30 ans après, Lui a retrouvé le lapin rose du métro

C’est une enquête qui aura monopolisé 6 investigateurs sur plus d’une année, mais le collectif “LaDébande” (Guillaume, Inan, Jérôme, William, Gaspard et Florian) n’a rien lâché : ensemble, ils ont retrouvé le lapin du métro.

“On m’a proposé une animation dans un salon érotique, et j’ai pas dit non. Le mec était sympa, c’était payé…”

Il suffit d’avoir pris le métro une fois dans sa vie, comme Parisien ou comme touriste, pour l’avoir remarqué, ce lapin rose qui explique aux enfants, par autocollant interposé, que “Attention, ne mets pas tes mains sur la porte, tu risques de te faire pincer très fort“. Qui ne s’est pas demandé, certains petits matins blêmes, qui il était, pourquoi ce choix d’un lapin (rose), et ce qu’il était devenu (avant de poser négligemment ses doigts contre la porte, comme un geste de défi, une affirmation de soi, de l’adulte qu’on est devenu) ? Merci donc aux enquêteurs hors-pair de LaDébande d’avoir, dans cette vidéo, retrouvé cet emblème de la Ville Lumière, et d’éclairer nos lecteurs sur son destin. Découvrez de ce qu’on appelle déjà le “Lapinleaks”.

Plus sérieusement, la vidéo en question est le fruit d’un groupe de YouTubeurs joyeux arrivés sur le site de partage vidéo avec la naissance de leur chaîne : La Débande, donc. Leur credo : il faut se détendre ! Leurs moyens : une vidéo par semaine, un humour qui vise plus les 30/40 ans que les vingtenaires (lesquels ont déjà largement de quoi faire avec Norman, Hugo ou Cyprien). Lui s’est assis avec eux en 2015, la veille du lancement de leur bébé.

Lui. C’est quoi l’histoire ?

William (producteur). Avec Jérôme, on a une boîte de production depuis environ 5 ans, When we were kids. On fait de la fiction, de la pub, du documentaire, du cinéma…

Gaspard (auteur et comédien). Du porno amateur, aussi.

William. Voilà (Rires), et on a essayé de développer des programmes courts avec des chaînes, mais ce sont des processus hyper longs… Alors, on a préféré passer à l’action : tant qu’on essayait de vendre le programme sur papier, les chaînes nous faisaient des retours qui nous cassaient un peu notre projet… On a choisi de se lancer.
Quels genres de retours ?

Gaspard. On a par exemple un programme qui s’appelle “Les terroristes du quotidien” : ces mecs ou ces filles insupportables, celui qui a toujours raison, celui qui ne finit jamais ses phrases, celui qui est toujours d’accord avec toi… C’est une galerie de personnages et de situations très larges, qui peuvent se rencontrer au bureau, dans la rue, chez soi ou n’importe où —vu que c’est le terrorisme du quotidien. Or, les chaînes voulaient enfermer ce programme : soit que ça se passe seulement dans un bureau, soit seulement dans une rue, avec 2 ou 3 personnages qui seraient toujours les mêmes…

Jérôme (producteur). Et comme on en a eu marre de se prendre des vents dans la gueule, on s’est dit
“bon, on va sur Internet, les projets existeront et le public pourra les voir.”

Inan (auteur). On a tourné nos vidéos, les programmes existaient, la machine était lancée, et c’est alors qu’on est allé voir le producteur Endemol, pour avoir un soutien en termes de moyens, de visibilité. Eux nous ont dit : “Internet n’a pas de codes, donc ce qu’il faut, c’est garder votre liberté artistique totale”. Autant dire qu’on s’est bien entendu.

Florian. Ils nous ont filé plein de moyens. Regarde, on a même des stickers ! (Rires).

Gaspard. Des stylos avec le nom de La Débande…

Inan. Et même un ticket restau, moi j’ai eu un ticket restau. Bon, il datait de 2013, mais c’était sympa quand même. Je l’ai toujours.

Jérôme. Plus sérieusement, on est sur un cycle court de production, ce qui nous permet d’avancer avec l’espoir que certains formats, ou des auteurs, ou des comédiens, finissent quand même par être repérés par des télés et puissent se lancer…

Inan. Notre but en fait, surtout, c’est d’apprendre à travailler ensemble. Si on se fait remarquer avec ces sketchs-là, tant mieux, mais nous on essaie surtout d’apprendre à vivre ensemble… Et c’est quelque chose qu’on ne dit pas assez en ce moment, mais le vivre-ensemble, c’est très important aussi. C’était mon message politique de la soirée.

Vos références ?

Inan. Florian et moi, on a une référence commune, absolue, c’est le dessin animé Family Guy (“Les Griffin” en français) …

Florian. On est né avec Les Inconnus et Les Nuls, on a grandi avec Djamel, Édouard Baer, Ricky Gervais…

Gaspard. Will Ferrell, Louis C.K… Pas mal de ces auteurs vont, souvent, sur les gros tabous du moment, tout en restant drôles et —malgré tout— de bon goût…

Florian. Oui… Nous, ce n’est pas notre volonté. Ça nous arrive, on va parler de choses graves, frôler les limites, mais c’est pas notre brief… Bon, si le casier de Jérôme était vierge, on aurait pu aborder tous les sujets, mais malheureusement… Hein, Jérôme ?

Inan. C’est sûr que sa présence nous ferme pas mal de portes…

Florian. Édouard Baer me fait énormément rire et là, c’est de l’absurde, sans avoir besoin de taper sur quelqu’un, ou de se moquer d’une communauté… Dans les vidéos “Que sont-ils devenus”, ces stars des années 80 qu’on retrouve, il y a un côté un peu “Strip-tease”, on pose la caméra, on est à la limite entre se moquer et être dans une sincérité avec eux, avec ce qu’ils sont.

Gaspard. On aime bien le réel, aussi. Toutes ces choses qu’on voit tous les jours, les gens, leurs défauts… Vraiment les gens.

Comment se passe l’écriture ?

Gaspard. On travaille beaucoup à deux.

Florian. À partir de trois, ça devient compliqué.

Inan. Ça dépend surtout des emplois du temps.

Florian. Quand on est content d’un texte, on l’envoie à tout le monde, chacun fait son commentaire, on retravaille. Ensuite on fait une réunion collégiale. À ce moment-là, on a une vingtaine de sketchs, on jette ceux qu’on aime le moins et on fait encore un peu de réécriture, tous ensemble, sur ce qu’on garde.

Vous vous imposez de vous voir tant de temps, d’écrire tant de sketchs par semaine ?

Florian. En fait, c’est souvent les contraintes de production qui nous poussent, parce qu’une semaine de tournage est bouclée, le matos réservé, les comédiens disponibles etc., et là on se dit “bon, il faut y aller”. Et ce que permet Internet, c’est d’avoir le résultat concret très vite et de voir tout de suite ce qu’il y a à améliorer…

Retrouvez La Débande sur leur page YouTube, ici.

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