Il y a des lancements qui se contentent d’exister, et puis il y a ceux qui se déguisent en fête populaire, en revue musicale, en bac à sable luxueux, comme si l’automobile avait décidé de quitter le bureau de presse pour monter sur scène avec un boa, des projecteurs et une ambition d’égérie. Sur les Champs-Élysées, Renault a choisi de célébrer la Twingo E-Tech électrique comme on célèbre un souvenir qu’on refuse de laisser mourir, avec quatre soirées, quatre ambiances, vingt artistes, des showgirls, des robots pop, des mascottes émotion, et cette irrépressible envie de faire de l’icône pratique des années 1990 une petite déesse du présent.
Indira Ampiot, elle, a profité du spectacle lors de la première soirée, comme on assiste à la renaissance d’un mythe avec un sourire poli mais le regard déjà bien accroché. Il faut dire que le dispositif avait tout d’une démonstration de savoir-faire français qui aurait pris un supplément de vitamines : Santa, Miki, Disiz, MC Solaar, Sam Sauvage, Irène Dresel, Bon Entendeur, Kungs, Superbus et d’autres encore ont enchaîné les performances au rythme de tableaux pensés pour donner à la Twingo non pas une simple campagne de lancement, mais une personnalité, presque une humeur nationale.
Twingo Live Show : une fête musicale sur les Champs-Élysées
Le flagship Renault, sur la plus belle avenue du monde, s’est ainsi transformé en scène de music-hall à ciel ouvert, avec tout ce que cela implique de spectaculaire et de légèrement assumé jusqu’à l’absurde. On a vu défiler des chorégraphies, des performances inédites, des séquences orchestrées par Manon Savary et Marc Zaffuto, directeurs artistiques du Manko Cabaret, déjà responsables des résidences de Kylie Minogue et Christina Aguilera à Las Vegas, ce qui donne une idée assez nette de la manière dont l’événement entendait brouiller les frontières entre vitrine automobile et cabaret de haute intensité.
Et puis il y avait cette joyeuse petite armée visuelle, les Twingo Showgirls, les Robots Pop, les Mascottes Emotion, les personnages colorés de la communauté « Twingo Feel Good », qui déambulaient parmi un public visiblement ravi de voir une citadine devenir l’objet d’un cérémonial presque théâtral. Le tout avait quelque chose d’assez délicieux : la voiture populaire, celle qu’on a connue compacte, malicieuse, indispensable, était traitée comme une star de variété, avec autant de lumière que de second degré. Ce n’est pas si fréquent de voir une voiture bénéficier d’autant d’enthousiasme sans avoir l’air de vendre autre chose que le plaisir de vivre.
Renault Twingo E-Tech électrique : l’icône populaire réinventée
Car derrière le carnaval, Renault vend bien sûr une idée : celle d’une Twingo nouvelle version, joyeuse, colorée, modulable, 100% électrique, et résolument ancrée dans son époque. La communication est habile, presque malicieuse, parce qu’elle fait semblant de ne toucher qu’à l’énergie, alors qu’elle vise en réalité la mémoire collective. La Twingo n’est pas seulement une voiture ; c’est un objet culturel, une silhouette familière, un souvenir de rue, de vacances, de stationnement en bataille, de liberté citadine sans prétention. Lui offrir un show au cœur des Champs-Élysées, c’est finalement très logique : rien de tel qu’un grand déploiement de paillettes pour raconter la renaissance d’une petite voiture qui n’a jamais cessé d’avoir bonne réputation.
Le plus malin, dans l’opération, c’est la manière dont Renault réussit à concilier l’esprit espiègle de la Twingo originelle avec le discours très actuel de l’électrique. On ne parle pas ici d’un renoncement nostalgique, mais d’une mise à jour qui revendique la bonne humeur comme argument technique, presque comme une solution d’ingénierie morale. La Twingo E-Tech électrique reste modulable, vive, légère dans l’esprit, mais elle change de registre énergétique sans perdre ce qui faisait son charme : cette impression qu’elle n’a jamais eu besoin d’en faire trop pour être immédiatement reconnaissable.
Dans ce genre d’événement, tout l’enjeu consiste à faire croire qu’on ne vend pas seulement un produit mais une atmosphère. Renault a compris la leçon : on ne relance pas une icône populaire avec un simple communiqué, on la remet en circulation dans un décor où la musique, la danse, les silhouettes et la couleur se chargent de raconter ce qu’elle est censée représenter. Le CarWalk, les numéros musicaux, les invités, les costumes, les performances, tout concourt à donner à la Twingo l’allure d’une héroïne de comédie contemporaine, drôle, accessible, et suffisamment sûre d’elle pour se présenter sans complexe sous les projecteurs d’une avenue qui adore les symboles.
Au fond, ce Twingo Live Show dit assez bien l’époque : les objets doivent désormais avoir du caractère, les lancements doivent produire du récit, et les voitures, elles aussi, doivent apprendre à danser si elles veulent encore compter dans le grand théâtre du désir. La Twingo, elle, a toujours su jouer cette partition avec une sorte de désinvolture très française ; la voilà simplement passée du sourire au show, et de l’icône du quotidien à celle d’une soirée où vingt artistes sont venus, mine de rien, rendre hommage à une petite reine qui n’a décidément pas pris une ride.


