Albert Dupontel et « Il faut brûler maman » : portrait d’un enragé qui rit noir

3 min de lecture

Albert Dupontel revient en salles le 11 novembre 2026 avec « Il faut brûler maman », comédie noire où trois enfants doivent incinérer eux-mêmes leur mère. Trente ans après « Bernie », le cinéaste d’« Au revoir là-haut » et d’« Adieu les cons » prolonge une œuvre où la révolte s’habille en rire et la satire sociale en cortège funèbre.

L’essentiel

  • « Il faut brûler maman », comédie noire écrite et réalisée par Albert Dupontel, sort en France le 11 novembre 2026, distribuée par Pathé.
  • Le film réunit Louise Coldefy, Julia Piaton, Artus et Albert Dupontel lui-même, dans une famille de croque-morts ; le tournage s’est déroulé à Bry-sur-Marne du 12 janvier au 23 février 2026.
  • Dupontel a reçu le César de la meilleure réalisation pour « Au revoir là-haut » en 2018, puis pour « Adieu les cons » en 2021, sacré aussi meilleur film.
Bande-annonce officielle d’« Il faut brûler maman » (Pathé)

Une famille de croque-morts, une grève et une crémation à faire soi-même

Le point de départ ressemble à un sketch que la vie aurait refusé de signer. Deux sœurs et un frère se retrouvent pour les obsèques de leur mère, dans l’entreprise de pompes funèbres familiale. Le personnel est en grève : il faudra donc, selon le résumé de Sortir à Paris, assurer soi-même le protocole, crémation comprise. Le deuil devient un problème d’intendance, et les rancœurs de fratrie font office de cortège.

Le film est produit par Catherine Bozorgan (ADCB Films) avec Pathé et France 2 Cinéma. Notre sélection des films de novembre 2026 le range parmi les rendez-vous du mois, et pour cause : l’enterrement, grand théâtre des hypocrisies familiales, est un terrain de jeu rêvé pour un satiriste.

Albert Dupontel, cheveux bouclés et lunettes, regard grave, lors de l'avant-première lyonnaise de 9 mois ferme en 2013
Albert Dupontel à l’avant-première lyonnaise de 9 mois ferme, le 17 septembre 2013. Photographie retouchée (contraste, vignettage). © Philippe Dulac / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Quatre personnages en tenue de cérémonie se penchent les uns vers les autres devant un grand miroir doré, dans le film Il faut brûler maman
Image du film « Il faut brûler maman » d’Albert Dupontel (en salles le 11 novembre 2026). © ADCB Films / Pathé

De « Bernie » à « Adieu les cons » : trente ans de révolte en comédie

Tout commence avec les planches et la télévision : Dupontel se fait remarquer par des one-man-shows que soutient Patrick Sébastien. En 1996, il passe à la réalisation avec « Bernie », dont il est aussi l’interprète et le coscénariste. Le héros est un orphelin de trente ans, frustré et névrosé, qui quitte son orphelinat pour retrouver ses parents. Le film est nommé au César du meilleur premier film.

On tient déjà là le motif qui irrigue toute l’œuvre : un marginal, une famille introuvable ou toxique, une société qui broie. La mère absente de « Bernie » trouve aujourd’hui son pendant dans la mère qu’on brûle, et la boucle, avouons-le, a de l’élégance. La presse a longtemps résumé le style Dupontel en trois mots : récits déjantés, humour noir, satire sociale, avec des effets visuels volontiers excessifs, comme le rappelle Ciné-Séries.

Du burlesque à la fresque : « Au revoir là-haut » et « Adieu les cons »

Le tournant vient avec « 9 mois ferme » (2013), succès populaire autour de deux millions d’entrées et César du meilleur scénario original. Puis « Au revoir là-haut », sorti le 25 octobre 2017, adapté du roman de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013. Deux rescapés de 14-18 y montent une escroquerie aux monuments aux morts : la satire s’attaque à la patrie reconnaissante, et la fresque s’offre cinq César, dont celui de la réalisation.

« Adieu les cons » confirme la consécration. Le film a remporté sept César le 12 mars 2021 à l’Olympia, dont meilleur film, meilleure réalisation et meilleur scénario original, comme le détaille le CNC. Pour la seconde fois, l’institution couronne un satiriste qui n’a jamais ménagé les institutions : l’ironie a plus d’allure que n’importe quel discours.

Albert Dupontel en noir et blanc, rieur, veste de cuir, photographié à Paris en septembre 2006
Albert Dupontel à Paris, le 18 septembre 2006. Photographie retouchée (contraste, vignettage). © Nicolas Richoffer / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Satire sociale : la colère d’un homme qui se méfie des palmarès

Dans un entretien au quotidien belge L’Avenir, publié en octobre 2020, Dupontel lance : « Ce n’est pas un monde de tarés, ça ? » Il y défend les personnages en marge, dont le regard, dit-il en substance, voit la société plus nettement que ceux qui s’y agitent, et un art qui propose sans imposer. Rien de neuf : sa révolte n’est pas un programme, c’est une humeur, chevillée à des origines modestes.

« Second Tour » (2023), fable politique avec Cécile de France, est resté sous le million d’entrées en France, selon Wikipédia, et a divisé la critique. Pour « Il faut brûler maman », il s’entoure d’Artus, devenu l’un des phénomènes du box-office avec « Un p’tit truc en plus », de Louise Coldefy et de Julia Piaton. Un casting qui accepte de se salir les mains : on pense à Vincent Cassel en Quasimodo, autre acteur qui aime les métamorphoses.

Reste à voir si le rire noir de Dupontel conserve son tranchant : nous n’avons pas vu le film au moment où nous écrivons, et nous nous interdisons de le juger sur sa seule promesse.

FAQ

Quand sort « Il faut brûler maman » d’Albert Dupontel ?

Le film sort dans les salles françaises le 11 novembre 2026. Il est distribué par Pathé. C’est une comédie noire écrite et réalisée par Albert Dupontel, qui y joue également.

Qui joue dans « Il faut brûler maman » ?

Le casting réunit Louise Coldefy, Julia Piaton et Artus, auxquels s’ajoute Albert Dupontel. Ils incarnent une famille de croque-morts : deux sœurs et un frère qui doivent organiser eux-mêmes les funérailles de leur mère, faute de personnel, en grève.

De quoi parle « Il faut brûler maman » ?

Dans une entreprise familiale de pompes funèbres, trois frères et sœurs se retrouvent pour l’enterrement de leur mère. Le personnel étant en grève, ils doivent prendre en charge eux-mêmes la crémation, et le deuil tourne à la comédie de mœurs noire, où les tensions de fratrie remontent à la surface.

Quels sont les films les plus célèbres d’Albert Dupontel ?

Parmi ses films de réalisateur figurent « Bernie » (1996), « Enfermés dehors » (2006), « 9 mois ferme » (2013), « Au revoir là-haut » (2017) et « Adieu les cons » (2020), ce dernier récompensé de sept César en 2021, dont celui du meilleur film.

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