Dans un entretien accordé au magazine Esquire, l’acteur de 62 ans a reconnu avoir mis fin à sept années de sobriété totale, entamées après sa séparation ultra-médiatisée avec Angelina Jolie en 2016, période marquée par la chute, le sevrage et une reconstruction longuement racontée.
J’ai été sobre pendant sept ans. Et puis, j’ai replongé”, a-t-il déclaré, avec ce mélange de franchise et de distance qui caractérise ses interviews les plus personnelles. Mais là où l’on pourrait s’attendre à un récit de rechute dramatique, Brad Pitt insiste immédiatement sur la nuance : il ne s’agit pas d’un retour aux excès d’antan, mais d’une consommation “plus mesurée”, “plus retenue”, qu’il décrit comme “professionnelle”, avec quelques verres de vin, pas trop, jamais en grande quantité.
La confession intervient dans un long entretien où l’acteur évoque également ses idées sombres, ses pensées suicidaires lors d’une courte période, et cette relation complexe avec l’alcool qui l’a accompagné pendant des décennies. À une question sur sa consommation, il répond sans esquiver, reconnaissant avoir “péché par excès de confiance à deux ou trois reprises”, avant de réaliser que certaines situations n’étaient “pas bonnes pour lui”.
Brad Pitt reprend l’alcool après 7 ans de sobriété
La décision de Brad Pitt de rompre avec sa sobriété ne peut être comprise sans revenir sur le contexte qui l’avait conduit à arrêter de boire. En 2016, après une dispute célèbre à bord d’un jet privé avec Angelina Jolie, durant laquelle il se serait emporté sous l’emprise de l’alcool, l’acteur avait complètement cessé de consommer. Il avait alors intégré les Alcooliques anonymes, suivi une thérapie et fait de sa sobriété l’un des symboles de sa reconstruction personnelle.
Pendant sept ans, Brad Pitt avait tenu bon, transformant cette abstinence en une sorte de discipline personnelle, presque une identité. En 2020, lors d’une cérémonie de remise de prix, il avait publiquement remercié Bradley Cooper de l’avoir aidé à dépasser son addiction et de l’avoir accompagné “sur son chemin vers une vie plus saine”. Cette période de sobriété était devenue l’une des clés de compréhension de son parcours récent, un élément central de son récit de résilience.
Aujourd’hui, l’acteur affirme avoir appris à connaître ses limites. “Je peux en prendre quelques-uns, mais pas beaucoup”, explique-t-il en substance, insistant sur la différence entre sa consommation actuelle et celle qu’il avait connue avant sa sobriété. Il assure vouloir rester “professionnel” avec l’alcool, ce qui, dans le langage de quelqu’un qui a frôlé la perte de contrôle, signifie probablement : ne jamais laisser la boisson décider de la soirée, ne jamais boire avant de travailler, ne jamais transformer un verre en spirale.
Selon des proches cités par Page Six, cette décision serait “très personnelle, propre à Brad et à sa situation personnelle”, et il aurait eu “beaucoup de temps pour réfléchir” à sa relation avec l’alcool. Une formulation qui évite soigneusement le mot “rechute”, préférant parler de nouvelle étape, de consommation encadrée, de liberté maîtrisée.
Brad Pitt et son rapport à l’alcool : “Je dois rester professionnel”
Ce qui frappe dans les déclarations de Brad Pitt, c’est moins le fait qu’il ait recommencé à boire que la manière dont il le raconte : sans dramatisation excessive, mais sans minimisation non plus, avec une conscience aiguë de ce que son passé impose comme vigilance. Il ne présente pas sa reprise de l’alcool comme une victoire, encore moins comme une libération, mais comme un ajustement, un nouvel équilibre trouvé après sept années d’abstinence totale.
“J’ai eu tendance à être trop sûr de moi à deux reprises, et je me suis dit : ‘Non, ce n’est pas bon pour moi’. Pas en grande quantité”, précise-t-il, comme pour rappeler que la confiance, chez quelqu’un qui a déjà perdu le contrôle, est un terrain glissant. La formule “je dois être professionnel avec ça” résume assez bien cette approche : l’alcool n’est pas interdit, mais il est soumis à des règles, à une discipline, à une forme de contrat intérieur.
Cette position est d’autant plus intéressante que Brad Pitt est propriétaire du domaine viticole Château Miraval, dans le sud de la France. Comment parler de vin, en produire, en faire un élément de son patrimoine et de son image, tout en restant sobre ? La question n’est pas anecdotique : elle touche à la manière dont un ancien alcoolique peut cohabiter avec un produit qui a failli le détruire, sans tomber dans le déni ni dans l’interdit absolu.
Dans l’interview, Brad Pitt offre d’ailleurs une bouteille de vin au journaliste qui l’interroge, geste qui peut sembler anodin mais qui prend une tout autre dimension venant de quelqu’un qui a passé sept ans sans boire. Ce n’est pas une provocation, mais cela dit quelque chose de son rapport actuel à l’alcool : il n’est plus tabou, il n’est plus l’ennemi absolu, mais il reste un objet avec lequel il faut composer, négocier, parfois reculer.
L’acteur évoque également ses pensées suicidaires lors d’une courte période, confession qui ajoute une couche de gravité à son récit. Il précise n’avoir jamais eu de telles idées “sauf pendant une courte période”, mais le simple fait d’en parler publiquement montre à quel point cette période de sa vie l’a marqué. La sobriété n’était pas seulement une question de santé physique ou de réputation : elle était aussi une manière de tenir debout face à des idées noires qui auraient pu l’emporter.
Aujourd’hui, à 62 ans, Brad Pitt semble avoir trouvé une forme de paix relative avec son passé. Il ne se présente plus comme un homme en guerre contre l’alcool, mais comme quelqu’un qui a appris à vivre avec, à en mesurer les risques, à en accepter les limites. Cette position peut sembler fragile, voire dangereuse, pour quelqu’un qui a déjà touché le fond ; elle témoigne aussi d’une certaine maturité, d’une conscience de soi et d’une capacité à se fixer des règles.
Reste une question, que l’entretien ne tranche pas : cette nouvelle liberté sera-t-elle réellement compatible avec son passé ? Brad Pitt assure que oui, qu’il sait où il met les pieds, qu’il ne retombera pas dans les excès d’autrefois. Mais ceux qui ont déjà lutté contre une addiction savent que la ligne entre “quelques verres” et “trop” est parfois plus fine qu’on ne le croit, et que la confiance en soi peut être le meilleur allié comme le pire ennemi.
Pour l’instant, Brad Pitt continue de travailler, de tourner, de produire, avec un film comme F1 en préparation et une carrière qui reste l’une des plus solides d’Hollywood. Sa reprise de l’alcool n’a pas l’air de perturber son activité professionnelle, ce qui est probablement la première règle qu’il s’est imposée : ne jamais laisser la boisson empiéter sur le travail.
Et si l’on cherche une morale à cette histoire, on ne la trouvera pas dans une condamnation ni dans une approbation, mais dans cette idée que la sobriété n’est pas toujours un état définitif, mais parfois un chapitre, une étape, une manière de se reconstruire avant de tenter un nouvel équilibre. Brad Pitt a mis fin à sept ans de sobriété, mais il ne semble pas avoir renoncé à la vigilance. Il boit, dit-il, “de manière professionnelle”. Reste à voir si cette profession de foi tiendra face au temps, aux tournages, aux succès, aux échecs et à cette vieille tentation qui, elle, n’a jamais vraiment disparu.


