Elvis Presley : une vie, un look

Assister à la naissance du King, c’est ce que propose Elvis and the birth of rock and roll. Ce livre de photographies édité par Taschen rassemble d’innombrable clichés du photographe Alfred Wertheimer qui a suivi Elvis Presley comme son ombre en 1956. Concerts, voyages et virée familiale, entrez dans la vie d’un mythe.

Elvis qui ?

Voilà ce qu’a répondu le photographe Alfred Wertheimer quand, début 1956, un agent publicitaire lui a demandé d’aller prendre des clichés d’un crooner débutant de Memphis. À ce moment-là, Elvis Presley a tout juste 21 ans et le jeune photographe est loin de se douter qu’il vient de décrocher le cachet de sa carrière. Encore pas très au fait des usages, Wertheimer a voulu être “comme une petite souris réalisant un travail de grande qualité“, “un observateur discret” ou même “un bon psychiatre avec un appareil photo“.

Pendant deux semaines, le photographe shoote en rafale et 2500 images exhibent Elvis dans toutes les situations : en train de flirter, de répéter, de remplir la piscine de ses parents avec un tuyau relié au robinet de la cuisine ou sur scène, bien évidemment. “Elvis m’ouvrait grand les portes de sa vie. Pour moi, tout était permis tant qu’Elvis me laissait faire. J’ignorais alors qu’il deviendrait célèbre mais je savais deux choses : il n’était pas timide (enfin, disons plutôt qu’il était introverti mais il n’avait pas peur de l’objectif“, écrit Alfred Wertheimer dans Elvis and the birth of rock and roll.

Portrait d’un homme au bord de la gloire

Au fil du livre, on se délecte de retrouver le jeune rockeur aux déhanchements provocants et au sourire ravageur, dans des situations parfois inattendues. Un chapitre après l’autre, on le retrouve à Manhattan dans les répétitions d’une émission pour NBC, avant de traverser l’Amérique avec lui. À Richmond en Virgine où il se rend pour donner deux concerts, on le voit faire son numéro de séduction auprès des dames : liftière, serveuse, pas une seule n’échappe au charme ravageur de la star en pleine explosion. Puis, retour à New York, dans les studios d’enregistrement pour “Don’t Be Cruel”. Cette fois embarqué, à bord d’un train en direction de Memphis dans le Tennessee, il file pendant 27 heures vers sa ville natale où il rend vite à sa famille avant un concert qui réunit pas moins de 14 000 fans dans un stade de base-ball.

Deux ans après ce reportage, Alfred Wertheimer est retourné photographier Elvis Presley alors qu’il était dans l’armée et ne l’a jamais revu avant sa mort, dix-neuf ans plus tard. “Entre la dernière fois où j’ai vu Elvis en chair et en os et le 16 août 1977, date de sa mort, personne ne m’a demandé une de mes images d’Elvis Presley.” Mais ce jour-là, le photographe a reçu un appel puis d’autres et ses clichés ont fait le tour du monde. Ses photographies ont immortalisé la métamorphose de la musique pop et la transformation culturelle de l’Amérique.

Le King de la musique, tout un style

Elvis Presley (1935 – 1977), est l’artiste solo qui a vendu le plus de disque avec plus d’un milliard de disques et cassettes écoulées. Entre sa musique et ses rôles dans quelques films, son influence se répand comme une traînée de poudre et son style est imité par ses idoles. Il est, en quelques sortes, l’ambassadeur du style fifties.

Le costume oversized : dans cette période d’après-guerre, les hommes délaissent volontiers les habits militaires pour les vêtements de ville. Les costumes aux épaules rembourrées et coupe ample pour la veste, comme pour le pantalon habillent toutes les silhouettes. Les tissus, peu discrets, arborent de grosses rayures de grands carreaux.

La chemise à motifs : il est encore loin le temps des chemises unies. Sur scène comme dans la vie, Elvis porte souvent des chemises au tissus épais et motifs apparents.

L’inconditionnelle cravate : rayée, pied de poule, large ou un peu plus fine, la cravate s’affiche sur tous les hommes, même les rockeurs.

Les chaussures blanches : à l’époque, les hommes élégants portent des mocassins et les rockeurs des chaussures à lacets, souvent blanches. On le voit un peu avec les Rolling Stones, Elvis Presley s’affiche en costume et chaussures blanches.

La mèche prend du volume : les cheveux courts et la raie sur le côté laissent la place à la mèche négligemment/savamment ramenée en arrière. La coupe d’Elvis n’appartient qu’à lui : une épaisse mèche brune enroulée qui lui retombe sur le front, une raie derrière la nuque et des favoris. Pour faire tenir tout ça en place, il y avait le Pento.

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