Peut-on écrire “bisous” à la fin d’un mail professionnel ?

Comment signer ou conclure ses mails professionnels ? Les astuces de Lui.

Dans son temps libre, 1 Américain sur 4 se cache de ses proches pour répondre à ses mails professionnels.

Comment rédiger un mail à son manager : expériences vécues

La rédaction d’un mail professionnel peut vite se transformer en épreuve stylistique et relationnelle… Surtout vers la fin, essentielle, puisqu’elle est l’impression sur laquelle vous laisserez votre interlocuteur !

“Bisous”, est-ce trop peu ? “Bises”, n’est-ce pas assez ? Et “bisou”, sans “s”, peut-il être autre chose qu’ambigu ? Personnellement, j’opte souvent pour le “je t’embrasse”, qui a le mérite d’être à la fois conventionnel et amical… ou plus si affinités, mais si affinités seulement. Mais dans la vie de l’entreprise, cette question prend rapidement l’apparence d’une réunion de l’ONU sur la Syrie : intordable.

“Cordialement” ? Mais qui ne trouve pas cordialement affreusement passé de mode ? “Bien à vous” ? Mais on se tutoie ! “Bien à toi” ? On n’a pas gardé les moutons ensemble… Rien, alors ? Non, bien trop sec. Et voilà comment on se retrouve à ouvrir Instagram au travail, le mail non envoyé toujours en suspens, et à bénir l’interface de dialogue instantané qui nous épargne ces dilemmes.

Le fait est que les frontières vie privée / vie professionnelle s’estompent : les Anglos-Saxons ont baptisé ce phénomène “blurring” – “blur” signifiant “flou”. La Fondation Nationale pour l’Enseignement de la Gestion des Entreprises y consacrait d’ailleurs ses troisièmes “États généraux du management en 2012”. Un sondage réalisé pour l’enseigne hôtelière Pullman par l’institut IPSOS nous apprenait même que 3 sondés sur 5 en France et en Allemagne considèrent cette tendance comme “une source de stress”. Plus étonnant : 85 % des Américains pensent que “posséder un équipement professionnel utilisable à distance nuit à la vie privée”, contre “seulement” 61% de Français. Un quart des Américains se cache même de ses proches pour répondre à ses emails pros !

Comment trouver le juste curseur ? Tout simplement en fonction de la fréquence des mails envoyés avec son boss et/ou de la proximité, du niveau de familiarité entre vous et lui. En d’autres termes : allez-y doucement ! Il est toujours mal vu de débuter par ce genre de petits procédés. En dépit du succès du livre Comment devenir un parfait fayot au bureau, de Benjamin Fabre, nous persistons à déconseiller cette méthode qui vous fera vite détester de vos collègues. Aussi, même lorsque votre supérieur lance le feu vert, il est grandement préférable d’y aller mollo. Progressivement. Par exemple, si votre boss tente un petit smiley de type ;-), ne vous sentez pas obligé de partager avec lui l’URL de la musique géniale que vous êtes actuellement en train d’écouter. Là pour le coup, c’est trop. Mais dans l’absolu, se permettre ce genre de petits clins d’œils avec son supérieur, c’est possible.

Répondre à un mail professionnel : les erreurs à éviter

Le plus simple est de copier sa formule : un smiley, je réponds par un smiley, un “bises”, je réponds par un “bises”. On peut contourner la difficulté, en choisissant le simple signe “+” comme signature de mail… Mais, expérience vécue, on se retrouve vite avec un boss qui répond, selon les jours, “+”ou “++” quand il est très content, et on se retrouve malgré soi à guetter avec anxiété le jour où le mail sera signé d’un “moins”.

D’une manière générale, mettez-vous toujours dans la peau de qui vous lit. Relisez votre email, en vous imaginant débordé, soucieux pour votre trésorerie, et sortant d’un rendez-vous avec votre banque, sans temps à perdre. Vous verrez vite si vous en faites trop, ou pas assez. Quoiqu’il en soit ne prenez jamais davantage de liberté que lui. Surtout, n’hésitez pas à vous mettre – poliment – en retrait si jamais (pourquoi pas ?) vous trouvez qu’il va trop loin, et que son attitude devient déplacée.

Récemment, une femme a porté plainte pour harcèlement sexuel contre son supérieur car — malgré ses multiples refus — il lui faisait des avances très insistantes, lui proposant des verres après le travail, l’invitant à dîner chez lui, allant même jusqu’à l’embrasser à la sortie du bureau. Mais finalement, la plainte s’est retournée contre son auteure… Pourquoi ? Parce qu’en épluchant des mails, il s’est avéré que l’employée échangeait des mots plutôt familiers avec son boss… Elle lui faisait des “bisous” virtuels, et autres “bizzzzzzz” en guise de signature. Elle le remerciait également pour ses appels, et “le bien” que ça lui procurait. Résultat : non seulement la plainte n’a pas abouti, mais en plus, le manager s’en est tiré avec 200 000 euros de dommages et intérêts.

Alors mesdames, (et messieurs, naturellement), ne vous laissez pas prendre au jeu. Même si, avouons-le, se permettre des petits excès de zèles et des sous-entendus (coquins ou pas) avec son supérieur peut avoir quelque chose de terriblement grisant. Comme tout ce qui est dangereux.

Bisou,

La rédaction

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