Avec la L03, XPENG ne dévoile pas simplement un nouveau SUV électrique. Présenté simultanément dans 65 marchés, ce SUV-coupé aux lignes spectaculaires concentre les ambitions internationales du constructeur chinois : design européen, intelligence artificielle embarquée, performances et nouvelle génération d’aides à la conduite. Une automobile pensée pour séduire autant que pour démontrer ce dont sera capable la mobilité de demain.

Il existe des voitures conçues pour compléter une gamme. Et puis il existe celles auxquelles un constructeur confie une partie de son avenir. Chez XPENG, la nouvelle L03 appartient manifestement à la seconde catégorie.
Dévoilée à Munich lors de « XPENG Live: Physical AI for All », elle inaugure une nouvelle étape dans l’expansion internationale de la marque chinoise fondée en 2014. Pour la première fois dans son histoire, XPENG organise le lancement simultané d’un véhicule à une telle échelle : la L03 fait ses débuts dans 65 marchés, entre Europe et Chine.
Derrière cette offensive commerciale se cache toutefois une ambition plus profonde. La L03 doit devenir l’une des vitrines d’une transformation de XPENG, qui ne veut plus seulement être considéré comme un constructeur de véhicules électriques mais comme un acteur de la mobilité façonnée par l’intelligence artificielle. Et pour faire passer ce message, encore fallait-il créer une voiture que l’on ait envie de regarder.
Un SUV-coupé qui privilégie le dessin
Avec ses 4,65 mètres de longueur, 1,92 mètre de largeur et seulement 1,60 mètre de hauteur, la L03 affiche immédiatement des proportions différentes de celles d’un SUV familial conventionnel. Son empattement de 2,85 mètres étire encore sa silhouette. XPENG revendique ici sa philosophie stylistique « Vital Flow ». Le résultat prend la forme d’un SUV-coupé très bas visuellement, dont le pavillon plonge vers l’arrière pour dessiner une silhouette fastback.
L’influence automobile européenne n’est d’ailleurs pas seulement suggérée. Le développement stylistique de la L03 a été conduit sous la direction de JuanMa Lopez, ancien responsable du design extérieur chez Ferrari. La voiture adopte une posture large, des portes sans encadrement et des surfaces relativement épurées. Son travail aérodynamique permet à XPENG d’annoncer un coefficient de traînée de 0,228, une valeur particulièrement basse pour un véhicule de cette silhouette.
L’avant évite l’agressivité parfois caricaturale des SUV contemporains. Les optiques extrêmement fines donnent au contraire au regard une dimension presque graphique. À l’arrière, la signature lumineuse traverse toute la largeur de la carrosserie et souligne les épaules de la voiture.

Dans cette teinte Phantom Purple, celle de notre modèle photographié, les volumes prennent encore davantage de relief. La couleur évolue avec la lumière, entre aubergine, violet profond et reflets presque métalliques. XPENG a compris une chose essentielle : à mesure que la voiture électrique banalise les différences mécaniques, le design redevient l’un des principaux territoires du désir automobile.
Un habitacle pensé comme un espace de vie
À bord, la logique change. La recherche de spectaculaire laisse place à une atmosphère plus minimaliste, organisée autour d’un écran central de 15,6 pouces et d’un affichage tête haute W-HUD. L’éclairage d’ambiance, la climatisation intelligente et les sièges façon lounge participent à cette volonté de transformer l’habitacle en espace de vie. La L03 propose également 37 espaces de rangement, preuve que derrière son profil de coupé, elle entend conserver les arguments pratiques d’un SUV.

Certaines versions disposent notamment de sièges ventilés, chauffants et d’une fonction massage intégral à 14 points. XPENG annonce aussi jusqu’à 1 500 kg de capacité de remorquage selon les configurations.Cette dualité résume assez bien le positionnement de la voiture : créer l’émotion d’un coupé sans sacrifier complètement les usages quotidiens d’un SUV.
De 445 à 520 kilomètres d’autonomie selon les versions européennes
Sous cette carrosserie, plusieurs configurations sont proposées selon les marchés. La RWD Standard Range développe 180 kW, soit environ 245 ch, avec 264 Nm de couple. Sa batterie LFP de 58,3 kWh lui permet d’annoncer jusqu’à 445 kilomètres d’autonomie WLTP avec les roues de 18 pouces. Le 0 à 100 km/h est effectué en 7,5 secondes et la vitesse maximale atteint 180 km/h.
La RWD Long Range reçoit une batterie LFP de 71,2 kWh et porte l’autonomie jusqu’à 520 kilomètres WLTP dans certaines configurations européennes. Toujours créditée de 180 kW et 264 Nm, elle réalise le 0 à 100 km/h en 6,6 secondes. Pour ceux qui considèrent qu’un SUV-coupé doit également savoir accélérer sérieusement, la déclinaison AWD Performance développe 285 kW, soit environ 388 ch, et 431 Nm. Le 0 à 100 km/h tombe alors à 4,5 secondes. La recharge rapide constitue également un argument important : selon la version, la puissance maximale DC atteint 193 ou 236 kW, XPENG annonçant environ 20 minutes pour passer de 10 à 80 % de charge dans les conditions prévues.
À cela s’ajoute une autre proposition mentionnée lors du lancement : la L03 Power X, utilisant la technologie Kunpeng Range Extender de XPENG. Cette version à prolongateur d’autonomie doit répondre aux conducteurs qui souhaitent profiter d’une conduite électrifiée tout en réduisant la contrainte liée à l’autonomie sur les longs trajets.
Mais le véritable moteur de la L03 pourrait être son intelligence
Les chevaux, l’autonomie et le temps de recharge racontent pourtant seulement une partie de cette voiture. Car le véritable enjeu technologique de la L03 porte un autre nom : NGP, pour Next Generation Pilot, associé à l’architecture VLA 2.0.
VLA signifie Vision-Language-Action. L’idée consiste à permettre au système de ne plus seulement identifier des objets et appliquer une succession de règles prédéterminées, mais d’interpréter une situation afin d’adapter son action. Dans sa version Ultra équipée pour cette technologie, la L03 peut embarquer trois puces XPENG Turing AI, représentant jusqu’à 2 250 TOPS de puissance de calcul. Le constructeur précise néanmoins un point essentiel pour l’Europe : les fonctionnalités NGP/VLA 2.0 ne doivent être progressivement déployées à l’international qu’après obtention des autorisations réglementaires nécessaires. L’objectif annoncé est 2027. Il faut donc distinguer ce dont l’architecture de la voiture est techniquement capable de ce qui sera effectivement accessible au conducteur européen au moment de sa commercialisation. Une nuance importante, mais qui n’enlève rien à l’enjeu.
Une voiture qui apprend à comprendre l’Europe
La question est particulièrement sensible car conduire à Munich, Paris ou Rome ne ressemble pas nécessairement à conduire à Guangzhou. XPENG travaille précisément sur cette adaptation. Lors d’essais menés dans les rues de Munich, son système VLA 2.0 a notamment été confronté aux usagers vulnérables — piétons, cyclistes et trottinettes —, aux différentes signalisations européennes et à des règles implicites ou locales comme la priorité à droite aux intersections non signalées. Les essais ont également porté sur des rues étroites, des zones de travaux, des ronds-points serrés ou la nécessité d’anticiper un changement de voie en présence de véhicules stationnés.
L’objectif n’est donc plus simplement que la voiture « voie ». Il faut qu’elle soit capable de comprendre suffisamment son environnement pour prendre une décision cohérente. C’est ici que l’intelligence artificielle commence véritablement à modifier la définition de l’automobile.
Google Maps directement au cœur de la voiture
Cette internationalisation passe également par un partenaire bien connu des conducteurs européens : Google Maps. XPENG a annoncé à Munich l’intégration du Google Maps Auto SDK pour ses véhicules hors de Chine, devenant selon la marque le premier constructeur automobile originaire de la région Asie-Pacifique à l’utiliser de cette manière.
Il ne s’agit pas simplement d’afficher l’application d’un téléphone sur l’écran de la voiture. XPENG développe sa propre expérience de navigation à partir des technologies de Google Maps. Les données cartographiques doivent également contribuer au fonctionnement de NGP/VLA 2.0 et de XPILOT Assist. Parallèlement, XOS 6 inaugure pour la L03 internationale une nouvelle expérience de cockpit intelligent. Son assistant vocal est conçu pour gérer des conversations plus naturelles, comprendre le contexte et interpréter l’intention de l’utilisateur plutôt que de simplement obéir à une liste de commandes. Certaines de ces fonctions arriveront progressivement par mises à jour OTA.

XPENG veut devenir européen en Europe
Derrière la L03 se joue enfin une bataille beaucoup plus stratégique.XPENG affirme que plus de 60 000 foyers européens ont déjà choisi l’un de ses véhicules. La marque possède désormais un centre indépendant de R&D à Munich et résume son approche par une formule : « In Europe, For Europe ». L’Europe n’est donc plus envisagée comme une simple destination d’exportation.
Les constructeurs chinois ont longtemps été observés depuis le Vieux Continent comme de nouveaux concurrents capables de produire des véhicules électriques à des tarifs agressifs. Cette grille de lecture devient insuffisante. La compétition se déplace désormais vers le logiciel, la puissance de calcul embarquée, l’intelligence artificielle, l’expérience utilisateur et la vitesse d’évolution des véhicules après leur livraison. Et c’est précisément sur ce terrain que XPENG veut installer la L03.
Une nouvelle bataille automobile commence
La L03 ne cherche pas à impressionner uniquement avec une batterie plus importante ou quelques dixièmes gagnés sur le 0 à 100 km/h. Elle met en scène une autre promesse : celle d’une automobile dont une partie de la valeur résidera désormais dans sa capacité à percevoir, comprendre et évoluer. Pendant plus d’un siècle, les constructeurs se sont affrontés autour du moteur. La prochaine bataille pourrait bien se jouer autour de l’intelligence.



