C’est quoi… le Street Workout à la russe ?

Casser des briques sans se casser la chique

Pas plus de 10 % de pertes humaines autorisées (car nous sommes un magazine avec des principes) : c’était la seule obligation donnée à notre testeur en chef des bons et moins bons plans forme, quand il a annoncé se lancer à l’assaut du Street Workout. Le street workout (littéralement “entraînement de rue”), ou Calisthenie (le travail à poids de corps), est défini par Wikipedia comme “un sport à mi-chemin entre la gymnastique et la musculation, mélangeant figures de force, de souplesse et d’équilibre, qui se pratique essentiellement en extérieur.” Mais est-ce que ça marche ? Et si oui, à quoi ça sert ? Lui a enquêté.

Un peu d’histoire

Revenons un peu dans le passé ! Les origines de cette discipline ne sont pas très claires et tout le monde se tire la couette, ça et là sur internet. Globalement, le street viendrait de deux régions :

  • – de l’ex-URSS, avec tous les anciens athlètes olympiques ou recalés des olympiques qui s’entraînaient alors en extérieur, inventant une nouvelle discipline,
  • – et des États-Unis, de la rue, popularisé par le désormais très connu “Hannibal for King”.

Quoi qu’il en soit, cette discipline est de plus en plus répandue et continue de prendre de l’ampleur. Mais comment ce sport est-il devenu populaire ? S’il y a encore une décennie, cette discipline était réservée aux seuls initiés connaissant les noms à rechercher sur Youtube, on en trouve désormais des partisans et acteurs sur Instagram, Youtube, Snapchat et Facebook. De plus en plus populaires, de plus en plus suivis, ces véritables stars du milieu sportif comme, à l’étranger, Eryc Ortyz ou Frank Medrano (la France, on vous en reparle plus bas !) sont non seulement des exemples à suivre pour les sportifs ambitieux, mais aussi à la tête de véritables petites entreprises de la forme sur le Net.

Comme dans les autres sports du genre, vous trouverez un tas de figures types, inventées par la discipline, ou alors piquées à la gymnastique ou au cirque, et même des compétitions, recensées sur le site de la Fédération Internationale des Gens qui Aiment se Faire Mal pour se Faire du Bien. Pour n’en citer que quelques-unes : Muscle Up, Front Lever, Back Lever, Planche, Dips on bar, pull over, on en passe.

Aïe, aïe, ouh la ! Mes souvenirs sont aussi frais que mes courbatures : non, ton épaule n’est pas faite pour supporter le poids de tout ton corps suspendu à une barre… Et même si, ayant fait un peu de musculation il y a quelques années déjà, j’avais les bases, il faut reconnaître que j’avais vraiment juste les bases. Pour moi, les tractions se résument à un arrachement de tout le grand dorsal, les dips à un petit tour en taureau mécanique, et la seule fois où j’ai essayé de monter au-dessus de la barre, j’ai failli m’arracher une dent.

Bref, j’y suis peut-être allé un peu fort. Mais que les débutants ne se découragent pas ! Il y a tout un tas d’exercices intermédiaires qu’on peut réaliser avant de se faire trop mal en allant plus loin, pour peu qu’on n’ait pas envie, comme moi, de frimer.

À l’heure où certains cultivent l’art délicat de lever le coude plus souvent que celui de soulever leur propre corps, d’autres préfèrent suspendre le temps — littéralement — à une barre métallique, quelque part entre deux parcs urbains. En 2016, nous rencontrions Charly Pn, figure familière des amateurs de street workout, discipline exigeante et étonnamment addictive, à mi-chemin entre performance physique et esthétique du geste. Il nous parlait alors de passion, de corps, et de cette étrange liberté que l’on trouve à quelques centimètres du sol.

Charly Pn : “Parfait pour extérioriser tout ce qu’on a en soi”

Lui. Peux-tu te présenter et nous en dire un peu plus sur toi, ce que tu fais ?

Charly Pn. Salut l’équipe ! Je suis Charly Pn, j’ai 28 ans et je suis originaire d’Aix-en-Provence et je vie actuellement dans le Vaucluse, plus précisément à Pernes-les-Fontaines. Je suis passionné de Street Workout, photographies, vidéos et graphisme, j’essaye à l’heure d’aujourd’hui de mélanger toutes mes passions pour en faire mon métier.

Le Street Workout et toi, ça remonte à quand ?

Alors… longue histoire ! Je n’ai jamais aimé le sport jusqu’à mes 26 ans. Mon père a toujours voulu me faire faire du sport mais étant jeune, c’était pas la même histoire ! Surtout qu’il voulait que je fasse du golf, du squash ou du tennis… Du coup, c’est en 2013 que ma copine m’a demandé si je voulais m’inscrire à la salle de sport avec elle. J’ai accepté et j’ai accroché assez rapidement au sport, je suis passé de la salle au Crossfit et du Crossfit au Street Workout assez rapidement… et depuis je ne lâche plus ma discipline.

Pourquoi tu as accroché, et pourquoi d’autres devraient s’y mettre aussi ?

J’ai accroché dans le sens où, comme tout bon sportif, j’avais besoin de ma dose d’endorphine journalière et j’ai bien compris que le Street Workout était vraiment fait pour moi ! Plus on est petit et léger, plus c’est facile pour les figures statiques. Je pense que ce sport est juste magique dans le sens ou on évolue assez rapidement et on peut le pratiquer partout à tout moment de la journée. Il y a aussi un avantage à rencontrer pleins de personnes et pouvoir s’entraîner ensemble.

Ta figure préférée ? Celle que tu détestes ?

Il n’y a pas qu’une seule figure préférée… j’aime autant faire des Muscle-ups en perfect form ( jambes droites, bras dévérouillés et pas de kipping) que des OAHS (one arm handstand) ou des planches, des Front Lever… Je suis quelqu’un qui reste dans les “basics”, je n’aime pas trop les variantes en fait, par exemple le one arm planche ou tout simplement le Freestyle.

Si tu avais un conseil à donner aux lecteurs de Lui Magazine qui veulent se frotter à la discipline ?

Il n’y a aucune hésitation, peur ou crainte à avoir devant cette discipline ! Elle permet vraiment d’extérioriser tout ce qu’on a en soi, de faire de belles rencontres et surtout de revenir dans le droit chemin pour certaines personnes !

Puis quel plaisir de se dire qu’on arrive à faire telle ou telles figures alors que quelques années en arrière, c’était juste impossible. Pour certains je peux vous assurez que le physique sera présent aussi. N’hésitez pas à vous motiver en regardant des vidéos sur YouTube… les miennes ou celles des autres. Les ALLBARS sont une bonne source de motivation pour moi, ils bossent proprement et sont surtout devenus de bons potes avec le temps. Les Russes sont des machines aussi !

Normalement, vous avez maintenant les clés pour vous suspendre de barre en barre comme un vrai Kazak ! Même si le lecteur Lui est plus généralement attablé au Raspoutine, avec un livre, une jolie fille et une vodka – nous ne doutons pas qu’un peu de sport ne vous fera aucun mal (normalement en tout cas…) Retrouvez Charly Pn sur YouTube.

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