Kering a officiellement nommé Romain Spitzer au poste de directeur général (CEO) de Bottega Veneta, avec une prise de fonction prévue le 1er septembre. Cette nomination intervient quelques mois après le départ de l’ancien CEO, Bartolomeo Rongone, annoncé en janvier et effectif fin mars, qui a quitté la maison après six années pour rejoindre Moncler. Avec ce changement, le groupe mise sur un profil aguerri du luxe et de la beauté pour accompagner la prochaine étape de développement de la marque.
Un profil international issu de LVMH pour relancer Bottega Veneta
Romain Spitzer arrive chez Kering avec un CV solide : il occupait jusqu’ici le poste de président et CEO du pôle Fragrance au sein de LVMH Beauty, où il supervisait un portefeuille de marques prestigieuses comme Parfums Givenchy, Kenzo, Maison Francis Kurkdjian, Acqua di Parma, Loewe Perfumes, Officine Universelle Buly, ainsi que les “New Ventures” du groupe. Cette expérience internationale et multi-marques a convaincu Luca de Meo, CEO de Kering, qui déclare que “Romain a le leadership, la vision et l’expérience internationale pour débloquer la prochaine phase de développement de la maison”.
Spitzer rejoindra la directrice créative Louise Trotter, dont les deux premiers défilés, en septembre puis en février, ont été bien accueillis par la critique et les clients. Le duo devra mettre en œuvre la stratégie définie par Kering pour Bottega Veneta : “développer l’échelle sans compromettre l’essence” de la marque, selon les mots de Luca de Meo. Cela passe notamment par une plus grande visibilité, une accélération du rythme des défilés, et des événements mondiaux à fort impact, en particulier sur le marché chinois.
Une croissance à consolider et une offre à diversifier
Malgré un contexte difficile pour le luxe, Bottega Veneta affiche des résultats encourageants. En 2025, la maison a enregistré une croissance de 3%, avec un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros. Au premier trimestre 2026, elle a même réalisé, parmi les maisons de mode du groupe, la plus forte croissance, même si Kering ne détaille plus les revenus par maison depuis le changement de reporting segmentaire, à l’exception de Gucci.
La feuille de route fixée par Kering va au-delà de la simple progression du chiffre d’affaires : le groupe vise à plus que doubler les revenus hors articles en cuir d’ici 2030. Cela implique de renforcer les gammes de bijoux de fantaisie et de joaillerie fine, ainsi que de développer une offre distinctive autour du “gift” (cadeaux) et de l’“art de vivre”. L’idée est de réduire la dépendance aux sacs iconiques, tout en capitalisant sur le savoir-faire exceptionnel, l’identité créative unique et le potentiel de croissance de Bottega Veneta.
Avec Romain Spitzer aux commandes, Kering espère donc transformer le potentiel de la maison en performances durables, en combinant développement commercial, marketing renforcé et préservation de son ADN artisanal et discret.


