Massimo Gargia : l’interview du roi de la jet-set, de Greta Garbo à Françoise Sagan

Massimo Gargia, 85 ans, Napolitain devenu roi de la jet-set, a fréquenté Greta Garbo, Françoise Sagan, Soraya, Brigitte Bardot, Elizabeth Taylor et Donald Trump. Pour LUI, l’ancien play-boy révélé au grand public par La Ferme Célébrités en 2004 raconte ses amours, ses râteaux, ses procès et Saint-Tropez, sans filtre.

L’essentiel

  • Massimo Gargia, né à Naples, est l’auteur de Jet-Set, mémoires d’un play-boy international et se présente comme le « roi de la jet-set ».
  • Il a épousé Francine Crescent, longtemps rédactrice en chef de Vogue Paris, qu’il appelle « la femme de ma vie ».
  • Le grand public l’a découvert en 2004 dans La Ferme Célébrités sur TF1 ; il dit aujourd’hui regretter d’en être parti.

Il y a des hommes qui entrent dans une pièce comme on ouvre une bouteille de champagne : avec bruit, panache et une légère inquiétude pour la moquette. Massimo Gargia appartient à cette catégorie rare. Napolitain d’origine, Parisien d’adoption et mondain par vocation, il a traversé plus d’un demi-siècle de fêtes, de scandales, de femmes, tout le temps riches et célèbres, de yachts, de palaces mais aussi de procès et de drames conjugaux.

Massimo n’a pas seulement connu du monde : il a connu tout le monde. Greta Garbo, Françoise Sagan, Soraya Esfandiary-Bakhtiary, Gina Lollobrigida, Ivana Trump, Donald Trump, Elizabeth Taylor, Brigitte Bardot, Gianni Versace, les Kennedy, les Grimaldi, les Savoie, les stars de cinéma, les héritières, les princesses, les milliardaires, les couturiers, les reines déchues et les reines tout court. À ce niveau-là, ce n’est plus un carnet d’adresses, c’est un planisphère du pouvoir, du glamour et des névroses mondaines. Une vie aux mille destins, play-boy, gigolo, roi de la jet-set, entremetteur mondain, homme de nuit, homme à femmes et vedette de télévision. Un homme qui organisa une paparazzade avec Greta Garbo, s’ennuya chez Brigitte Bardot parce que le réfrigérateur était vide, vu Elizabeth Taylor réclamer le bracelet assorti aux boucles d’oreilles qu’il venait déjà de lui offrir, ou décrète qu’Eva Longoria est d’une élégance absolue tandis que la reine Elizabeth II était, selon lui, beaucoup trop austère pour l’être vraiment. Il fallait oser. Il ose.

Un homme libre jusqu’à l’inconvenance. Un esprit qui n’a jamais semblé très préoccupé par l’idée de plaire à tout le monde, encore moins par celle de respecter les petits arrangements hypocrites du bon goût officiel. Il dit ce qu’il pense, quitte à vexer les morts, les vivants et même les têtes couronnées. Il a aussi connu la chute, les ennemis, les articles assassins, les séparations qui ressemblent à des scènes coupées de La Guerre des Rose, la maladie de sa femme Francine – ancienne rédactrice en chef de Vogue Paris – et cette célébrité populaire, presque accidentelle, offerte en 2004 par La Ferme Célébrités, où il demandait du caviar dans ses œufs brouillés comme d’autres réclament une couverture de survie. Là encore, le public aurait pu le détester. Il l’a adoré. Preuve que l’arrogance, quand elle est jouée avec assez de panache, devient parfois une forme de tendresse.

Massimo rejoue le film, parle comme il a vécu : frontalement, parfois trop, avec cette élégance décadente des hommes qui ont tout vu et qui continuent de croire que le monde est plus supportable quand il est bien habillé.

Vogue, Naples et une vie de play-boy

Ciao Massimo. Heureux de faire cette interview pour LUI ?

Cela me rappelle l’époque pendant laquelle je travaillais pour Vogue France. Ma femme, Francine Crescent, a été pendant de longues années rédactrice en chef de Vogue Paris. Moi-même, j’ai fait des interviews, des entretiens avec des couturiers, des gens de la mode. Donc oui, LUI, ça me ramène à cette époque-là. La presse, les couvertures, les photographes, les dîners après les shootings… Toute une vie.

Vous avez eu mille vies, finalement.

Oui, beaucoup. Et j’ai beaucoup d’histoires à raconter. Je me suis aussi fait beaucoup d’ennemis, parce que je dis souvent la vérité. Et la vérité, dans ce milieu, n’est pas toujours bien reçue.

L’honnêteté est une qualité dangereuse, surtout quand elle arrive en smoking au milieu d’un dîner. D’où vous vient ce charmant accent ?

Je suis né à Naples puis parti à Rome. A 22 ans, j’ai commencé à beaucoup voyager. Paris, Londres, New York… J’avais très vite compris que Naples était une ville trop petite pour mes ambitions. J’avais des envies d’ailleurs. J’ai toujours eu ça. Le besoin de partir. De voir plus grand. De connaître d’autres mondes.

Vos parents étaient-ils fiers de vous ?

Mon père, pas vraiment. Il était très sévère. Il aurait voulu que je sois notaire à Naples. Une vie rangée, respectable, très ennuyeuse. Rien que l’idée m’horrifiait. Ma mère, en revanche, m’a beaucoup aidé. Elle m’a soutenu dans mes projets.

Pendant des années, vous avez incarné une sorte de play-boy absolu de la jet-set. On vous prête des liaisons avec Greta Garbo, Françoise Sagan, Soraya Esfandiary-Bakhtiary, Gina Lollobrigida… Faut-il ajouter d’autres noms à la liste ?

Il y en a beaucoup d’autres, mais toutes n’ont pas été médiatisées. Certaines histoires ont duré longtemps, d’autres ont été très brèves. Parfois avec des femmes très célèbres. Françoise Sagan, c’était une vraie histoire d’amour, mais aussi une amitié profonde, qui a duré jusqu’à sa mort. Pareille pour Soraya et Gina Lollobrigida

Les histoires d’amour finissent mal en général, dit la chanson. Les vôtres semblent parfois avoir fini avec avocats, photographes et dégâts collatéraux.

J’ai rencontré beaucoup de femmes. Un jour, un ami m’a dit : « Tu couches avec trop de femmes, donc après tu as trop d’ennemis. » Il n’avait pas complètement tort. Après, contrairement à ce qu’on imagine, je n’ai pas non plus eu des centaines de femmes. Peut-être trois ou quatre. Des femmes vraiment célèbres et qui ont aussi contribué à ma notoriété.

Soraya, Françoise Sagan et Greta Garbo

Parlons de Soraya, l’ancienne impératrice d’Iran. Quelle relation avez-vous entretenue avec elle ?

Au début, cela a duré très peu. Je l’ai consolée. Elle était très triste après la mort de son compagnon. Puis nous sommes restés amis. Ensuite, je lui ai présenté beaucoup d’hommes très jeunes. Elle avait encore un charme incroyable.

Avec Françoise Sagan, c’était une vraie histoire d’amour. Vous aviez même envisagé de vous marier. Pourquoi cela n’a-t-il pas abouti ?

Parce qu’il est très difficile de vivre avec quelqu’un qui prend des drogues. Quand j’ai connu Françoise, elle n’en prenais pas. Elle vivait en décalé. Au début, elle était drôle, brillante, libre. Puis, avec les années, elle est devenue plus casanière. Elle ne voulait plus sortir. La vie avec elle devenait difficile.

Il y avait aussi une différence d’âge entre vous.

Pas tellement. Quand j’ai connu Françoise, j’avais vingt-quatre ans. Elle avait peut-être quarante ans. J’ai connu des femmes beaucoup plus âgées. À 27 ans, j’ai eu une histoire avec une femme de 82 ans. Une femme extraordinaire, l’une des femmes les plus riches d’Europe. Elle m’a offert beaucoup de choses, mais elle m’a aussi posé beaucoup de problèmes. J’aurais peut-être dû l’épouser. Elle avait de grandes qualités. Elle était gentille.

Mieux vaut tard que jamais ! À propos de Greta Garbo, vous avez eu cette phrase devenue célèbre : elle avait, dites-vous, « de grands pieds et de petits seins ».

Oui, mais elle avait un visage magnifique. Et elle était très mince. J’aime les femmes très minces. Les pieds, ce n’est pas si important. Dans les années 1970, Greta Garbo était encore une légende absolue. Avec Marilyn Monroe, c’était l’une des plus grandes stars du monde. Notre relation a duré trois mois. Au fond, je crois qu’elle n’aimait pas vraiment les hommes. Plutôt les femmes. Elle était très égoïste. Tout tournait autour d’elle. Elle me réveillait très tôt le matin pour marcher deux ou trois heures. Ce n’était pas du tout mon style de vie. Et elle était très avare. Je payais tout, alors qu’elle avait énormément d’argent. Les gens imaginaient évidemment l’inverse.

Massimo Gargia en costume et lunettes noires aux côtés de Greta Garbo, photographie d'archive en noir et blanc
Massimo Gargia et Greta Garbo. Archives Massimo Gargia

Vous avez fini par organiser vous-même une paparazzade avec elle. C’était par vengeance ?

Plus ou moins. Nous étions à Saint-Tropez. Elle était très dure avec moi. Et puis, naturellement, j’avais aussi envie que cela se sache. Je n’ai pas pu résister à l’appel du buzz. Alors j’ai appelé des photographes et j’ai tout organisé. La presse américaine s’est déchaînée. Cela m’a mis sous les projecteurs. Greta était presque impossible à approcher à l’époque. Tout le monde voulait savoir qui était ce jeune Italien qui était avec elle.

Femmes fortes, comtesse italienne et râteaux légendaires

Beaucoup d’hommes disent aimer les femmes fortes, jusqu’au moment où elles le sont vraiment.

Pour vivre, c’est parfois plus facile avec une femme qui n’a pas trop de caractère. Mais l’amour peut adoucir les gens. Parfois.

L’amour adoucit les mœurs, mais pas toujours les procédures judiciaires. Vous avez connu une rupture très violente avec une comtesse italienne.

Oui. Nous sommes restés ensemble sept ans. Nous avons été le couple le plus mondain de Londres. Elle était très belle, très italienne, très jalouse. Pour elle, j’ai quitté tout le monde. J’ai quitté une lady anglaise milliardaire, Soraya, Linda Christian. Ensuite, la jalousie a tout détruit. Elle est devenue dure, méchante. À tel point que je n’étais même plus attiré sexuellement par elle. Je finissais par la voir comme un monstre. Cela s’est très mal terminé. En procès. Nous avions des propriétés ensembles, des comptes communs. À cause de cette rupture, j’ai perdu une résidence à Monaco. Elle était très haut placée socialement, très liée à Grace de Monaco, à des duchesses, à des femmes influentes. Quand nous avons rompu, ses amies ont essayé de me détruire. Il y a eu un article terrible contre moi. On m’accusait de choses fausses. De lui avoir donné de la drogue, de lui avoir volé des bijoux. On disait aussi que j’avais détruit sa fortune. Cela, c’était en partie vrai : nous avions dépensé beaucoup d’argent. Au départ, elle avait sept maisons. Au bout de sept ans, il n’en restait plus aucune. On vendait une maison par an pour financer notre vie de pacha. Mais c’était d’un commun accord. Je ne l’ai jamais forcée.

La Dolce Vita, mais avec notaire, comptes à rendre et lendemains qui piquent.

Oui. Elle a essayé de me tuer deux fois. Et moi aussi, dans un moment de folie, j’ai failli faire quelque chose de terrible. Nous étions à New York, dans son appartement. Je l’ai attrapée par sa chemise Dior en soie, je l’ai poussée vers la fenêtre et rattrapée au dernier moment. Sinon, je ne serais pas ici pour vous en parler. L’amour qui devient haine…

Et vous, avez-vous brisé des cœurs ?

Quand j’étais jeune, peut-être. Quand on est beau, qu’on a beaucoup de succès, on ne se rend pas toujours compte de ce qu’on provoque.

Vous avez pourtant connu quelques râteaux légendaires.

Oui. J’ai fait une cour désespérée à Ava Gardner. Elle n’a même pas voulu prendre un thé avec moi. J’étais fou d’elle. Naomi Campbell aussi. Pour son anniversaire, j’avais acheté avec toutes mes économies une parure de turquoises très chère. Je la lui ai donnée à la fin du dîner. Ensuite, je lui ai demandé si je pouvais dormir avec elle. Elle m’a répondu : « Be rich. ». Traduction : « rappelle-moi quand tu seras riche. »

C’est brutal, mais au moins c’est concis.

Les femmes riches peuvent être très cruelles. Elizabeth Taylor aussi m’a fasciné. Je l’ai vue à Cannes, lorsqu’elle travaillait avec Chopard. Elle avait alors pris beaucoup de poids. J’ai dîné avec elle. Je lui ai offert de très belles boucles d’oreilles. À la fin du dîner, nous nous sommes embrassés et c’était laborieux car nous étions tous les deux gros. Nos ventres se touchaient avant nos lèvres ! À la fin, elle m’a remercié pour les boucles d’oreilles, puis elle m’a dit qu’il existait un bracelet assorti et qu’elle aimerait beaucoup que je le lui offre aussi. Toujours aussi avare, même à un âge aussi avancé (82 ans) !

Votre “body count”, comme diraient les jeunes, c’est-à-dire votre nombre de conquêtes, vous en avez une idée ?

Pas autant qu’on le croit. Quand j’étais très jeune, il y en a eu beaucoup. Ensuite, très peu. Peut-être dix. Mais que des femmes célèbres, importantes.

Qu’est-ce que toutes ces aventures vous ont appris ? L’argent fait-il le bonheur ?

L’argent est très souvent à l’origine de nombreuses tragédies. Puis il rend les gens méchants, mauvais, soupçonneux. Mais c’est quand même mieux d’en avoir. Françoise Sagan disait qu’il valait mieux pleurer dans une Rolls que dans le métro. Elle avait raison.

Comment passe-t-on de gigolo à figure emblématique de la jet-set ?

Des gens très respectables m’ont apprécié, pas seulement pour mon sexe ou mon physique, mais pour moi. Même aujourd’hui, alors que je n’ai plus le physique du rôle, des gens beaucoup plus jeunes, très importants socialement, aiment être mes amis. Il y a autre chose. La beauté ouvre une porte, mais elle ne vous garde pas dans la pièce.

Roi de la jet-set, Gianni Agnelli et Luchino Visconti

On vous décrit souvent comme le roi de la jet-set. Vous validez ce titre ?

Oui. J’ai écrit un livre, Jet-Set, mémoires d’un play-boy international. Il a très bien marché. J’ai beaucoup contribué à populariser ce mot, à raconter ce monde. Avant, c’était un cercle très fermé.

Un tel parcours serait-il encore possible aujourd’hui, à l’époque du politiquement correct et des réseaux sociaux ?

Je pense que ce serait plus facile aujourd’hui. À mon époque, coucher avec des femmes plus âgées était un scandale énorme. Quand j’ai eu une histoire avec cette femme très âgée et très riche, j’ai perdu toutes mes amies chics. Aujourd’hui, les gens sont habitués à tout. Plus rien ne choque vraiment.

J’imagine que votre reconversion professionnelle dans les relations publiques/ presse a dû susciter son lot de jugements. Voir des humiliations ?

Oui. Un jour, je sortais avec une femme de la famille Agnelli. Le groupe Fiat. J’avais dit que je voulais travailler. Gianni Agnelli, devant tout le monde, m’a lancé : « Mais qu’est-ce que tu veux faire à part du sexe ? Continue à faire du sexe. »

Et vous avez suivi son conseil ?

Oui ! Mais mon grand regret est de ne pas être devenu acteur. Luchino Visconti m’avait fait passer un essai. Il m’a dit : « La caméra te déteste. Tu peux faire tout ce que tu veux, sauf acteur. » C’était cruel, mais sans doute vrai.

Étonnant. Vous êtes un esprit libre. Et alors, quelle est votre opinion impopulaire du moment ?

Je défends la position sociale des prostituées. Elles ont des droits, elles aussi. Elles sont utiles à la société, comme d’autres professions. On peut juger moralement si l’on veut, mais c’est un vieux métier, un vrai sujet social, et les personnes doivent être protégées.

À 85 ans, vous êtes encore de beaucoup de soirées. Qu’est-ce qui vous anime encore dans cette vie nocturne ?

Je sors beaucoup moins qu’avant. Mais j’ai adoré la nuit. La nuit, les gens deviennent plus eux-mêmes. Ils enlèvent le masque qu’ils portent pendant la journée.

Saint-Tropez, Brigitte Bardot, Puff Daddy et la reine Elizabeth

En parlant de nuit, de fête et de Riviera : votre meilleur souvenir à Saint-Tropez ?

Un souvenir romantique avec Françoise Sagan, à l’hôtel La Ponche. C’était très beau. Et puis un souvenir beaucoup plus fou, sur le bateau de Puff Daddy. Après un dîner, il a demandé à tous les invités de danser nus. Je n’ai pas vraiment apprécié.

Avez-vous connu Brigitte Bardot ? Vous êtes deux icônes de Saint-Tropez, chacun dans votre genre.

Oui. On avait passé un week-end avec Sagan chez elle. J’ai eu faim tout le week-end. Brigitte n’aimait pas beaucoup sortir à cause des photographes. On restait à la maison. La Madrague. Une maison assez simple, sans service. Je me souviens avoir eu faim tout le week-end. Je n’ai jamais vu un réfrigérateur aussi vide. On a dû manger un morceau de fromage de tout notre séjour !

Massimo Gargia et Brigitte Bardot côte à côte lors d'une soirée, photographie d'archive
Massimo Gargia et Brigitte Bardot. Archives Massimo Gargia

La soirée la plus folle que vous ayez vécue à Saint-Tropez ?

Une soirée chez un créateur de mode. Il avait fait venir des lions dans des cages. On m’a demandé de jouer avec eux. Et alors, j’ai joué avec les lions.

Vous avez été photographié avec presque tout le monde : Pamela Anderson, Eva Longoria, Donald Trump… Y a-t-il une personnalité que vous n’avez jamais rencontrée et que vous aimeriez encore rencontrer ?

Le Dalaï-Lama. Il a une spiritualité qui m’intéresse.

On dit aussi que vous avez joué les Cupidons au sein de la jet-set. Quel couple célèbre avez-vous aidé à former ?

Ivana Trump et Rossano Rubicondi. Je lui ai présenté cet Italien. Et beaucoup d’autres couples aussi. J’ai toujours aimé rapprocher les gens.

Parmi toutes les personnalités que vous avez croisées, qui vous a le plus marqué par sa gentillesse ?

La reine Elizabeth. Elle était très gentille. Très digne, très attentive.

Et celle dont vous gardez un souvenir un peu plus amer ?

Il y en a beaucoup. Je préfère ne pas tous les citer. À quoi bon se refaire des ennemis à 85 ans ? J’en ai déjà assez.

La Ferme Célébrités, Francine Crescent et les années 1980

Outre la jet-set et votre passé de play-boy, le grand public français vous découvre surtout en 2004 dans La Ferme Célébrités. On vous voit voler l’eau des autres candidats, demander du caviar dans vos œufs brouillés, dormir, râler… Aviez-vous créé un personnage pour les caméras ?

Je me suis montré sous mon pire profil. La partie la plus dure, la plus arrogante, la plus paresseuse de mon caractère. Je voulais partir. Donc je faisais tout pour être antipathique, en espérant que l’on me fasse sortir. Et cela a produit exactement l’effet inverse : le public m’a adoré. Je faisais le maximum pour être insupportable, et plus je l’étais, plus les gens riaient.

Pourquoi vouliez-vous partir ?

Parce que la vie était très dure. On dormait à neuf dans la même chambre. Pour aller aux toilettes la nuit, il fallait sortir sous la pluie. Il fallait se lever à 7 heures du matin, travailler, s’occuper des animaux. Pour moi, c’était l’enfer. Après l’émission, je suis devenu un personnage populaire. Les gens criaient mon nom dans la rue. Une fois, ils criaient même plus mon nom que celui d’Alain Delon. C’était incroyable.

Vous regrettez d’être parti ?

Oui. J’aurais dû rester. Je pense que j’aurais pu gagner. Mais ma paresse et mon amour du confort m’ont empêché de faire les sacrifices nécessaires. Sur le moment, je n’ai pas compris l’ampleur du phénomène.

Vous avez aussi enregistré Ma ce ki ? Massimo, parodie jet-set de Dragostea din tei. Vous étiez, quelque part, un influenceur avant l’heure.

Oui. Les jeunes venaient me voir pour me demander comment j’avais fait ma carrière. Après La Ferme, on me payait pour venir à des dîners, des baptêmes, parfois même des funérailles. C’est allé loin : une personne très célèbre, qui ne pouvait pas se montrer avec moi, m’a proposé de la rejoindre à Tokyo en avion privé. J’ai accepté. Une fois arrivé à Tokyo, il y a eu un problème administratif : je n’avais pas le bon permis d’entrée. Je suis resté bloqué dans l’avion pendant près de douze heures. Puis je suis reparti sans même entrer au Japon.

Le jour où vous disparaîtrez, que devrait-on écrire sur votre tombe ?

Je ne vais jamais aux funérailles. Je laisserai mes héritiers s’occuper de mon corps, cela ne m’intéresse pas. Pour moi, avec la mort, tout est fini. Ce qu’on écrit sur une tombe n’a pas beaucoup d’importance.

De quelle époque de votre vie êtes-vous le plus nostalgique ?

Les années 1980. New York, surtout. Les années 80 à New York, c’était extraordinaire. Je me souviens d’un week-end à Newport, chez les Kennedy. Très simple, presque familial. Le mari était très gentil, la femme beaucoup moins.

Et votre plus beau souvenir ?

Mon mariage avec Francine. C’était la femme de ma vie. Elle me manque tous les jours. Notre mariage était unique. Nous avions même nos chiens dans l’église.

Existe-t-il une part de vous que le public connaît mal ?

Je suis quelqu’un de généreux. J’adore partager. Les gens voient souvent le côté mondain, intéressé, provocateur. Mais je crois être un homme bon. J’ai aidé beaucoup de gens. J’aime donner quand je peux.

Quels sont vos projets à venir ?

J’organise un événement autour d’Emmanuel-Philibert de Savoie, en soutien à sa fondation liée aux ordres dynastiques de la Maison de Savoie. C’est un ami d’enfance. J’étais très proche de son père, Victor-Emmanuel de Savoie, et de sa mère, Marina de Savoie. J’aime continuer à organiser, à réunir, à faire vivre ce monde-là.

Pour conclure, quel conseil donneriez-vous pour séduire une femme ?

Il faut comprendre la femme. Comprendre sa personnalité. S’adapter. Et puis, il faut connaître son corps. Il faut connaître le point G.

Propos recueillis par Charlotte Florentin. Photo Sacha Perez (@sachaperez), maquillage Sonia Kitzis, coiffure Elsa Aich. La suite de l’interview filmée est à retrouver sur luimagazine.fr et @luimagazinefr.

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