Comme beaucoup de photographes, Olivier Rose n’est pas un grand bavard. Mais son talent s’exprime pleinement lorsqu’il photographie le corps féminin pour en faire ressortir comme personne la splendeur particulière et folle.
Son art nous a tapé dans l’œil pour sa jovialité travaillée, un goût certain pour la douceur érotisante, et un sens du cadre qui n’appartient qu’à lui ! Voilà pourquoi nous avons voulu vous faire découvrir son travail en 2015 dans le cadre de notre série (qu’on espère sans fin) sur les artistes photographes du Nu Féminin et de notre questionnaire obsessionnel.
Avec quel appareil travaillez-vous ?
Avec plusieurs. Pour mes recherches personnelles et les jobs à petit budget, mon 5D ou mon PENTAX 67 argentique. Mais quand la production le permet, j’expérimente volontiers les nouveautés.
Quand et comment avez-vous décidé de devenir photographe professionnel ?
J’avais 8 ans, lorsque le photographe armé d’un énorme PENTAX 6X7 est venu faire la photo de ma classe. J’étais fasciné. Cette façon qu’il avait de focaliser l’attention des gens sans la forcer… Plus tard, ce photographe et moi sommes devenus amis. Il m’a initié à la culture photographique et aux grands magazines de mode. Suite à ses conseils, je me suis orienté vers le nu féminin en photographiant mes copines de lycées. Puis vers la mode. Après un passage rapide dans une école d’architecture à Paris, j’ai commencé a assister les grands studios parisiens, puis des photographes. Mais je n’étais ni assez patient ni assez docile pour être un bon assistant… Je me suis mis à mon compte rapidement, en me formant au fur et à mesure.
Ce métier est une succession de « premières fois » : la première parution, les premiers voyages, les premières pubs, etc. Aujourd’hui, je suis fixé en Europe avec ma famille et continue à produire des photos et des films pour des marques de cosmétiques comme Biotherm ou Nuxe… Ainsi que pour des magazines français et étrangers : Flair, Elle, Citizen K ou Vanity Fair Italie.
Qu’est-ce que vous préférez photographier ? Pourquoi ?
J’aime le coté organique de la peau vue de très près, la texture et le mouvement d’une chevelure, les courbes que peuvent prendre les corps suivant leur position.
Je ne photographie la mode que lorsqu’elle peut être une excuse pour raconter une histoire, ou pour dénuder les filles… Ce qui est souvent problématique aujourd’hui, car les magazines subissent de plus en plus la pression des annonceurs et sont obligés de remplir leurs pages de mode de vêtements et d’accessoires au détriment de l’image proprement dite.
Quelles sont vos inspirations (photographes et autres…) ?
Elles sont très variées. Egon Schiele est une référence récurrente pour moi, pour son art des postures et de l’expression corporelle. Ma collection de magazines de mode est aussi une grande source d’inspiration… Je vois aussi beaucoup de films, de ballets, et suis fréquemment sur Instagram et les autres réseaux sociaux spécialisés.
Qui ou que rêvez-vous de photographier à l’avenir ?
La femme que j’aime représenter peut être torride ou rêveuse, enfant et androgyne, immobile ou actrice… Celle qui incarne tout cela est rare et je rêve de la photographier plus souvent !
Et votre plus grand souvenir professionnel ?
J’ai un très beau souvenir d’une plage reconstituée en studio où déferle une très belle vague, pour les besoins d’un de mes films publicitaires. Des tonnes de sables, un bassin, une immensité recréée dans un espace clos. Plusieurs sublimes filles… Ce fut magique !
Un conseil pour les photographes débutants ?
À part qu’avoir une bonne idée un jour et un réseau ne suffisent pas, je ne sais pas. Se préparer à vivre une carrière au rythme très changeant… Enrichir sa culture photo au maximum et pas uniquement sur Instagram…
On est à l’époque des flux d’images. Il y en a partout, constamment. Bonne ou mauvaise chose ?
C’est comme un zoom braqué continuellement sur le monde, c’est plutôt bien, cela permet une visibilité maximale et un accès illimité aux informations nécessaires à la création. Mais cela ne doit pas empêcher d’être sélectif et exigeant.
Retrouvez le travail d’Olivier Rose sur son site Internet.


