitre de son histoire. Car La Baule ne se résume plus uniquement à sa mythique plage. Elle retrouve une énergie nouvelle, portée par une génération d’entrepreneurs, d’architectes, de chefs et de créateurs qui réinventent son art de vivre sans jamais trahir son héritage. C’est précisément cette ambition qui anime Les Cimes Bleues.

Quelques minutes suffisent pour quitter le tumulte de la gare et rejoindre les grandes avenues bordées de pins maritimes. La lumière change. L’air devient plus iodé. Les silhouettes élégantes des villas historiques apparaissent derrière leurs jardins soigneusement entretenus. Cette atmosphère si particulière, mélange de douceur atlantique et de raffinement balnéaire, accompagne naturellement les premiers pas vers l’hôtel.

L’architecture attire immédiatement le regard. Imaginé par l’agence bauloise Bureau Gimbert Comy, le bâtiment semble accompagner le mouvement de la baie. Les sept étages dessinent une succession de courbes douces, prolongées par des balcons ouverts sur les cimes des pins et l’océan. Rien n’est figé. Tout évoque le mouvement permanent de la mer et cette sensation de fluidité qui caractérise les paysages atlantiques.

Mais c’est en franchissant les portes que la magie opère véritablement. Le vaste lobby baigné de lumière s’organise autour d’un spectaculaire atrium végétalisé. Les parfums de plantes aromatiques, de bois et de feuillage composent une signature olfactive discrète qui accompagne immédiatement la visite. Au-dessus des visiteurs flotte un monumental lustre inspiré des bouées d’amarrage, tandis que les sculptures en osier, les appliques ondulées imaginées par François Bazin et les matières naturelles rappellent avec subtilité l’univers marin et les traditions nautiques de La Baule.

Le regard s’attarde ensuite sur une multitude de détails. Les tables basses mêlent pierre naturelle, bronze et pâte de verre. Les canapés réalisés sur mesure sont habillés des tissus Pierre Frey et Élitis, tandis que les colonnes gainées de cuir rendent hommage à l’esprit sellier du prestigieux Jumping International de La Baule. Rien n’a été laissé au hasard. Ici, chaque matière raconte un fragment de l’identité bauloise.

Impossible alors de ne pas évoquer Dorothée Delaye, à qui l’on doit toute l’âme de cette adresse. Figure incontournable de la décoration contemporaine française, l’architecte d’intérieur partage aujourd’hui son activité entre Paris, Marseille et les rivages du Sud-Ouest. Son univers, nourri par la nature, les paysages maritimes et le mouvement permanent des éléments, s’exprime ici avec une rare justesse. Habituée à signer des résidences privées, des hôtels et des restaurants de prestige, elle ne s’est pas contentée d’imaginer un décor. Elle a créé une émotion.

Son ambition était claire : faire des Cimes Bleues une véritable « fenêtre sur l’Atlantique », un trait d’union entre la terre et la mer. Les courbes rappellent le dessin des vagues, les fibres naturelles évoquent les dunes, les nuances de bleu dialoguent avec celles de l’océan tandis que les verts prolongent les pins maritimes visibles depuis chaque fenêtre. Cette harmonie est partout, mais ne cherche jamais à s’imposer. Elle s’installe avec délicatesse, presque silencieusement. C’est sans doute là que réside toute la réussite de son travail.

Cette même cohérence se retrouve jusque dans les chambres. Les 101 clés rendent hommage aux grands rendez-vous sportifs qui participent depuis toujours à la renommée de La Baule. Les têtes de lit graphiques, les teintes bleu Atlantique, vert Wimbledon ou orange terre battue, le mobilier dessiné sur mesure, les références discrètes au golf, au tennis ou à l’équitation composent un univers à la fois chic et décontracté. Depuis mon balcon, le regard se perd entre les villas historiques, les pins maritimes et l’océan, comme si le paysage faisait naturellement partie de la décoration.

Nous sommes particulièrement bien accueillis par le directeur, Bastien Hervé. À la tête des Cimes Bleues, il apporte une solide expertise de l’hôtellerie de prestige. Ancien directeur du mythique Hôtel Barrière Le Normandy à Deauville, il met aujourd’hui cette expérience au service d’une adresse qu’il souhaite faire vivre toute l’année, en cultivant une hospitalité chaleureuse et profondément ancrée dans l’identité bauloise.

Il a coutume de dire que : « Les Cimes Bleues a été imaginée comme une maison bauloise contemporaine, ouverte toute l’année, où l’on vient autant pour séjourner que pour se retrouver, partager un repas, profiter du spa ou simplement vivre La Baule autrement. »

Revenons à la belle soirée d’inauguration; les invités prennent possession des lieux. Certains découvrent le bar, d’autres échangent autour de l’atrium, tandis que les équipes racontent avec enthousiasme la naissance de cette nouvelle adresse. Très vite, on comprend que Les Cimes Bleues ne cherchent pas à impressionner par le spectaculaire. Leur force réside ailleurs : dans cette capacité à faire oublier que l’on séjourne dans un hôtel.

On a plutôt le sentiment d’être reçu dans une grande maison bauloise contemporaine, où l’élégance s’exprime sans ostentation et où chaque détail semble avoir été pensé pour créer des souvenirs plutôt que des effets.En quittant le lobby ce premier soir, une certitude s’impose déjà. Les Cimes Bleues ne sont pas simplement un nouvel établissement quatre étoiles.

Ils incarnent une nouvelle manière de vivre La Baule. Une adresse profondément enracinée dans son territoire, qui célèbre son patrimoine, son architecture, sa gastronomie et son art de vivre avec une élégance rare. Une promesse que j’avais hâte de découvrir davantage dès le lendemain, en partant explorer cette côte atlantique qui inspire si profondément l’âme des lieux.

La Baule, entre terre et océan

Au réveil, les premiers rayons du soleil traversent les pins maritimes qui entourent Les Cimes Bleues. Depuis mon balcon, le regard se perd entre les villas historiques et les cimes verdoyantes, tandis qu’au loin, l’Atlantique commence déjà à scintiller. On comprend alors pourquoi Dorothée Delaye a imaginé cet hôtel comme une « fenêtre sur l’océan » : ici, le paysage fait partie intégrante de l’expérience. Mais pour comprendre véritablement Les Cimes Bleues, il faut quitter quelques instants le confort de l’hôtel et partir à la découverte de son environnement. La Baule se découvre à son rythme.

Loin de l’agitation des grandes stations balnéaires, la ville invite à ralentir. Les vélos mis à disposition par l’hôtel deviennent rapidement le meilleur moyen d’explorer cette destination où tout semble pensé pour circuler au grand air. Notre balade nous conduit jusqu’au Pouliguen. Le parcours longe la baie, traverse les quartiers résidentiels bordés de majestueuses villas Belle Époque et serpente sous les pins maritimes dont le parfum accompagne chacun de nos coups de pédale. Cette nature omniprésente n’est pas un hasard. À la fin du XIXᵉ siècle, ces arbres furent plantés pour fixer les dunes et façonner le paysage que l’on admire encore aujourd’hui. Ils sont devenus, au fil des décennies, l’une des signatures de La Baule. Au détour des avenues, l’architecture raconte elle aussi l’histoire de la station. Des influences anglo-normandes aux villas Art déco, près de 6 000 demeures composent aujourd’hui ce patrimoine exceptionnel. Chaque façade semble raconter un été, une époque, une famille venue chercher ici ce mélange unique d’élégance et de douceur de vivre.

Quelques heures plus tard, changement complet de décor. Nous embarquons à bord d’un bateau en direction de l’île des Évens, petit archipel sauvage situé au large de La Baule. À mesure que l’on s’éloigne du rivage, la baie révèle toute sa majesté. Les neuf kilomètres de plage dessinent un immense croissant de sable blond, tandis que la ville semble disparaître derrière les pins. Le vent transporte les embruns, les mouettes accompagnent notre traversée et le temps paraît suspendu. L’arrivée sur l’île est presque irréelle.Quelques rochers sculptés par les marées, une végétation rase, le bruit des vagues… Rien d’autre.

Cette parenthèse sauvage contraste avec l’élégance de la station balnéaire et rappelle que la côte Atlantique conserve encore des trésors préservés, accessibles seulement par la mer. En revenant vers le continent, une évidence s’impose : Les Cimes Bleues n’invitent pas simplement à séjourner à La Baule. Ils donnent envie de la vivre. Cette immersion se poursuit naturellement à La Cabane Bauloise, le restaurant de plage de l’hôtel.

Installée face à l’Atlantique, cette adresse est bien plus qu’une simple paillote. Imaginée par l’architecte Valentin Caro, elle revisite l’esprit des anciens clubs de plage baulois avec beaucoup de modernité. Les rayures emblématiques de la station habillent les colonnes et le comptoir, tandis qu’un immense voile décoré de coraux, de poissons et d’hippocampes, réalisé avec la maison Pierre Frey, enveloppe la salle d’une atmosphère à la fois raffinée et décontractée.

La terrasse, suspendue au-dessus de la plage, est sans doute l’une des plus belles de la baie. Installés face à l’océan, on laisse le regard suivre les voiliers qui glissent au large pendant que les vagues rythment doucement le déjeuner. En cuisine, la cheffe Ker Astou, passée notamment par les cuisines de Thierry Marx, célèbre les produits du littoral avec une cuisine sincère et généreuse. Huîtres de la presqu’île de Guérande, poissons grillés, homard breton, légumes des maraîchers locaux ou encore tapas à partager composent une carte qui fait la part belle au terroir.

Ce déjeuner résume finalement tout l’esprit des Cimes Bleues. Celui d’un luxe qui ne cherche jamais à impressionner mais qui privilégie l’authenticité, la convivialité et la beauté des choses simples. Lorsque le soleil commence à décliner sur la baie, je réalise que cette journée n’aura pas été une succession d’activités.Elle aura surtout été une immersion dans cet art de vivre baulois que Les Cimes Bleues célèbrent avec beaucoup de justesse.

L’élégance d’un nouvel art de vivre

De retour à l’hôtel, la soirée se poursuit autour de Scapa, la table italienne des Cimes Bleues.

Dès l’entrée, le décor transporte les convives dans une Italie élégante et intemporelle. Inspiré de l’univers de l’architecte et designer Carlo Scarpa, le restaurant joue sur les tonalités terracotta, les lignes géométriques, les banquettes habillées de tissus Dedar et Pierre Frey, tandis que les vieux vinyles, les photographies de Dalida et les cartes postales vintage insufflent une délicieuse nostalgie des années 1970.

Cette atmosphère chaleureuse trouve un écho dans l’assiette. La cuisine réussit une rencontre particulièrement séduisante entre l’Italie et la Loire-Atlantique. Les légumes des maraîchers nantais, le bar sauvage du Croisic ou encore la fleur de sel de Guérande dialoguent avec les antipasti, les pâtes fraîches, les pizzas et les crudos dans une interprétation raffinée de la gastronomie italienne.

Le lendemain, j’ai fait un massage sur mesure qui m’a tellement détendue et j’ai ensuite pris le temps de décompresser dans le spa Alaena de l’hôtel. La piscine intérieure, ornée d’une majestueuse étoile de mer en mosaïque, dialogue avec les jardins de l’hôtel, tandis que le sauna, le hammam, la tisanerie et les cabines de soins invitent à ralentir le rythme.

En quittant La Baule, je repense à cette phrase entendue lors de l’inauguration : un hôtel peut être bien plus qu’un lieu où l’on dort. Les Cimes Bleues en apportent une démonstration convaincante. Ils ne cherchent pas à imposer une vision du luxe. Ils proposent une manière d’habiter une destination, d’en comprendre les paysages, les traditions, les saveurs et les rencontres. À une époque où tant d’hôtels finissent par se ressembler, cette adresse réussit quelque chose de précieux : donner envie de revenir, non seulement pour retrouver un établissement, mais surtout pour renouer avec un territoire et un art de vivre.

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