« Parler c’est déjà faire l’amour » : Félix Radu, quand la poésie devient intime !

Son public semble en quête de textes que l’on croirait tout droits sortis de livres anciens. Félix Radu, poète belge francophone, est souvent considéré par son public comme un jeune artiste qui aurait vécu plus de 100 vies. La justesse de ses textes et la précision avec laquelle il décrit ses émotions laissent penser qu’il a vécu plusieurs existences, riches d’expériences diverses. À la fois comédien et dramaturge, il est l’auteur de la pièce Rose & Massimo (2023). Mais il est également connu pour les textes et poèmes qu’il lit à la radio et interprète sur scène. Actuellement en tournée dans toute la France et en Belgique, le poète se produit dans les plus grandes salles où ses textes suscitent l’émotion du public.

Inspiré par Musset et Hugo, Félix Radu écrit notamment « Je voudrais tomber amoureux », « Parler, c’est déjà faire l’amour », « 20h33 », « Le temps d’un café » et « Allez viens ! », que l’on retrouve dans son premier album « INFINI + 3 ». Un hymne à la vie ou plutôt à l’amour dans lequel il cherche à révéler les éclats de la littérature dans la réalité qui « brûle ». Mais peut-on réellement considérer l’amour comme l’un des piliers d’un épanouissement professionnel ?

Une notoriété basée sur un malentendu ?

L’année 2020 marque sans aucun doute le début de sa carrière. D’abord jeune humoriste, Félix Radu est contacté au début de l’été par la radio belge RTBF pour un remplacement. N’ayant jamais reçu d’instruction sur son passage, il décide de mettre de côté les blagues pour écrire un poème. Arrivé à l’antenne, Félix se rend compte du malaise lorsque le présentateur annonce le billet d’humour qu’il est censé présenter. Le texte poétique est rapidement mal perçu par l’équipe. Le présentateur ne souhaite finalement pas renouveler son invitation. Il lui aurait par ailleurs fait remarquer que, comme d’autres personnes le lui diraient par la suite, la performance orale d’un texte poétique ne ferait jamais son succès. C’est pourtant grâce à cette manière de mettre en voix ses poèmes que Félix connaîtra ses premiers succès. Il rassemble rapidement un public et s’impose, malgré sa timidité, sur la scène francophone.

Les mots comme mise à nu

Félix Radu explore la langue avec le désir de tout dire, quitte à en épuiser les mots et à jouer avec leurs différents sens. Il considère la langue comme un moyen de s’offrir à l’autre dans un geste où la sensibilité devient presque sensualité. En effet, l’artiste parvient à transmettre l’émotion d’un texte, qui de fait, résonne d’une façon différente auprès du public. Admirateur de la vie, il place l’amour et l’écoute au centre de ses textes.

« Une professeure de théâtre m’a dit un jour : “ Parler c’est déjà faire l’amour“ et je n’ai jamais trouvé quelque chose d’aussi vrai. C’est ce qui me plaît le plus. C’est quand tu ne connais pas encore bien la personne et que vous vous cherchez un peu du regard. Vous vous parlez, vous vous vouvoyez même presque. Et il y a dans ce vouvoiement comme une sorte déjà de manière de se déshabiller. J’adore le “vous“ parce qu’il n’y a rien de plus sensuel que de dégrafer un « vous », et de le laisser glisser le long d’une conversation », déclare-t-il dans une interview donnée par Lou.

Selon Félix, communiquer n’est parfois pas le but premier de la langue. Alors que certains silences permettent le dialogue, certains mots créent de l’intimité.

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