« Je n’avais plus de jambes » : un jeune triathlète se confie sur son premier triathlon !

Dès les années 1920, plusieurs sportifs se lancent le défi d’enchainer trois disciplines sportives : la natation, le vélo et la course à pied. Cependant, il faut attendre le 24 septembre 1974 à San Diego, dans la baie de Mission, pour qu’ait lieu le premier triathlon. Organisée par le club d’athlétisme de San Diego, cette course proposait trois étapes : une course à pied de 8,5 kilomètres, 8 kilomètres de cyclisme et 550 mètres de natation. Plus tard, l’union internationale de triathlon (ITU) rediscute le parcours et propose de nouvelles distances qui marqueront dès lors, les distances officielles du triathlon : 1,5 kilomètre de natation, 40 kilomètres de vélo et 10 kilomètres de course à pied.

Il y a encore quelques mois, il ne se croyait pas capable de faire seul un triathlon, aujourd’hui il se prépare à son prochain défi. Préférant garder son anonymat, ce jeune triathlète nous dévoile sa préparation et tout son parcours jusqu’à la ligne d’arrivée !

De novice à triathlète : il se met au défi et va jusqu’au bout !


Faire du sport a toujours fait partie de ta vie mais tu ne connaissais pas du tout le triathlon. Pourquoi et comment as-tu décidé de t’inscrire du jour au lendemain ?


Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours vu la course à pied, et en particulier le triathlon, comme le sport que je ne serai jamais capable de faire. Avant, j’étais sportif mais je ne faisais pas du tout d’endurance et donc du jour au lendemain, j’ai voulu me prouver que j’étais capable de le faire et je me suis inscrit. 

Comment s’est déroulé ton premier triathlon ? 

C’était en Champagne à Epernay. Le triathlon s’appelait « Le Champman ». Concernant l’épreuve de la natation, c’était dans la Marne, je pense que beaucoup de triathlètes ont dû apprécier. En termes de difficultés, la partie vélo était très difficile car il y avait 750 mètres de dénivelé pour 50 kilomètres seulement. C’était assez difficile. Donc lorsque l’on doit enchaîner avec la course à pied juste après, on avance sans réfléchir.


Donc tu penses que tu courrais plus avec ta tête qu’avec tes jambes à la fin ? 

Oui clairement, je n’avais plus de jambes. Je mettais un pas devant l’autre et puis de toute façon il fallait bien que je finisse la course donc autant avancer. 

Penses-tu que le triathlon a transformé ton rapport au sport ?

Oui, dans la mesure où le triathlon demande énormément de temps d’entraînement. Là où avant le sport que je faisais était un sport collectif dans lequel je ne faisais que deux entraînements par semaine de deux heures en plus d’un match le week-end, ça faisait très récréatif. Même si c’est un sport en compétition, ça ne prend pas tant de place que ça dans la semaine alors que le triathlon regroupe trois sports donc on s’entraîne presque trois fois plus.


En termes de transitions, est-ce que tu penses que tu les avais bien travaillées pendant les entraînements ou ça a vraiment été une découverte pour toi ?
 


Ce qui a été une découverte c’était qu’à l’entraînement, je n’avais pas autant de matériel, notamment sur la nourriture. Ma stratégie de nutrition consistait à : prendre une banane, m’assurer d’avoir une flasque d’eau et de prendre mes barres. Là où pendant l’entraînement, je n’avais pas autant à manger. Donc c’était un peu la découverte et un peu le stress de « est-ce que j’ai bien organisé mon aire de transition », « est-ce que j’ai bien organisé la nutrition »…


Est-ce que ça a été difficile de mettre en place une discipline et de l’imposer à tes proches ? 


Un petit peu. J’ai un peu mal géré parce que du jour au lendemain, je me suis entraîné six fois par semaine. J’ai très vite imposé six entraînements par semaine à mon entourage alors que dans une progression un peu plus naturelle, on commence par trois par semaine. C’est moins brutal pour les autres.


Est-ce que tu peux nous parler de la fréquence de tes entraînements ? 


Dans mon programme, le vélo occupe une place majoritaire. Dans le ratio, je trouve que l’on passe quand même beaucoup plus de temps sur le vélo qu’en course à pied ou en natation. Donc, pendant les entraînements, on s’entraîne beaucoup plus à vélo. La natation c’est tout l’inverse, c’est assez court. Par rapport à mon programme, je dirais que j’ai fait trois à quatre séances de vélo, trois séances de course à pied et deux séances de natation par semaine. 

Le triathlon : un sport réservé à ceux qui en ont les moyens ?


Question matériel, est-ce que tout le monde peut faire du triathlon ou bien c’est un sport qui est réservé à ceux qui en ont les moyens financiers ? 


C’est vrai que les réseaux sociaux donnent beaucoup l’impression qu’il faut être plus qu’équipé pour en faire : avoir le dernier vélo, les chaussures en plaque carbone etc mais je pense que tout le monde peut faire du triathlon sans vider son porte-monnaie. Le prix du dossard est élevé et ce n’est pas toujours donné mais pour l’équipement, pas besoin de choisir du haut de gamme ! On peut trouver des chaussures de course à pied à des prix abordables dans des magasins d’occasion. Je pense qu’il faut prévoir un budget entre 150 et 200 euros sans compter le prix d’un vélo que l’on peut d’ailleurs trouver d’occasion.


Est-ce que ça t’a donné envie d’en refaire ou de passer à l’étape supérieure ? 


Oui évidemment, je pense qu’on est tous un peu comme ça. Disons qu’on a souffert mais que finalement on a bien aimé souffrir. On ne se rappelle pas de la douleur, on se dit juste que c’est plaisant comme sentiment à la fin. Donc oui, je me suis récemment inscrit à un Ironman 70.3. Après ça, je ne me suis pas encore inscrit à une autre course officielle mais je finirai probablement par faire un Ironman.


Pendant tes entrainements, comment tu faisais pour te motiver et garder ta discipline ? J’imagine que la musique devait t’aider lors des coups de fatigue ?  


Non je préfère tout faire sans musique. Surtout pour le vélo évidemment parce que j’ai peur de ne pas entendre quelque chose d’important. En fait, ça me permet de rester plus concentré mais la musique pousse à se dépasser et ce n’est pas forcément un bon plan. Se dépasser sur la dernière demi-heure oui, mais se dépasser alors qu’on en est qu’à la moitié, on risque d’en payer les frais après. 


Est-ce que tu peux nous donner des conseils pour choisir un bon équipement ?  

Alors, il faut savoir qu’en triathlon, on peut aller très très loin en terme de budget. Là je vais juste dire comment moi je me suis équipé parce que j’en ai eu les moyens et que je voulais être confortable dans mon triathlon. Mais moins on a d’équipement et plus on doit se débrouiller avec les moyens du bord. 

L’équipement le plus connu du triathlon c’est la trifonction. C’est une tenue que l’on met pour les trois sports : natation, vélo et course à pied. Si on a pas de trifonction, ça veut dire qu’on doit se changer à chaque fois. Au début, on est en maillot de bain et ensuite on doit se mettre en tenue de vélo et enfin en tenue de course à pied. Tu peux mettre la même tenue pour le vélo et la course à pied mais disons que ça ne maximise pas les performances et le temps. Si tu dois te changer, ça te prend 5 minutes et tout ça c’est un peu long. 

Sinon, en natation, c’est parfois obligatoire de mettre une combinaison néoprène lorsque la température de l’eau est basse. C’est une combinaison qui permet d’être plus hydrodynamique et qui permet de flotter un peu mieux dans l’eau.


Concernant le vélo et la course à pied, y’a t-il des détails à ne pas oublier ? 


Pour le vélo, le casque est obligatoire mais chacun est libre d’ajouter des accessoires. En réalité, on choisit l’équipement que l’on veut. Tu peux aussi choisir d’utiliser des pédales automatiques, la plupart des gens le font. Si tu choisis cette option, il faut que tu achètes les chaussures adaptées et les pédales. Enfin, un détail pour le vélo qui est tout de même important : les lunettes de soleil. C’est indispensable en cas de vent, de sable et de soleil. Aussi, le dernier petit conseil qui est agréable mais pas du tout nécessaire : les lacets de triathlon. Les chaussures de course à pied s’enfilent directement, pas besoin de faire ses lacets et de perdre du temps. C’est une question de confort.


Quels conseils donnerais-tu à des personnes qui souhaiteraient se lancer dans un triathlon mais qui ont peur de le faire ? 


Ça dépend de la raison pour laquelle cette personne a peur. Mais je vais reprendre une phrase d’Eric Flag, qui dit que tu ne regretteras jamais de t’être inscrit-e à une compétition ou une course officielle. Au mieux, tu profites et tu termines. Au pire tu ne finis pas mais tu auras appris quelque chose sur toi. Tu ne regretteras jamais de t’être inscrit à un triathlon.

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